Depuis l'annonce de la vérification d'identité obligatoire sur Discord, les recherches d'alternatives ont bondi de 10 000% aux États-Unis. Parmi les rescapés, Stoat caracole en tête avec une hausse de 9 900%. La plateforme open-source pourrait bien incarner la sortie de secours que les utilisateurs espéraient.

© Axel Reghis pour Clubic
© Axel Reghis pour Clubic

La décision de Discord de vérifier l'âge de tous ses utilisateurs dès mars 2026 a frappé comme un uppercut. Scan facial ou pièce d'identité : voilà le prix à payer pour continuer à utiliser les salons réservés aux adultes. Problème, cette exigence arrive moins d'un an après une fuite de données massive impliquant des milliers de documents d'identité. La réaction ne s'est pas fait attendre : en 48 heures, les recherches « alternatives à Discord » ont explosé aux États-Unis. Stoat, anciennement baptisé Revolt, capte l'essentiel de cet exode numérique.

Une copie quasi conforme de Discord, mais en code ouvert

Stoat reprend point par point l'architecture qui a fait le succès de Discord : serveurs, salons textuels et vocaux, système de rôles, réactions, bots personnalisables. L'interface utilisateur est tellement proche de celle de son concurrent que la transition se fait sans heurts pour les administrateurs comme pour les membres lambda.

Stoat
  • Open source
  • Respect des données
  • Personnalisation avancée

La différence majeure ? Le code source est entièrement accessible, et chacun peut héberger sa propre instance sur un serveur privé. Développée en Rust, la plateforme consomme moitié moins de ressources que des solutions fédérées comme Matrix, avec seulement 2 Go de RAM nécessaires contre 4 Go. Stoat revendique désormais plus d'un million d'utilisateurs.

Ce qui manque encore au tableau

Pour les gestionnaires de communautés, Stoat propose déjà l'essentiel : gestion fine des permissions, modération, intégration de bots, émojis personnalisés et aperçu des liens. Côté utilisateurs, les messages directs, le partage de fichiers et la personnalisation des profils fonctionnent sans accroc. Les absences notables concernent les appels vidéo, encore en développement mais déjà activables sur les instances auto-hébergées. Le partage d'écran reste expérimental. Autre limite structurelle : contrairement à Matrix, Stoat ne propose ni chiffrement de bout en bout, ni fédération entre serveurs. Pour assurer une transition en douceur de votre communauté, un bridge existe cependant via le protocole Matrix pour connecter Stoat à Discord ou Telegram, mais il reste en phase alpha.

Pour son interface, Stoat ne s'est pas embêté pour ne pas vous embêter. © Axel Reghis pour Clubic

Le modèle économique de Stoat repose sur la gratuité totale et l'absence de publicité. La plateforme compte sur les contributions volontaires de sa communauté et sur l'auto-hébergement pour couvrir ses frais d'infrastructure. Cette approche attire développeurs et défenseurs de la vie privée, qui apprécient de pouvoir auditer le code et de garder la main sur leurs données. Pour Discord, dont les utilisateurs redoutent désormais la collecte de documents sensibles, cette transparence change la donne.

Reste à savoir si cet engouement survivra au retour au calme ou si Stoat deviendra la nouvelle maison de millions d'utilisateurs échaudés.