Le dirigeant de NVIDIA, Jensen Huang, a présenté depuis Davos mercredi sa vision globale de l'intelligence artificielle, qu'il qualifie comme le plus grand chantier d'infrastructures de l'histoire, qui créera, selon lui, de l'emploi.

Jensen Huang à Davos, mercredi 21 janvier 2026. © Capture d'écran Clubic
Jensen Huang à Davos, mercredi 21 janvier 2026. © Capture d'écran Clubic

Sur la scène principale du Forum économique mondial à Davos, Jensen Huang a été très imaginatif. Le PDG de NVIDIA a décrit l'expansion de l'intelligence artificielle comme rien de moins que le plus vaste déploiement d'infrastructures jamais entrepris par l'humanité. Une affirmation ambitieuse, portée par une métaphore culinaire surprenante, celle du « gâteau à cinq couches », où chaque étage représente un pan entier de l'économie mondiale en pleine transformation. Un discours qui mérite notre attention.

De l'énergie aux applications, chaque couche de l'IA recrute massivement, insiste Jensen Huang

Durant la session plénière qui avait lieu ce mercredi 21 janvier, Jensen Huang a fait salle comble et décomposé l'intelligence artificielle en cinq strates distinctes qui s'empilent les unes sur les autres. De la production énergétique jusqu'aux applications concrètes, en passant par la fabrication de puces, la construction de data centers et le développement de modèles, chaque niveau nécessite bras et cerveaux. Un écosystème complet qui génère des opportunités professionnelles à tous les étages, bien loin de l'épouvantail d'une technologie destructrice d'emplois.

Et l'année 2025 restera dans les annales comme un tournant majeur. Huang a révélé qu'avec plus de 100 milliards de dollars investis mondialement dans le capital-risque, l'essentiel des fonds a convergé vers ce qu'il nomme les « entreprises natives IA ». Ces sociétés touchent à tout, à la santé et à la finance, mais aussi à la robotique et à l'industrie manufacturière. Des secteurs où, selon ses mots, « pour la première fois, les modèles sont suffisamment performants pour servir de base à de nouveaux développements ».

La frénésie des investissements colossaux crée des chantiers aux quatre coins du globe. Pour construire les data centers et déployer les infrastructures de l'IA, il faut des bras, à savoir des plombiers, électriciens, ouvriers du bâtiment, métallurgistes, techniciens réseau. Des emplois bien réels, et une demande qui explose pour bâtir les fondations physiques. Le chantier ne fait que commencer, mais les bras manquent déjà dans certains secteurs stratégiques de cette nouvelle économie.

Radiologues et infirmières, les métiers renforcés par l'intelligence artificielle

Pour étayer son discours qui consiste à dire que l'intelligence artificielle ne détruira pas d'emplois, Jensen Huang prend l'exemple des radiologues. Car contrairement aux prédictions catastrophistes, leur nombre a grimpé depuis l'arrivée de l'IA dans leur domaine. Le patron de NVIDIA explique qu'analyser des scanners infiniment plus vite leur permet de consacrer davantage de temps aux patients. Le diagnostic reste leur véritable mission, l'examen d'images n'étant qu'une tâche parmi d'autres dans leur quotidien professionnel.

Le métier d'infirmier connaît une dynamique similaire. Aux États-Unis, la pénurie atteint cinq millions de professionnels, en partie parce que près de la moitié de leur temps passe dans la documentation administrative. « Maintenant, elles peuvent utiliser l'IA pour la saisie et la transcription des visites patients », a souligné Jensen Huang en citant les travaux d'entreprises comme Abridge avec laquelle NVIDIA est partenaire.

Un autre passage intéressant de cette session, ce fut lorsque Huang a précisé que l'IA doit être considérée comme une infrastructure nationale, au même titre que l'électricité ou les routes. Pour lui, chaque pays devrait développer sa propre intelligence artificielle, ancrée dans sa langue et sa culture. Et l'accessibilité de ces outils, qu'il qualifie de plus simples jamais créés, représente une chance unique pour les pays en développement de combler leur retard technologique. La robotique, notamment, constitue une opportunité historique pour les nations dotées d'un tissu industriel solide.