L'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs va obliger les plateformes à vérifier l'âge de ses utilisateurs. Et ça veut peut-être dire qu'il vous faudra montrer patte blanche !

© Juergen Nowak Juergen Nowak / Shutterstock.com/ Shutterstock.com
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Emmanuel Macron l'a affirmé plusieurs fois. Il veut faire de l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs l'un des derniers grands chantiers politiques auxquels il participera avant son départ de l'Élysée, dans un peu plus d'un an. Résultat, le vote va bientôt avoir lieu au Parlement, avec un projet très fortement soutenu par l'ancien premier ministre Gabriel. Qui a donné des précisions sur les modalités d'application de cette interdiction à venir.

Un selfie ou la présentation d'une pièce d'identité pourrait être nécessaires pour prouver son âge

Interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans est un objectif aujourd'hui assez consensuel dans les rangs des partis politiques. Mais comment le faire ? Gabriel Attal s'est aujourd'hui exprimé sur le sujet, au micro de RTL.

Il y évoque ainsi des techniques déjà appliquées pour la gestion de l'accès aux plateformes pornographiques, comme la transmission d'un selfie - pour une reconnaissance faciale de l'âge - ou le téléchargement de « documents d'information sur l'âge. » Une formule générique qui peut aller de la pièce d'identité à la carte bancaire.

Le « tiers de confiance » devrait continuer à protéger notre anonymat

Un système que l'homme politique a d'autant moins de difficulté à défendre qu'il a tenu à rappeler que l'État n'avait, formellement, aucun accès à ces informations. Ici encore, c'est le fameux « tiers de confiance » qui réceptionnerait la preuve de la majorité, et produirait une validation envoyée au réseau social, sans transmettre l'identité de l'individu.

Reste à savoir maintenant si les internautes voudront bien jouer le jeu, ou s'ils préféreront parier sur les méthodes de contournement désormais habituelles, que ce soit les VPN, ou même simplement passer à travers les systèmes de vérifications de l'âge, dont l'efficacité est à l'heure actuelle pour le moins assez faible. Surtout, il y a une question majeure : les Français ont-ils assez confiance dans les pouvoirs publics pour identifier, même très indirectement, un de leur compte sur les réseaux sociaux ?