Airbus a publié mercredi ses prévisions de trafic aérien mondial pour la période 2026-2045. Le constructeur européen table sur un doublement des voyageurs d'ici 2045, porté par l'urbanisation, la croissance des classes moyennes et de nouvelles routes aériennes.

Comme tous les ans, Airbus publie une étude prospective, dévoilée ce mercredi 8 juillet pour sa version 2026, utilisée par les compagnies aériennes et les analystes du secteur pour anticiper leurs besoins en appareils. Dans son édition 2026-2045, Airbus explique que les villes moyennes vont tirer vers le haut la croissance du trafic aérien, et ouvrir la voie à des liaisons inédites comme Dublin-Nashville ou Taipei-Phoenix, tandis que la classe moyenne mondiale et l'Asie-Pacifique redessineront la carte du ciel. Une dynamique confirmée par un carnet de commandes record de 9 000 appareils.
De nouvelles routes aériennes portées par des avions plus performants, qui contribueront à la hausse du trafic, prévient Airbus
D'après Airbus, les villes petites et moyennes vont désormais croître presque trois fois plus vite que les grandes métropoles. Cette recomposition urbaine, couplée à une diaspora grandissante, ouvre la voie à des liaisons aériennes que personne n'aurait imaginées il y a dix ans, en plus, peut-être, de signer la fin du tout-puissant règne des mégapoles.
Qu'il s'agisse de Riga-Tenerife ou Melbourne-Alice Springs, ces routes peuvent déjà être desservies efficacement par l'A220, taillé pour des marchés de niche jusque-là boudés par les compagnies aériennes. Mais c'est surtout l'allongement du rayon d'action des appareils qui change la donne, avec des connexions directes inédites, citons Lisbonne-Recife à bord de l'A321neo, Dublin-Nashville grâce à l'A321XLR, Alger-Kuala Lumpur avec l'A330neo, ou encore Taipei-Phoenix, désormais à portée d'A350.
Le constructeur européen a en effet pour lui un carnet de commandes qui culmine à 9 000 appareils, avec une cadence de production revue à la hausse jusqu'au fameux « rate 75 » pour l'A320. Plus de 70% des commandes de cette famille concernent les plus grands modèles, A321neo et XLR, parfaitement calibrés pour ces nouvelles routes. Les liaisons à plus forte capacité reviennent, elles, à l'A330neo, pendant que l'A350 trace les portions les plus longues du globe, sa version cargo, l'A350F, séduisant au passage un fret toujours plus pressé.

Vers un doublement du trafic mondial d'ici 2045
La croissance du trafic aérien s'annonce spectaculaire. D'ici 2045, 1,4 milliard de personnes supplémentaires rejoindront les classes moyennes susceptibles de prendre l'avion, soit une hausse de 34%. Résultat, le trafic passagers devrait croître de 3,9% chaque année, porté par une hausse du PIB mondial de 2,6% et une population urbaine en progression de 1,3 milliard d'habitants, pour atteindre environ 10 milliards de voyageurs annuels, soit plus du double d'aujourd'hui. Et selon Airbus, ni les conflits régionaux ni la flambée des prix du carburant n'entament durablement cet appétit pour le voyage.
Cette croissance ne se répartira tout de même pas uniformément sur le globe. Elle est déjà en train de se déplacer vers l'Asie-Pacifique, grâce à des économies dynamiques comme l'Inde, le Vietnam, l'Indonésie ou la Malaisie. Airbus note aussi une hausse des voyages liés aux migrations internationales et aux visites familiales, signe de sociétés toujours plus connectées entre elles.
Quoi qu'il en soit, pour absorber cette demande, l'industrie devra livrer 42 060 avions en vingt ans. Dans le détail, cela représente 19 820 aéronefs pour remplacer des appareils vieillissants, et 22 240 pour accompagner la croissance pure, dont 81% de monocouloirs et 19% de gros-porteurs. L'objectif de l'avionneur européen est de renouveler des flottes avec des appareils sobres en carburant, pour faire grimper la part des avions de nouvelle génération de 39% aujourd'hui à près de 100% en 2045.