ChatGPT connaît une importante perte de vitesse depuis le début de l'année. De quoi raviver, une fois de plus, les craintes concernant la santé financière d'OpenAI, elle qui vise Wall Street prochainement.

Ce fut, très certainement, l'un des épisodes les plus marquants dans l'écosystème tech en ce début d'année. Après qu'Anthropic ait refusé que ses intelligences artificielles (IA) soient utilisées par le Pentagone dans les armes autonomes et la surveillance de masse, OpenAI a chipé son contrat dans la foulée. Dès lors, de nombreux utilisateurs ont choisi Claude au détriment de ChatGPT et visiblement, cette initiative laisse encore des traces.
Un désamour croissant
Selon l'analyste des marchés Sensor Tower, ChatGPT a enregistré une hausse de 132 % de ses désinstallations en avril par rapport à l'année précédente. Mais c'est en mars, au lendemain de l'épisode du Pentagone, que le phénomène a atteint son paroxysme : les désinstallations ont alors bondi de 413 %.
Même son de cloche lorsque l'on s'intéresse à la croissance des utilisateurs actifs mensuels. En janvier, ChatGPT progressait encore de 168 % sur un an, un chiffre tombé à 78 % en avril. Si l'application reste effectivement la plus utilisée de sa catégorie, avec une base d'utilisateurs que Sensor Tower qualifie de « substantiellement plus large » que celle de ses concurrents, l'écart se resserre clairement. Et rien ne semble présager que la tendance va s'inverser.
D'autant que Claude, de son côté, accélère. Sur les derniers mois, les téléchargements de l'application d'Anthropic ont été multipliés par onze.

- Chat dans différentes langues, dont le français
- Générer, traduire et obtenir un résumé de texte
- Générer, optimiser et corriger du code
Le temps presse
Ce ralentissement tombe au plus mauvais moment pour OpenAI. Comme nous le rapportions récemment, le Wall Street Journal a révélé que l'entreprise n'avait pas atteint ses objectifs internes de croissance et de revenus. Des contreperformances qui auraient poussé la directrice financière, Sarah Friar, à alerter en interne sur la capacité de la société à honorer ses futurs contrats si les revenus ne progressaient pas assez vite.
Pour rappel, elle s'est engagée sur environ 600 milliards de dollars de dépenses futures en puissance de calcul. Sa dernière levée de fonds, historique avec 122 milliards de dollars, pourrait être entièrement consommée en trois ans si les projections de revenus se confirment. Et encore, à condition qu'elles soient tenues.
Si OpenAI a engagé une restructuration interne, coupant certains projets comme Sora pour concentrer ses ressources sur Codex et GPT-5.5, rien ne garantit que ce recentrage suffise.