L’horizon s’assombrit pour Paramount malgré le feu vert du gouvernement américain autour du rachat de Warner Bros. Discovery. Douze États, menés par la Californie, viennent d’attaquer les deux groupes en justice pour tenter de bloquer cette mégafusion à 111 milliards de dollars.

Le feuilleton du rachat de Warner Bros. Discovery dure depuis des mois, et ne semble pas prêt de s’achever. Fin 2025, Netflix pensait avoir remporté la mise mais en février 2026, Paramount a fait monter les enchères et obtenu gain de cause.
Ce 12 juin, le département de la Justice américain a autorisé la fusion sans exiger la moindre cession d’actifs, une décision qui a surpris jusqu’aux propres avocats de l’agence, qui penchaient plutôt pour recommander un blocage. De quoi pousser 12 États à monter au créneau et porter plainte.
Un rachat qui réduirait trop fortement la concurrence
On retrouve, en tête, la Californie, rejointe par l’Arizona, le Colorado, le Connecticut, le Massachusetts, le Minnesota, le Nevada, le New Jersey, le Nouveau-Mexique, New York, l’Oregon et Washington.
Ils s’appuient sur le Clayton Act, la loi antitrust américaine qui interdit les fusions susceptibles de réduire significativement la concurrence. Car selon eux, l’opération ramènerait de 5 à 4 le nombre de grands studios se partageant les sorties en salles, ces 4 acteurs contrôlant alors plus de 85 % des films distribués aux États-Unis. Sur le marché des chaînes câblées, la concentration serait encore plus forte : Paramount-Warner Bros. Et Disney contrôleraient à eux seuls 59 % du marché.
Si les deux groupes s’étaient engagés à sortir au moins 30 films par an, les plaignants ne sont pas vraiment rassurés par cet engagement. Ils rappellent, notamment, que Warner Bros. Discovery WBD a déjà promis 16 films pour 2023 et plus de 20 pour 2024, avant de n’en livrer que 11, puis 9.

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Le contexte politique joue énormément
« David Ellison pense peut-être que c'est une offre qu'on ne peut pas refuser. Mais je suis là pour lui dire qu'il a tort », a lancé Rob Bonta, le procureur général de Californie, en conférence de presse. Il accuse au passage l’administration Trump d’avoir manqué à son devoir de faire respecter le droit de la concurrence.
Car le contexte politique ne peut pas être ignoré. Paramount, propriété de la famille Ellison, entretient des liens étroits avec la présidence. David Ellison, le P.-D. G du groupe, aurait d’ailleurs promis à des responsables de l’administration de faire évoluer la ligne éditoriale de CNN, chaîne détenue par Warner Bros. Discovery fréquemment ciblée par les critiques de Trump.
Ainsi, les 12 États, dont les procureurs généraux sont tous démocrates, exigent une suspension de la fusion le temps de la procédure judiciaire ; faute de quoi, ils déposeront une demande d’injonction temporaire. De son côté, Paramount dénonce une action qui « déforme le droit de la concurrence établi » et repose sur une « mauvaise interprétation » du secteur. Décidément, la bataille fait rage…