TransAstra vit-elle dans le futur ? On dirait bien que oui. La start-up américaine a imaginé une infrastructure spatiale faite d'astéroïdes pour alimenter l'humanité en ressources directement depuis l'espace.

Alors que le programme Artemis de la NASA accélère, penser à une occupation continue de la Lune, puis à terme, de Mars, ne relève plus tout à fait de la science-fiction. Toutefois, les ambitions des géants du spatial vont requérir des infrastructures et des efforts logistiques colossaux, et c'est justement pour répondre à cette demande que TransAstra se prépare.
Une immense infrastructure spatiale
La société basée en Californie souhaite développer un vaisseau robotique capable de se rendre jusqu'à un astéroïde proche de la Terre et de la taille d'une maison, pesant environ 100 tonnes. Il l'envelopperait ensuite dans un immense sac, puis le remorquerait jusqu'au point Lagrange 2, situé à environ 1,5 million de kilomètres de la Terre dans la direction opposée au Soleil. C'est là, par exemple, que se trouve le télescope James Webb.
Et l'entreprise ne s'arrête pas là. Elle souhaite, à terme, récupérer plusieurs astéroïdes, elle en cible 250 potentiels, pour en faire une installation orbitale nommée New Moon. Son objectif : extraire directement dans l'espace les ressources nécessaires à la construction d'infrastructures spatiales afin de s'affranchir définitivement de la Terre comme source d'approvisionnement.
« Nous envisageons que cela devienne une base pour la recherche et le développement robotiques sur le traitement et la fabrication de matériaux. À long terme, au lieu de construire du matériel spatial sur Terre et d'envoyer du carburant depuis la surface, nous pourrions le récolter à partir de matières premières dans l'espace », illustre Joel Sercel, P.-D.G de TransAstra, dans un entretien accordé à Ars Technica.

La NASA sur le coup
Ce projet paraît incroyablement ambitieux. En 2023, la mission OSIRIS-REx de la NASA a ramené 121,3 grammes de matière de l'astéroïde Bennu pour un coût dépassant le milliard de dollars. TransAstra le sait, et mène actuellement une étude de faisabilité avec un partenaire anonyme, dont les résultats devraient être connus courant mai.
En septembre dernier, un prototype du sac de capture d'un mètre de diamètre a été acheminé vers la Station spatiale internationale, où il a été déployé puis refermé avec succès dans le vide spatial. Un test modeste en taille, mais crucial pour valider le principe en conditions réelles.
La NASA a en outre accordé à l'entreprise un contrat de 2,5 millions de dollars pour développer une version de 10 mètres de diamètre de son sac. Si le financement suit, un rendez-vous avec un premier astéroïde pourrait intervenir dès 2028 ou 2029. Et l'entreprise scrute déjà le marché afin de s'associer à un constructeur en mesure de concevoir son vaisseau.
Source : Ars Technica