Une étude Surfshark sur la collecte de données des chatbots IA place le modèle Vibe de Mistral parmi les assistants les plus respectueux de la vie privée, loin devant Meta AI et les autres géants américains de l’IA générative.

Comme on peut le lire dans la dernière édition du Baromètre du numérique, l’intelligence artificielle générative s’est invitée dans le quotidien de près d’un Français sur deux. Mais derrière les réponses générées par ces assistants, se cache une question qu’on oublie sans doute un peu trop souvent : combien de données personnelles récoltent-ils réellement ? Figurez-vous que Surfshark, qui fournit ses résultats ce mardi 30 juin, a justement passé au crible douze chatbots IA disponibles pour le grand public sur l’App Store, et les écarts révélés entre les géants américains et l’alternative tricolore Mistral AI peuvent être grands, très grands. Mais attention, car il n’y a pas que de mauvais élèves.
Mistral, le bon élève français face aux assistants IA qui aspirent vos données
Sur les douze chatbots les plus populaires analysés par Surfshark, dix proviennent d’entreprises américaines, parmi lesquelles Google, Meta, OpenAI et Anthropic. Seuls deux outsiders échappent à cette hégémonie, avec le Chinois DeepSeek, et le Français Vibe by Mistral, développé par la licorne hexagonale Mistral AI, qui vous allez le voir est un excellent élève. La rareté des modèles en dit toutefois long sur le certain retard du Vieux continent, mais il n’est pas l’heure de refaire le match.
Ce déséquilibre n’est quoi qu’il en soit pas qu’une affaire de nationalité, car il a aussi un impact bien concret sur la quantité d’informations que nous partageons en ligne, parfois sans même nous en rendre compte. Une situation qui nourrit, dans la foulée, les discussions sur une indépendance technologique européenne encore balbutiante face aux mastodontes du secteur.
Reste que cette concentration américaine ne dit pas tout. Encore fallait-il vérifier si les pratiques de collecte suivaient la même logique de domination. C’est ce qu’a voulu mesurer Surfshark, le service qui explique un VPN du même nom, en comparant, catégorie par catégorie, ce que chaque assistant déclare officiellement récupérer auprès de ses utilisateurs sur l’App Store d’Apple.

Meta AI collecte 33 catégories de données, Mistral seulement six
Le verdict n’est pas du flatteur pour Meta AI, l’assistant de la firme de Mark Zuckerberg, qui truste la première place du classement de la collecte, en cochant 33 des 35 catégories de données personnelles recensées par Surfshark, soit la quasi-totalité de ce qu’une application peut récupérer auprès de ses utilisateurs. Suivent Google Gemini (23 catégories) et ChatGPT (17), qui sont assez nettement au-dessus de la moyenne observée chez les assistants étudiés. Mention assez bien pour Claude, Poe et DeepSeek, qui culminent à 13 chacun.
Enfin, Vibe, ex-Le Chat du Français Mistral, fait figure d’exception et obtient nettement la meilleure note de la classe, avec seulement six catégories recensées, soit cinq fois moins que Meta AI et près de trois fois moins que ChatGPT. Dans sa collecte, l’assistant tricolore se limite au nom et à l’e-mail de l’utilisateur, et à quatre types de données anonymisées, dont une seule à visée statistique.
Du côté de Meta AI, la liste est bien plus large hélas avec des éléments de localisation, d’historique de navigation, des informations financières, sur les contacts, l’historique de recherche ou encore des identifiants de l’appareil. Tomas Stamulis, le responsable de la sécurité des systèmes d'information chez Surfshark, explique qu’il vaut mieux, avant d’adopter un assistant IA, « vérifier quelles informations il collecte » et ajuster ses paramètres de confidentialité.