Apple nous a promis la confidentialité absolue avec Apple Intelligence. Mais une petite phrase de la direction de Google vient de briser cette illusion. Vos requêtes Siri les plus avancées pourraient bien finir leur course sur les serveurs de Mountain View.

Google vient de dire tout haut ce qu'il fallait comprendre à demi-mot : Le Siri sauce Gemini tournera bien sur les serveurs de Mountain View. © Naïm BADA
Google vient de dire tout haut ce qu'il fallait comprendre à demi-mot : Le Siri sauce Gemini tournera bien sur les serveurs de Mountain View. © Naïm BADA

Depuis l'annonce du partenariat entre Apple et Google, Tim Cook multipliait les déclarations floues sur la vie privée. Il affirmait qu'Apple continuerait de traiter les requêtes « sur l'appareil et dans Private Cloud Compute », tout en maintenant ses « standards de confidentialité leaders de l'industrie ». Problème : il ne disait jamais explicitement où tournerait Gemini. Bloomberg avait d'ailleurs rapporté que les deux entreprises discutaient d'héberger l'assistant directement sur les serveurs de Google équipés de TPU, et non sur l'infrastructure d'Apple. Mais rien n'était confirmé. Jusqu'à maintenant.

Google se lâche lors de sa conférence financière

Sundar Pichai, PDG d'Alphabet, a mis fin au suspense lors de la présentation des résultats du quatrième trimestre 2025. Dans ses remarques préparées, il a déclaré que Google collaborait avec Apple « en tant que fournisseur cloud préféré » pour développer la prochaine génération des modèles d'Apple, basés sur Gemini. Philipp Schindler, directeur commercial, a répété presque mot pour mot la même formule quelques minutes plus tard.

Cette double intervention n'a rien d'anodin. Elle contredit l'image qu'Apple tentait de maintenir : celle d'un partenariat où Google se contenterait de fournir une technologie, sans accès aux données utilisateurs. La promesse initiale reposait sur Private Cloud Compute, cette infrastructure chiffrée censée empêcher tout tiers de voir les requêtes. Sauf qu'ici, Google ne serait pas un simple prestataire technique. Il devient « fournisseur cloud préféré ».

Ce que Tim Cook ne disait pas vraiment

Relisons les déclarations de Tim Cook lors de la conférence financière d'Apple. Quand un analyste l'interrogeait sur les détails du partenariat et les éventuels revenus partagés, Cook répondait qu'Apple continuerait de « tourner sur l'appareil et dans Private Cloud Compute ». Mais il refusait de révéler les « détails de l'arrangement avec Google ». Cette formulation laissait croire que Gemini bénéficierait de la même protection. Sauf que Cook ne parlait probablement que des autres fonctions d'Apple Intelligence, pas du nouveau Siri.​

Infrastructure TPU de Google. © Google
Infrastructure TPU de Google. © Google

Mark Gurman, de Bloomberg, a d'ailleurs enfoncé le clou en suggérant qu'Apple traite désormais Siri et Apple Intelligence comme deux systèmes séparés, fonctionnant sur des infrastructures distinctes. Autrement dit, les requêtes vers Gemini ne passeraient pas par Private Cloud Compute, mais directement vers les serveurs Google. Le déploiement du nouveau Siri devrait intervenir dès février en version bêta, et au printemps 2026 pour le grand public avec iOS 26.4.

Apple a bâti sa réputation sur la confidentialité. Mais ce partenariat pose une question simple : comment garantir que Google, dont le modèle économique repose sur la collecte de données, ne verra jamais vos requêtes si c'est lui qui les traite ? Ni Apple ni Google n'ont répondu directement à cette interrogation. Les nouvelles capacités promises avec Gemini, comme la génération de contenus ou la gestion de tâches complexes, restent séduisantes. Mais elles ont un prix : celui de la confiance.

Source : 9to5mac