L'ARCOM a ordonné, jeudi, le blocage et le déréférencement de 35 sites de médias russes sous sanctions européennes, ainsi que le déréférencement de quatre plateformes de streaming.

L'ARCOM demande aux FAI et aux moteurs de recherche de bloquer 35 sites russes sanctionnés. © Zafer Kurt / Shutterstock
L'ARCOM demande aux FAI et aux moteurs de recherche de bloquer 35 sites russes sanctionnés. © Zafer Kurt / Shutterstock

Depuis le début du conflit en Ukraine, l'ARCOM, le régulateur de l'audiovisuel, joue les vigiles du paysage médiatique numérique. Ce jeudi 26 février 2026, le régulateur audiovisuel français indique avoir ordonné le blocage et le déréférencement de 35 nouveaux sites de médias russes sanctionnés, en plus de quatre plateformes de streaming. La décision arrive dans le prolongement de l'offensive entamée il y a près d'un an maintenant par l'autorité administrative indépendante hexagonale.

35 sites bloqués : comment l'ARCOM coupe le signal russe

Pour qu'un site soit vraiment inaccessible, il faut agir à plusieurs niveaux. L'ARCOM l'a bien compris en ordonnant simultanément aux opérateurs internet, aux gestionnaires d'adresses web et aux moteurs de recherche de bloquer et déréférencer 35 sites de médias russes sanctionnés. Ces contenus doivent disparaître du web français, quelle que soit la façon dont on tente d'y accéder.

Les moteurs de recherche ont dans le détail été sommés de déréférencer les pages de quatre plateformes de streaming qui permettent d'accéder à des contenus télévisés et radiophoniques russes sous sanctions. Ces mesures interviennent après une mise en demeure préalable adressée aux éditeurs concernés. L'ARCOM les avait déjà prévenus, donc, comme le veut la procédure.

Pour agir, l'Arcom s'appuie sur des textes comme la loi audiovisuelle de 1986, les règlements européens de sanctions, et surtout la loi SREN de 2024. C'est cette dernière, d'ailleurs, qui change vraiment la donne. Elle autorise en effet le régulateur à ordonner directement aux opérateurs internet et aux moteurs de recherche de couper l'accès aux sites visés, sans détour.

Une escalade progressive depuis 2022

Ce n'est donc pas la première décision récente de ce type prise par le régulateur de la communication audiovisuelle et numérique. Faisons un petit retour en arrière, le 2 mars 2022, lorsque RT France, la chaîne d'info russe, fut la première à être bannie des écrans français. Trois ans plus tard, en mars 2025, l'ARCOM s'attaquait à deux autres chaînes russes, STS et Kanal 5, en ordonnant à l'opérateur satellitaire Eutelsat de couper leur diffusion. Leur point commun étaient d'être contrôlées par un groupe russe dont l'Union européenne a gelé les avoirs.

En juillet 2025, le régulateur avait fait bloquer 19 sites internet, un service de streaming et trois plateformes en ligne avaient été mis en demeure, et cinq autres sites étrangers avaient reçu des lettres d'observations.