La défense planétaire s'organise. Blue Origin s'associe à la NASA pour développer un dispositif capable de détourner les astéroïdes qui risquent d'entrer en collision avec la Terre.

En septembre 2022, la NASA a franchi une étape historique avec la mission Double Asteroid Redirection Test (DART). La sonde a été volontairement précipitée contre Dimorphos, un petit astéroïde satellite orbitant autour du plus grand Didymos, à près de 11 millions de kilomètres de la Terre. Et l'impact a non seulement modifié l'orbite de Dimorphos, raccourcissant sa période de révolution de plus de 30 minutes, mais également celle de l'ensemble du système binaire. Une preuve que la collision cinétique peut réellement dévier un corps céleste.
Comment passer d'une démonstration de principe à un système de défense planétaire opérationnel, capable d'agir face à une menace réelle ? Blue Origin semble avoir la réponse.
Une version adaptée de Blue Ring
L'entreprise fondée par Jeff Bezos, en partenariat avec le Jet Propulsion Laboratory de la NASA et le Caltech (California Institue of Technology), propose la solution Near Earth Objects (NEO) Hunter. Celle-ci est directement intégrée dans Blue Ring, la plateforme satellite modulaire de Blue Origin.
Ce véritable couteau suisse de l'espace vise à apporter une solution logistique inédite en orbite. Pouvant accueillir jusqu'à 4 000 kilogrammes de charges utiles réparties sur 13 ports de connexion, il peut aussi bien opérer en orbite basse qu'aux abords de la Lune, voire en direction de Mars.
Et c'est justement cette versatilité qui constitue un avantage pour NEO Hunter. Car le dispositif devrait être en mesure d'apporter des solutions différentes selon la menace représentée par l'astéroïde.

L'héritage de DART
Il opère en deux phases distinctes. Dans un premier temps, le vaisseau libère un essaim de cubesats (mini-satellites) chargés de rejoindre l'astéroïde cible et de le cartographier en détail. Ces données sont cruciales pour choisir la meilleure stratégie de déviation. Si l'astéroïde est de taille gérable, NEO Hunter déploie son émetteur de faisceau ionique : un canon à particules chargées capable de projeter un flux suffisamment concentré pour modifier progressivement la trajectoire de l'objet sans contact direct. C'est le même principe que les moteurs ioniques utilisés par DART.
En revanche, s'il est trop massif ou rapide pour cette approche, c'est la phase 2 qui entre en scène, c'est-à-dire une collision frontale à haute vélocité. Mais avant l'impact, NEO Hunter largue un petit satellite baptisé Slamcam, dont le rôle est de filmer la collision et de confirmer le succès de la mission.
« Voici un autre exemple illustrant comment des plateformes commerciales telles que Blue Ring peuvent mener à bien des missions scientifiques, d'exploration et de défense planétaire à faible coût et hautement prioritaires », explique Blue Origin.
Pour rappel, la première mission commerciale de Blue Ring est prévue dès cette année, en partenariat avec l'entreprise Scout Space.
Source : Space.com