D'après un récent sondage, en un an, l'enthousiasme pour l'IA a chuté de 14 points chez les 14-29 ans, tandis que la colère a progressé de 9 points.

31 % des répondants déclarent désormais ressentir de la colère envers l'IA - ©FabrikaSimf / Shutterstock
31 % des répondants déclarent désormais ressentir de la colère envers l'IA - ©FabrikaSimf / Shutterstock

En février et mars 2026, l'institut de sondage Gallup ont interrogé cette génération qu'on disait naturellement à l'aise avec l'IA. 31 % des répondants déclarent désormais ressentir de la colère envers la technologie, contre 22 % l'an dernier. Idem pour l'enthousiasme, 22 % se disent encore excités, contre 36 % en 2025. Presque la moitié des jeunes actifs interrogés, 48 % exactement, jugent que les risques de l'IA au travail l'emportent sur ses bénéfices, soit 11 points de plus qu'un an auparavant. Et 80 % des répondants estiment que travailler plus vite grâce aux outils d'intelligence artificielle rendra l'apprentissage plus difficile à long terme.

Pourtant, ils continuent. Un peu plus de la moitié des sondés utilisent l'IA chaque semaine. La croissance a quasi stagné, plus quatre points en douze mois, mais l'abandon massif n'a pas eu lieu. Selon Stephanie Marken, associée principale chez Gallup, la génération Z ne rejette pas l'IA, mais réévalue son rôle, avec une inquiétude sur l'impact à long terme pour l'apprentissage, la confiance et la préparation aux carrières.

À l'école, une méfiance qui se retourne contre les pairs

Et sur les bancs de l'école, la méfiance s'invite à cause de l'IA. Parmi les lycéens interrogés, 41 % estiment que la plupart ou la totalité de leurs camarades utilisent l'IA pour leurs devoirs alors qu'ils ne sont pas censés le faire. Des affaires judiciaires très médiatisées contre des géants de la technologie ont sensibilisé une partie du public aux dommages potentiels de ces technologies sur la santé mentale des jeunes.

À tel point que les établissements ont réagi. 74 % d'entre eux disposent désormais de règles sur l'usage de l'IA dans le travail scolaire, soit 23 points de plus qu'il y a un an. Mais pas assez pour rassurer les élèves. Au contraire, plus les règles se précisent, plus la perception de la triche se généralise. Ceux qui respectent les consignes vivent mal l'écart avec ceux qui trichent, comme une injustice. Cette ambiance casse la dynamique de groupe et l'esprit de communauté qu'une classe devrait en principe incarner.

52 % des lycéens pensent avoir besoin de l'IA pour leurs études supérieures, 48 % pour leur future carrière - ©Gallup
52 % des lycéens pensent avoir besoin de l'IA pour leurs études supérieures, 48 % pour leur future carrière - ©Gallup

Captifs de l'outil, mais pas pour tout

Quand on demande aux 14-29 ans à qui ils préfèrent s'adresser pour du tutorat, des conseils financiers ou du service client, moins de 20 % choisissent l'IA. 46 % des jeunes s'inquiètent aussi de l'impact de l'IA sur leur carrière, un chiffre en hausse par rapport à l'année précédente, alors même que cette tranche d'âge est celle qui utilise le plus ces outils au travail. C'est ce que Gallup appelle "Le paradoxe de l'IA", à juste titre.

Ils usent donc d'un outil dont ils se méfient, faute d'alternative crédible sur un marché du travail marqué par des vagues de licenciements dans la tech. 52 % des lycéens pensent avoir besoin de l'IA pour leurs études supérieures, 48 % pour leur future carrière. Mais dès qu'il s'agit d'apprentissage réel, de conseil ou d'écoute, c'est encore vers l'humain qu'ils se tournent.

S'ils reconnaissent qu'il leur est utile de développer des compétences en IA pour réussir, ils choisissent encore l'intervention humaine pour exécuter les tâches à haute valeur relationnelle.

Source : The Verge (accès payant)