Uber et le chinois WeRide officialiseront leur service de robotaxi à Madrid avant fin 2026. L'annonce cache deux détails que le titre ne dit pas : il y aura un humain au volant, et la France, elle, attend encore.

© Uber
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En avril 2026, Zagreb est entrée discrètement dans l'histoire : Verne, une start-up croate propulsée par Pony.ai (également chinois), a ouvert le premier service commercial de robotaxi de l'Union européenne. Quelques semaines plus tard, l'offensive s'accélère. C'est dans ce contexte qu'Uber et son partenaire WeRide ont annoncé, le 2 juin, le lancement de leurs premiers robotaxis commerciaux à Madrid, en Espagne, avant la fin 2026, en partenariat avec l'opérateur local AVAMO.

Madrid rejoint Munich dans les courses autonomes

Sous cet accord, Uber intégrera les véhicules de WeRide dans son application pour un service de transport qui sera, dans un premier temps, encadré par la présence d'un opérateur de sécurité à bord. Il ne s'agit donc pas d'un robotaxi pleinement autonome (sans conducteur humain) mais d'un service commercial en conditions réelles, avec supervision. C'est exactement la même approche que WeRide a déployée à Abu Dhabi et Dubaï avec Uber depuis fin 2025, avant d'évoluer vers des courses entièrement autonomes dans ces villes.

Cette annonce confirme la stratégie européenne qu'Uber avait dévoilée en février lors de la présentation de ses résultats trimestriels : Londres, Madrid et Munich sont les trois marchés visés pour 2026. Le groupe a noué plus de dix-huit partenariats avec des fournisseurs de technologie de conduite autonome, dont une majorité d'entreprises chinoises (Pony.ai à Zagreb, WeRide à Madrid, Momenta à Munich), ce qui n'est pas sans soulever des questions sur la dépendance technologique de la mobilité européenne à l'égard de solutions développées hors du continent.

Pourquoi la France reste au bord du quai

La France a ouvert la voie aux systèmes de conduite autonome de niveau 3 depuis le 1er septembre 2022, mais l'essentiel de ce qui roule reste cantonné au transport collectif. Le projet le plus avancé, baptisé Mach 2, doit mettre en service dès 2026 une flotte de six minibus électriques de 6 mètres dans le centre-ville de Châteauroux (environ 43 000 habitants), en niveau 4, sans opérateur à bord et supervisés à distance. Il n'est pas porté par un constructeur seul mais par un consortium de six acteurs français (Renault, EasyMile, Equans, Keolis, Alstom et StatInf), où c'est EasyMile, et non Renault, qui fournit le système de conduite autonome. WeRide, de son côté, a fait circuler une navette de démonstration à Orléans en novembre 2025, avec un conducteur à bord : service commercial à Madrid, démonstration supervisée en France.

L'Allemagne a pris une longueur d'avance en adoptant un cadre légal pour le niveau 4 dès 2021, ce qui a rendu son territoire plus attractif pour ce type de déploiement. L'Espagne mise sur une approche plus pragmatique : autoriser d'abord le service commercial avec un superviseur à bord, accumuler des données réelles, puis libéraliser. La France, elle, avance sur le transport public autonome (la navette de Châteauroux en est la preuve concrète), mais n'a pas encore de cadre pour un service commercial de robotaxi à la demande, le modèle que poussent justement Uber et ses partenaires.

Le service commercial de WeRide démarrera à Madrid avant la fin 2026, un superviseur au volant. La France, elle, fait déjà rouler des navettes publiques sans conducteur à Châteauroux, mais pour héler un robotaxi à la demande, il faudra patienter. On nous avait pourtant promis des taxis volants pour les JO de 2024 ; ils ne sont jamais venus non plus.