43 % des étudiants français affirment avoir utilisé un outil pour rendre leurs textes plus « humains », selon Ipsos 2026. Même chose aux États-Unis, rapporte NBC News . Certains élèves laissent volontairement des fautes d’orthographe pour prouver qu’ils ont rédigé leurs devoirs eux-mêmes.

Si Brittany Carr, étudiante à Liberty University, a volontairement laissé des erreurs dans plusieurs de ses devoirs, c'est pour ne pas déclencher les détecteurs automatiques de contenus générés par l'IA et prouver sa rédaction personnelle. Elle n'est pas la seule. Notre confrère NBC News montre que des dizaines d’étudiants subissent une pression constante, même lorsqu’ils n’utilisent pas d’outils de correction ou de générateurs de texte par intelligence artificielle. Certains se tournent vers des logiciels dits « d’humanisation » pour ajuster le style et rendre le texte crédible.
Les étudiants sont réduits à éviter qu’un logiciel leur attribue un texte artificiel ou parfait, quitte à intégrer volontairement des erreurs dans leurs travaux.
Aux États‑Unis, les étudiants modifient leur style et copies sous la pression des détecteurs
Sur de nombreux campus américains, les étudiants ajustent leur façon de rédiger parce qu’ils sont convaincus que des logiciels peuvent trahir leur travail. NBC News rapporte que certains jeunes racontent avoir transformé leurs phrases trop « parfaites » en phrases plus simples pour que les détecteurs automatiques ne les signalent pas comme artificiels – ils ont dit qu’une rédaction trop structurée ou trop soignée déclenchait des alertes injustifiées.
Dans ce « jeu de chat et souris », comme l’ont qualifié plusieurs observateurs, des applications appelées « humanizers » permettent de reprendre un texte généré ou corrigé par une machine et de le reformuler pour qu’il ressemble à une écriture humaine. Un étudiant cité par NBC News a expliqué qu’il avait modifié volontairement des tournures et laissé des imperfections juste pour que son travail soit accepté sans suspicion – ce qu’il considérait comme la preuve qu’il l’avait écrit lui‑même.
Des enseignants et spécialistes interrogés notent la conséquence directe sur les étudiants : certains n’osent plus utiliser de formulations sophistiquées, même lorsqu’elles sont justifiées, par peur d’être signalés par un logiciel. Mais en plus, ils subissent la pression sur l’authenticité perçue de l’écriture ainsi qu'une tension entre leur créativité réelle et l’interprétation statistique de ces mêmes textes.

En France, l’usage de l’IA par les étudiants est déjà très courant
Mais les étudiants américains n'ont pas le monopole de l’IA. Au sein de l'Hexagone, selon l'Ipsos. 94 % des étudiantes et étudiants déclarent avoir déjà utilisé un outil d’intelligence artificielle dans leur vie personnelle ou dans leurs études. Presque un jeune sur deux affirme que ces outils l’accompagnent chaque jour de travail, qu’il s’agisse de préparer des exposés, de résumer des cours ou d’aider à comprendre une notion difficile.
Quand on regarde comment ces outils entrent dans le cadre académique, on constate que 40 % avouent avoir utilisé l’outil pour produire tout ou partie d’un devoir noté, ce qui n’est pas autorisé dans beaucoup de cursus. Juste derrière, 47 % disent s’en être servis pour des exercices même lorsque leur usage n’était pas permis dans les règles de certaines formations.
Parmi ceux qui l’utilisent, 78 % se jugent capables d’ajuster les résultats des outils pour obtenir ce qu’ils veulent, mais plus de 80 % admettent ignorer les risques et biais que l'utilisation d'un outil d'IA, comme les biais, la sécurité ou l’éthique.
On se retrouve donc avec d’un côté une intégration quotidienne, de l’autre une méconnaissance des implications de ces technologies, y compris dans l’écriture des travaux universitaires.
Alors si les étudiants simplifient leurs copies ou utilisent l’IA pour produire leurs devoirs, ils rendent leurs études et leurs travaux médiocres ou du moins, différents d'un travail personnel. L’IA, censée n’être qu’une aide, n’est‑elle pas en train de nous « abêtir » ?