Deux mois seulement après l’application de la loi australienne interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, Snapchat indique avoir déjà suspendu ou désactivé près d'un demi-million de comptes.

Ces dernières semaines, par la voix d'Emmanuel Macron ou encore de Gabriel Attal, l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans en France est revenue sur le devant de l'actualité, et ce point devrait être l'un des derniers grands chantiers politiques du quinquennat en cours. Pour cela, les autorités pourraient utiliser les mêmes outils que ceux mis en place sur certains sites pornographiques, mais aussi demander un selfie ou encore transmettre des documents (pièce d'identité notamment) pour justifier de son âge.
Deux mois depuis l'interdiction en Australie
Depuis décembre 2025, l'Australie a officiellement instauré une interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 16 ans. Cette mesure radicale impose désormais aux géants de la tech des obligations de vérification d'âge très strictes, marquant une rupture nette avec la politique du « laisser-faire » qui prévalait jusqu'alors sur les plateformes comme Instagram, TikTok ou Snapchat.
Cela, afin de dresser un rempart contre les dérives systémiques qui menacent la santé mentale des plus jeunes. Entre les algorithmes conçus pour maximiser la dépendance, l'exposition quasi inévitable à des contenus inappropriés et les risques sécuritaires liés aux prédateurs en ligne, le gouvernement a choisi la manière forte.
Un système efficace, mais encore faillible
Le système n'est toutefois pas infaillible explique Snapchat, qui confirme que les outils de contrôle peuvent présenter une marge d'erreur, et ainsi permettre à des utilisateurs de moins de 16 ans de continuer malgré tout à utiliser l'application.
« Dans la pratique, cela signifie que des moins de 16 ans peuvent contourner les protections, ce qui les laisse potentiellement avec moins de garde-fous, quand d'autres jeunes âgés de plus de 16 ans perdent injustement leur accès », indique le réseau social.
Dans le même temps, la plateforme appelle les autorités australiennes à déployer des applications dédiées à la vérification de l’âge, qui interviendraient dès le téléchargement d’un réseau social.
Snapchat rappelle de son côté que son service permet aux jeunes de rester en contact avec leurs amis. Selon l’entreprise, les priver de ces interactions ne renforcerait ni leur sécurité ni leur bien-être, et n’aurait aucun effet positif tangible sur leur situation.
Source : The Verge