Ajaccio est la première grande ville française à avoir basculé vers la fibre optique cette semaine, l'occasion pour Orange d'ouvrir les portes d'un répartiteur technique, et de nous faire découvrir de vraies reliques.

Que faire des vieux équipements, quand on modernise un réseau télécom ? À Ajaccio, Orange les a transformés en collection le temps d'une journée. Minitel de toutes générations, Livebox première du nom, appareils de test à manivelle hérités des années 70… C'est toute l'épopée des télécommunications françaises qui s'expose en Corse, où Clubic était présent, deux jours après le passage définitif à la fibre de 763 nouvelles communes.
Dans les répartiteurs Orange, la fin de l'ADSL laisse beaucoup de place à la fibre
Nous voici dans l'un des deux répartiteurs techniques d'Orange à Ajaccio, une pièce stratégique où convergent les lignes des abonnés avant d'être redistribuées vers les DSLAM, ces fameux multiplexeurs qui concentrent les connexions ADSL. Mais depuis mardi 27 janvier, l'ADSL appartient au passé ajaccien. La ville a basculé intégralement sur la fibre optique, comme 762 autres communes de France, et tout un arrondissement à Lyon.

Maxime La Milza, manager d'équipe technique, nous présente un imposant DSLAM, qui raccordait environ 700 clients via le réseau cuivre. Car n'oublions pas qu'une jarretière correspondait à un client. « Juste à côté, vous avez, on va dire, son évolution, la fibre optique. Sous les yeux, vous avez justement un équipement d'accès fibre, pour du FTTH, où là on est passé tout de suite à 2 000 clients avec un débit 200 fois supérieur. » Aujourd'hui, une fibre, c'est 128 clients. On vous laisse donc imaginer le gain de place qu'Orange peut faire dans ses installations.
La fibre optique, c'est moins d'encombrement, beaucoup plus d'abonnés, des débits démultipliés. Ce grand ménage technologique, au sein des installations, a permis à Maxime et à ses équipes d'exhumer des trésors enfouis dans les locaux techniques. Des objets qui racontent l'histoire des télécoms français, conservés au fil des décennies et qui sont de vraies reliques.
Des manivelles au Minitel, les trésors retrouvés des télécoms
Maxime nous présente fièrement un appareil de test pour téléphonie cuivre datant des années 70. Pour les plus jeunes, son fonctionnement pourrait venir d'une autre ère. « Il fallait tourner la petite manivelle pour amorcer la communication avec l'opératrice à l'autre bout de la ligne », nous précise le technicien.
Plus loin, on aperçoit un testeur de tonalités, qui rappelle l'époque des téléphones à cadran, où chaque rotation générait des impulsions pour composer les numéros.
« Ce sont des merveilles pour nous, les gens des télécommunications », reconnaît Maxime, qui cette fois nous montre une collection de Minitel. Du 1 jusqu'au Minitel 5, « presque l'ancêtre des ordinateurs portables », l'ancêtre français d'Internet s'affiche dans toute sa diversité. À côté, la toute première Livebox du début des années 2000 fait elle aussi partie des reliques. Mine de rien, son design était plutôt futuriste, pour l'époque.
Et maintenant que la fibre a pris le pouvoir sur un réseau cuivre qui disparaîtra définitivement d'ici 2030, quel avenir pour les réseaux fixes ? Lorsqu'on lui demande son avis personnel sur la question, Maxime nous rappelle que « le cuivre a vécu plus de 50 ans, voire même beaucoup plus. Si on part du télégraphe, on est même à la centaine d'années. » Pour lui, la fibre suivra la même trajectoire : « Aujourd'hui, les débits sont de plus en plus importants, on s'en sert de plus en plus, donc elle a de beaux jours devant elle. »