Le gouvernement a dévoilé onze projets France 2030, jeudi, pour structurer une filière française des univers virtuels immersifs. L'État, qui compte toujours sur le « métavers » au sens professionnel du terme, mise sur la souveraineté technologique et l'émergence de champions.

France 2030 finance 11 projets d'univers virtuels immersifs pour la souveraineté numérique. © Nicolas Vignot / Shutterstock
France 2030 finance 11 projets d'univers virtuels immersifs pour la souveraineté numérique. © Nicolas Vignot / Shutterstock

Visiblement, la France n'a pas dit son dernier mot sur les technologies immersives. Anne Le Hénanff, ministre déléguée à l'IA et au Numérique, a dévoilé il y a une dizaine de jours à Bercy, apprend-on ce jeudi, les onze projets lauréats de l'appel France 2030 dédié aux univers virtuels. De la réalité virtuelle à la simulation industrielle, le gouvernement a l'ambition de faire émerger des champions français capables de rivaliser sur la scène internationale.

Des compétences françaises éparpillées à structurer d'urgence

Le constat est simple. La France a des atouts dans l'immersif, avec des start-up prometteuses, des chercheurs brillants (qui partent souvent à l'étranger), et des technologies de pointe. Mais tout ce beau monde travaille chacun dans son coin. Impossible, dans ces conditions, de créer des géants capables de rivaliser avec les poids lourds américains ou chinois. D'où l'intervention de l'État pour orchestrer tout ça.

L'appel à projets lancé en 2024, piloté par la Direction générale des Entreprises avec Bpifrance, cible des technologies précises. On parle ici des casques et capteurs immersifs, des logiciels de création et de modélisation, et des outils d'interopérabilité entre plateformes. L'idée est de financer des seuils technologiques décisifs et d'industrialiser des solutions maison pour construire une véritable chaîne de valeur.

Car ces technologies ne sont pas de simples gadgets futuristes. Elles vont bouleverser des secteurs entiers, former des chirurgiens sans prise de risque, simuler des usines avant de les construire, concevoir des avions en 3D. Autant d'applications qui rapportent gros et garantissent au final l'indépendance technologique. L'État veut que la France se mêle à la lutte.

Onze projets pour couvrir tout le spectre de l'immersif

Parmi les lauréats, on retrouve la start-up Immersiv, qui développe une plateforme multisports révolutionnaire pour le visionnage sportif en 3D avec synchronisation temps réel. Scoptique, de son côté, travaille sur des modules optiques inédits qui utilisent des lentilles de Fresnel pour améliorer l'immersion des casques VR. Keyros Medica, elle, propose une suite logicielle en réalité virtuelle pour former les chirurgiens et remédier à la pénurie mondiale de praticiens qualifiés.

D'autres projets misent sur l'industrie et le bâtiment. Gambi-M crée des répliques virtuelles d'environnements industriels grâce au relevé laser et au traitement algorithmique automatique. Viametris et Cydis développent une solution de virtualisation 3D basée sur le Gaussian Splatting pour les professionnels du BTP. Sans oublier Alioscopy, qui propose une immersion totale sans casque via l'autostéréoscopie.

La ministre Anne Le Hénanff considère les technologies immersives comme « un levier stratégique de souveraineté, de compétitivité et de transformation de notre économie. » Il s'agit désormais de positionner la France en leader européen, sur un marché appelé à exploser.