C’est un aller simple que vous validez en appuyant sur « Mettre à jour ». OnePlus active une sécurité silencieuse qui empêche tout retour en arrière, transformant une opération banale en piège potentiel. Votre liberté logicielle vient officiellement d'expirer.

L’information a l’effet d’une douche froide pour la communauté. La marque chinoise déploie une protection anti-retour stricte sur ses terminaux récents, à commencer par le OnePlus 13 sous OxygenOS. Ce virage sécuritaire n’arrive pas seul : il fait écho à notre analyse récente sur le fait que Google prend une décision historique qui pourrait tuer les ROMs customs pour de bon. L'étau se resserre inexorablement autour du bidouillage.
Un aller sans retour technique pour OxygenOS
Le mécanisme incriminé porte un nom barbare bien connu des ingénieurs : l'Anti-Rollback Protection (ARB). Concrètement, lorsque vous installez la dernière mouture d’OxygenOS sur votre appareil, le système modifie une valeur dans le processeur de sécurité du smartphone. Le chargeur de démarrage, ou bootloader, vérifie cette valeur à chaque allumage. Si vous tentez de réinstaller une version précédente du système parce que la nouvelle est truffée de bugs ou que l'autonomie fond comme neige au soleil, le téléphone refusera tout simplement de démarrer.
Pire encore, la sanction pour avoir tenté de forcer ce retour en arrière n'est pas un simple message d'erreur. Sur les plateformes modernes comme le Snapdragon 8 Elite qui équipe le OnePlus 13, le micrologiciel XBL (Secondary Bootloader) peut instantanément corrompre le démarrage s'il détecte une version antérieure non autorisée. Votre précieux smartphone à près de mille euros se transforme alors en une brique inerte, récupérable uniquement via des outils de flashage de bas niveau souvent réservés au service après-vente. Cette mesure de sécurité, native dans le code d'Android, était jusqu'ici implémentée avec une certaine souplesse par OnePlus. Cette tolérance appartient désormais au passé.
OnePlus rentre dans le rang (et ça fait mal)
Ce durcissement n'est pas anodin : il marque la normalisation définitive d'un constructeur qui a bâti sa légende sur la permissivité. Il fut un temps où OnePlus encourageait presque ses utilisateurs à modifier leur logiciel, garantissant même le matériel en cas de root. Aujourd'hui, l'argumentaire est strictement sécuritaire. En empêchant le retour vers un vieux firmware, la marque s'assure qu'un voleur ne peut pas « downgrader » un téléphone volé vers une version contenant des failles de sécurité exploitables pour contourner vos mots de passe. C'est louable pour le grand public, mais c'est un coup de poignard pour les passionnés.
Cette stratégie aligne OnePlus sur les standards rigides de Samsung ou Apple, sacrifiant la flexibilité sur l'autel de la sécurité d'entreprise. Si vous installez une mise à jour qui dégrade vos performances, vous êtes coincé avec elle jusqu'au prochain correctif, sans échappatoire possible. La maîtrise de l'utilisateur sur sa propre machine s'effrite encore un peu plus, confirmant la tendance lourde d'un écosystème Android de plus en plus verrouillé.
Source : Android Authority