Après la perquisition menée le 3 février dans les bureaux parisiens de X et sa convocation pour une audition libre prévue le 20 avril, Elon Musk a choisi une ligne de défense bien rodée : dénoncer une offensive politique contre sa plateforme X.com.

« This is a political attack. » En cinq mots, Elon Musk transforme une procédure judiciaire française en affrontement idéologique. Plutôt que de répondre sur le fond à l'enquête visant X, notamment autour de possibles manquements en matière de modération, le patron de la plateforme préfère déplacer le débat. Son objectif : délégitimer l'action des juges et parler directement à sa communauté, en installant l'idée d'une Europe hostile à la liberté d'expression.
Musk déplace le terrain du débat vers celui de la liberté d'expression
Dans la foulée, X a repris la même grille de lecture. La perquisition est qualifiée d'« abusive », les motivations de la justice française sont présentées comme « politiques », et la procédure est décrite comme une tentative de pression indirecte sur une direction basée aux États-Unis, via sa filiale française et ses salariés. Une communication calibrée, qui conteste la méthode sans entrer dans le détail des griefs, en particulier ceux liés aux usages et aux dérives potentielles de Grok, l'IA maison.
Cette stratégie n'a rien de nouveau. Fidèle à ses réflexes, Elon Musk déplace le terrain du débat vers celui du free speech. Sur son réseau, il a même suggéré que les autorités feraient mieux de concentrer leurs efforts sur la lutte contre les crimes sexuels (en référence à l'affaire de pédocriminalité impliquant un enfant de cinq ans à Lille), un renversement rhétorique destiné à faire passer la justice pour mal orientée, voire hypocrite. Une posture qui résonne avec l'actualité européenne, alors que le Royaume-Uni et l'Union européenne renforcent leur surveillance des contenus sexuels générés par l'IA et que X reste sous pression sur ses mécanismes de modération.
Une convocation fixée au 20 avril prochain
Au-delà des échanges de tweets et des accusations de procès politique, la justice française reste bien ancrée dans une enquête ouverte depuis janvier 2025 par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris. Cette procédure, marquée hier par une perquisition surprise des locaux parisiens de X, vise plusieurs axes comme l'évolution des algorithmes de la plateforme, la gestion des données et, surtout, des contenus problématiques générés par l'IA de X, Grok, accusée d'avoir diffusé à la fois des deepfakes à caractère sexuel et des propos négationnistes contraires à la loi française.
Le milliardaire et son ex-directrice générale Linda Yaccarino ont été convoqués en audition libre pour le 20 avril 2026, où ils devront s'expliquer sur ces faits et les éventuelles mesures envisagées pour mettre la plateforme en conformité avec le droit national.
Source : Reuters, AP News, AFP et The Guardian.
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