La plateforme collaborative française Wimi a obtenu la qualification SecNumCloud 3.2 de l'ANSSI. Une rareté dans le SaaS français, qui positionne l'entreprise comme une alternative souveraine sérieuse aux géants du cloud américains.

Les supporters de la souveraineté numérique à la française ont le sourire ce mercredi. Wimi, qui porte une suite collaborative fondée il y a plus de quinze ans, annonce avoir décroché la qualification SecNumCloud 3.2, délivrée par l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSS). Un label de sécurité cloud très exigeant, qui protège notamment des législations extraterritoriales comme le Cloud Act américain, et que la société cumule avec les certifications HDS et Diffusion Restreinte.
Wimi qualifiée SecNumCloud par l'ANSSI, une récompense pour cette alternative française aux hyperscalers
SecNumCloud, c'est le label de sécurité cloud le plus exigeant en France, créé et délivré par l'ANSSI, le gendarme français de la cybersécurité. Sa version 3.2 garantit non seulement qu'un service protège vos données au plus haut niveau, mais aussi, et c'est là l'essentiel, qu'aucune autorité étrangère ne peut y accéder. Une protection directement pensée contre des lois comme le Cloud Act américain, qui permet aux États-Unis d'exiger l'accès aux données de leurs entreprises, où qu'elles soient stockées dans le monde.
Ce que propose Wimi, c'est en somme un équivalent souverain de Microsoft 365 ou Google Workspace. C'est-à-dire qu'elle délivre une suite complète en SaaS comprenant messagerie, visioconférence, stockage, gestion de projets et co-édition de documents, suite hébergée en France et juridiquement à l'abri de toute ingérence étrangère. Une offre taillée pour les organisations qui n'ont pas le droit à l'erreur sur la confidentialité de leurs données. Une alternative aux hyperscalers nord-américains, qui s'adresse en particulier aux secteurs jugés « hautement stratégiques » selon la directive européenne NIS2, comme l'industrie, la défense, la santé, la finance et les administrations.
Wimi, société parisienne fondée il y a plus de quinze ans par Antoine Duboscq et Lionel Roux, a su s'imposer discrètement dans le paysage numérique français avec des outils qui sont aujourd'hui utilisés dans des ministères, des hôpitaux, des universités et de grands groupes industriels. Reconnue lauréate French Tech 2030 et sélectionnée par l'État en 2023 parmi les futurs champions du secteur. Cette qualification SecNumCloud couronne ainsi une ambition construite sur la durée, pourrait-on dire.
Une triple certification qui place Wimi à part en France et en Europe
Ce que Wimi met surtout en avant, c'est la combinaison de trois certifications de sécurité que personne d'autre en France ou en Europe ne revendique à ce jour. En plus de SecNumCloud 3.2, la société affiche depuis avril 2026 le label HDS (Hébergeur de Données de Santé), qui garantit la protection des données de santé, et l'homologation Diffusion Restreinte, obtenue avec Thales, qui autorise le traitement d'informations sensibles dans le domaine de la défense.
Pour porter ses ambitions sur le marché, Wimi peut compter sur trois grands noms de l'industrie tech française avec Thales, Atos et Docaposte, qui ont chacun signé des accords pour intégrer la suite dans leurs propres offres destinées aux secteurs les plus sensibles. Rappelons que les sociétés Cegedim, Cloud Temple, Index Educations, OVHcloud, Ooodrive, Orange Business Services, Outscale, Thales Cloud Sécurisé, Whaller et Wordline possèdent un ou plusieurs services certifiés SecNumCloud.
Mais au fond, au-delà du « coup » commercial de cette annonce, on reprend un débat qui est appelé à durer. Depuis quelques années, la question n'est plus de savoir si les entreprises et les administrations européennes doivent réduire leur dépendance aux grandes plateformes américaines, mais comment. Les tensions géopolitiques, les risques liés au Cloud Act et la prise de conscience autour de la souveraineté des données ont changé la donne. Utiliser des outils numériques qui échappent à tout contrôle étranger devient un enjeu stratégique, en France comme en Europe.