Un peu plus tôt ce mois-ci, la Commission européenne a proposé plusieurs solutions à Google afin que le géant de la recherche puisse partager ses données de recherche avec ses concurrents. Parmi ces derniers figurent aussi bien les moteurs de recherche alternatifs que les chatbots IA.

L'UE insiste : Google doit partager ses données avec les moteurs concurrents ©Shutterstock
L'UE insiste : Google doit partager ses données avec les moteurs concurrents ©Shutterstock

En janvier 2026, nous rapportions que la Commission avait ouvert une procédure de spécification au titre de l'article 6(11) du DMA pour contraindre Google à partager ses données de recherche. Bruxelles passe à l'étape suivante en présente désormais ses mesures concrètes.

Ce que Google devrait transmettre, et comment

La proposition formulée par la Commission détaille six points précis :

  • qui peut accéder aux données ;
  • quelles données sont concernées ;
  • quelles sont les modalités techniques ;
  • quelles sont les mesures de protection de l'anonymat ;
  • quel tarif sera appliqués (selon des conditions équitables et non discriminatoires) ;
  • quels sont les processus de gouvernance.

Google devra transmettre ses données de classement, de requêtes, de clics et de vues. Autrement dit, tout ce qui lui permet d'affiner son moteur puisque ce sont précisément ces signaux comportementaux qui permettent d'entraîner et d'affiner les algorithmes de recherche. Sans eux, impossible de rivaliser sérieusement. DuckDuckGo, Qwant et Ecosia avaient d'ailleurs alerté Bruxelles sur ce point dès novembre 2024, dénonçant un programme de partage de données de Google qui excluait la quasi-totalité des requêtes réelles.

Concrètement, la transmission se ferait via une interface de programmation dédiée et couvrirait les 24 heures d'activité précédentes des utilisateurs européens. Les chatbots IA intégrant une fonction de recherche, en concurrence directe avec les produits Google, sont aussi concernés.

Et qui de la confidentialité ?

Côté confidentialité, la Commission précise qu'il ne s'agit pas de transmettre l'historique de recherche personnel des utilisateurs. Les données devront être anonymisées avant toute transmission. Plusieurs protections techniques sont prévues. Avec le "data binning", les données sont regroupées en catégories plus larges, ce qui rend donc plus difficile la reconstruction d'un profil individuel. Soulignons que les requêtes rares sont supprimées avant transmission ; ce sont en fait celles-ci qui, par leur singularité, pourraient trahir l'identité d'un utilisateur. Enfin, les bénéficiaires des données seraient contractuellement interdits de les réutiliser à d'autres fins.

Malgré ces garde-fous, le risque existe toujours. Dans certains cas, ces données peuvent permettre de ré-identifier des individus. Au-delà des requêtes peu communes, les métadonnées de géolocalisation et de comportements spécifiques peuvent suffire à reconstituer un profil. On peut également s'interroger sur les risques de voir ces données agrégées sur les citoyens européens accessibles à des plateformes étrangères sans contrôles.

Une consultation publique est ouverte jusqu'au 1er mai 2026. Par la suite, la Commission a jusqu'au 27 juillet pour rendre sa décision finale.

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