Une fondation vient d'offrir 10 000 dollars à quiconque saura couper le lien entre votre sonnette Ring et les serveurs d'Amazon. Sauf que l'exploit pourrait valoir à son auteur un procès, pas un chèque.

Ring et Amazon ne partent pas d'une page blanche sur les questions de vie privée. La filiale a déjà accepté de verser 5,8 millions de dollars à la FTC : ses propres employés regardaient les vidéos intimes des utilisateurs. Puis son application Android a été épinglée pour avoir transmis des données identifiables à Facebook, MixPanel ou AppsFlyer, sans que les propriétaires de sonnettes ne le sachent. C'est dans ce contexte tendu que la Fulu Foundation sort le carnet de chèques.
Dix mille dollars pour libérer vos images Ring
La Fulu Foundation est une association à but non lucratif. Louis Rossmann, figure emblématique du mouvement pour le droit à la réparation, en est le cofondateur. Le 19 février 2026, la fondation a mis 10 000 dollars sur la table. La cible : tout développeur capable de dérouter le flux vidéo des sonnettes Ring vers un serveur local, sans passer par les serveurs d'Amazon.
La solution doit rester fonctionnelle, avec détection de mouvement et visualisation en direct. Ring propose déjà une option de stockage local baptisée Ring Edge, mais elle reste cantonnée au boîtier Ring Alarm Pro vendu 250 dollars. Et même avec ce dispositif, la connexion aux serveurs d'Amazon reste obligatoire. Pour la grande majorité des propriétaires de sonnettes Ring, aucune alternative n'existe.
La prime sort au plus mauvais moment pour Amazon. Pendant le Super Bowl 2026, une publicité Ring a mis en avant « Search Party » : cette fonction d'intelligence artificielle croise les images de plusieurs caméras d'un même quartier. Le tollé a été immédiat. Quelques jours plus tard, Amazon abandonnait son partenariat avec Flock Safety, une société de surveillance qui devait ouvrir l'accès aux flux Ring aux forces de l'ordre.
Mais le fond du problème reste entier. La Fulu Foundation reconnaît elle-même que toute solution tombera sous le coup du Digital Millennium Copyright Act américain, qui interdit de contourner les verrous logiciels. Kevin O'Reilly, cofondateur de la fondation, l'admet sans détour : le gagnant pourrait ne jamais pouvoir publier son code.
Source : Wired