Les fournisseurs d'IA en ont fait la promesse : cette technologie nous fera gagner du temps et nous permettra de nous concentrer sur les tâches les plus importantes. Mais un nouveau symptôme inquiète les chercheurs. Son nom ? « AI Brain Fry ».

L'usage intensif de l'IA peut avoir de sérieuses conséquences. © Lia Koltyrina / Shutterstock
L'usage intensif de l'IA peut avoir de sérieuses conséquences. © Lia Koltyrina / Shutterstock

9 internautes sur 10 se méfient de l'intelligence artificielle et ils ont sans doute raison : les experts tirent depuis longtemps la sonnette d'alarme sur les dérives de cette technologie, qui affaiblit nos capacités cognitives, provoque de nouveaux troubles mentaux, et dans les pires de cas, est impliquée dans des cas de suicides. Une nouvelle étude montre qu'elle peut également provoquer d'importantes surcharges cognitives. Explications.

L' "AI Brain Fry", ou quand l'IA "grille" nos cerveaux

Des chercheurs du Boston Consulting Group ont interrogé 1488 professionnnels américains sur leur utilisation de l'intelligence artificielle. Leurs découvertes, publiées ce mois-ci dans Harvard Business Review, montrent que les utilisateurs les plus intensifs, qui doivent notamment jongler entre plusieurs outils, font face à une nouvelle forme de fatigue mentale, l' « AI Brain Fry ».

Véritable « épuisement cognitif dû à une supervision intensive des agents IA », ce phénomène entraîne une sensation de brouillard mental, des bourdonnements mais aussi des maux de tête. Les individus touchés ont beaucoup de mal à se concentrer mais aussi à prendre des décisions.

Nous ne sommes pas dans un épuisement émotionnel, similaire, par exemple, à un burn-out, mais plutôt face à une surcharge, qui peut avoir de lourdes conséquences : « cette tension mentale associée à l’IA engendre des coûts importants, se traduisant par une augmentation des erreurs des employés, une fatigue décisionnelle accrue et une intention de démissionner ». L'étude indique notamment que les victimes d' « AI Brain Fry » commettent 39 % d'erreurs majeures supplémentaires dans le cadre de leur travail.

Jongler entre plusieurs outils IA peut entraîner une surcharge cognitive. ©Shutterstock.com
Jongler entre plusieurs outils IA peut entraîner une surcharge cognitive. ©Shutterstock.com

L'influence cruciale de l'environnement de travail

Paradoxalement, les chercheurs ont aussi remarqué que « lorsque les participants utilisaient l'IA pour réduire considérablement le temps consacré aux tâches routinières ou répétitives, leur niveau d'épuisement professionnel était significativement plus faible ». Mais lorsqu'ils utilisent plusieurs outils et doivent donc jouer les chefs d'orchestre, l'épuisement mental les guette.

Un autre facteur pèse également dans la balance : l'environnement de travail. En effet, la fatigue mentale s'aggrave particulièrement dans les entreprises qui font pression sur leurs employés pour qu'ils emploient l'IA, ou celles où l'utilisation de cette technologie est très inégale entre collègues. Dans ce contexte, les utilisateurs sont en suradaptation constante, ce qui a des conséquences néfastes sur leur santé.

La conclusion est on ne peut plus claire : pour éviter l' « AI Brain Fry », les organisations doivent communiquer clairement sur le rôle qu'elles entendent donner à l'IA, former et encadrer leurs équipes. L'étude insiste également sur un autre critère crucial : « les employés qui estiment que leur entreprise valorise l'équilibre vie professionnelle-vie privée présentaient des scores de fatigue mentale inférieurs de 28 % à ceux des autres. »

Comme toujours, le problème n'est pas tant l'IA que l'usage que l'on en fait. Aujourd'hui, dans les entreprises, l'essentiel n'est plus de savoir comment utiliser cette technologie, mais surtout comment faire en sorte que les humains qui l'emploient restent, eux aussi, fonctionnels.

Source : Le Figaro

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