Le FBI a récupéré des vidéos d'une caméra Nest sans abonnement, dix jours après leur prétendue suppression automatique. Une citoyenne. américaine, enlevée le 1er février, possédait une sonnette connectée qui n'aurait dû conserver que trois heures d'enregistrement. Pourtant, les enquêteurs ont exhumé les images depuis les « données résiduelles » des serveurs de Google.

Les promesses de Google sur la durée de stockage gratuite de ses caméras Nest viennent de prendre un coup. Quand Nancy Guthrie disparaît de son domicile aux premières heures du 1er février, les autorités annoncent d'abord qu'aucune vidéo n'existe : pas d'abonnement payant, pas de sauvegarde cloud. Le directeur du FBI Kash Patel révèle pourtant le 10 février que ses équipes ont mis la main sur des séquences cruciales, extraites de ce qu'il appelle pudiquement les « systèmes backend » de Google. La question qui brûle les lèvres : combien de temps vos fichiers « supprimés » traînent-ils réellement sur les serveurs ?
Une caméra sabotée qui parle quand même
Nancy Guthrie utilisait une sonnette Nest Doorbell sans abonnement Home Premium. Officiellement, Google efface les vidéos après trois heures pour les comptes gratuits. Les forfaits payants à 10 dollars mensuels conservent 30 jours d'événements, ceux à 20 dollars montent à 60 jours plus dix jours de vidéo complète. Sur le papier, l'absence d'abonnement signifie zéro archive.
Dans les faits, les images ont resurgi neuf jours plus tard. Les clips publiés montrent une personne masquée qui repère la caméra, tente de couvrir l'objectif avec sa main, puis essaie de draper une plante devant l'appareil. Les vidéos correspondent au format court que le système Google Home détecte comme « événement ». La caméra sera ensuite détruite par les ravisseurs, mais trop tard : le contenu avait déjà transité vers les serveurs.
Ce que Google conserve vraiment après la suppression
Voilà le point qui fâche. Quand un fichier disparaît de votre interface utilisateur, il ne s'évapore pas instantanément des disques durs. Les experts en forensique interrogés par The Verge confirment que les données effacées en cloud restent techniquement récupérables tant qu'elles ne sont pas écrasées par de nouvelles informations. Google ne propose aucun stockage local véritable accessible directement, contrairement à ses concurrents.
Même les modèles récents avec sauvegarde intégrée ne permettent l'accès qu'au travers du cloud de la firme. Résultat : chaque clip transite par les serveurs californiens, même sans abonnement actif. Le temps de rétention réel reste flou. Google parle de trois heures pour les utilisateurs gratuits, mais l'affaire Guthrie prouve que des traces subsistent bien au-delà. Les utilisateurs commencent à se demander s'ils doivent réclamer régulièrement la suppression complète de leurs données via des demandes formelles de droits individuels.
Le directeur du FBI mentionne une collaboration étroite avec les « partenaires du secteur privé » pour extraire ces vidéos. Traduction : un mandat de perquisition délivré la semaine précédente a forcé Google à fouiller ses archives profondes. Une opération longue et complexe, réservée aux affaires médiatiques.