Une fusée Falcon 9 va percuter la Lune le 5 août prochain. Mais ce type d'impact pourrait devenir un vrai casse-tête à l'heure où nations et entreprises se ruent vers le sol lunaire.

Lancée le 15 janvier 2025, cette fusée a mis en orbite deux atterrisseurs lunaires : Blue Ghost de Firefly, qui a réussi à se poser lors d'un première historique, et Hakuto-R d'ispace qui, lui, n'a pas eu la même chance. Comme à l'accoutumée, l'étage supérieur du Falcon 9 a continué à orbiter et visiblement, il va lui aussi rejoindre la Lune, révèle Ars Technica.
Visible depuis la Terre ?
Car, après le lancement de janvier 2025, le vaisseau n'avait pas assez de vitesse pour quitter l'orbite terrestre, mais trop pour se désintégrer dans l'atmosphère. Il a donc continué à tourner jusqu'à ce que la gravité lunaire finisse par l'attirer dans ses filets.
D'après Bill Gray, développeur du logiciel de référence Project Pluto utilisé par les astronomes pour traquer les objets géoéodésiques, l'impact surviendra donc le 5 août 2026, à 08h44 heure de France métropolitaine. L'étage, qui mesure 13,8 mètres de long pour 3,7 mètres de diamètre, frappera la surface lunaire à proximité du cratère Einstein, sur la face visible du satellite, à une vitesse d'environ 8 700 kilomètres par heure.
Contrairement à ce qui se passerait sur Terre, la Lune ne dispose d'aucune atmosphère pour freiner ou désintégrer l'objet : il percutera le sol intact. Si l'impact creusera un petit cratère, il ne causera aucun dommage réel. Et pour ceux qui espèrent l'observer, mauvaise nouvelle : malgré une visibilité depuis l'est de l'Amérique du Nord et une grande partie de l'Amérique du Sud, l'événement devrait être trop faible pour être capté par les télescopes au sol.

Une norme qui doit changer
À noter que ce type d'incident n'est pas inédit. Mais ce sujet va logiquement prendre une toute autre ampleur dans les années à venir. Alors que les États-Unis et la Chine prévoient chacun d'implanter une base sur la Lune. Les opérateurs de fusées ne pourront donc plus se permettre ce risque.
Heureusement, une solution existe : avec du carburant supplémentaire et une meilleure anticipation lors des missions, ces étages pourraient être placés sur des orbites autour du Soleil, les écartant définitivement de toute trajectoire vers la Terre ou la Lune. Une pratique qui, à mesure que le trafic lunaire s'intensifie, devrait sans doute devenir la norme.