Le Dolby Atmos Flex Connect n’est plus une promesse abstraite. Les premiers produits compatibles sont désormais bien réels, portés pour l'heure par TCL et LG, avec deux implémentations toutefois assez différentes.

Le LG Sound Suite et ses différents éléments compatibles Dolby Atmos Flex Connect. © LG
Le LG Sound Suite et ses différents éléments compatibles Dolby Atmos Flex Connect. © LG

Entre intégration directe au téléviseur et écosystème audio modulaire piloté par le logiciel, tour d’horizon des premières implémentations concrètes.

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Du concept à la réalité commerciale

Dans un premier article, nous détaillions comment Dolby Atmos Flex Connect ambitionne de simplifier la mise en place d'un système Atmos, en rendant le placement des enceintes plus libre et en confiant l’intelligence du système au logiciel. Reste une question très pragmatique : que peut-on réellement acheter en 2026 pour profiter de cette technologie ?

À ce stade, deux constructeurs ont pris une longueur d’avance : TCL, qui a dégainé le premier avec une implémentation volontairement minimaliste et très intégrée au téléviseur, et LG, qui mise au contraire sur un écosystème audio modulaire, plus ambitieux et plus ouvert dans ses usages. Deux stratégies pour deux visions du futur du home cinéma sans fil.

TCL : Flex Connect comme extension du téléviseur

Chez TCL, la philosophie est claire : le téléviseur doit rester le cœur du système audio, du moins pour le moment. Les téléviseurs MiniLED récents intègrent déjà une architecture multicanale relativement généreuse, parfois enrichie de plusieurs haut-parleurs orientés vers le plafond. Flex Connect vient prolonger cette logique avec les enceintes sans fil TCL Z100, en permettant d’ajouter, sans câblage complexe, jusqu’à quatre satellites et un caisson de basses, le TCL Z100-SW, qui devrait être lancé prochainement.

Dans les faits, Flex Connect s’inscrit chez TCL dans une logique résolument évolutive. Il est tout à fait possible de commencer avec une seule enceinte Z100, utilisée comme renfort ponctuel de la scène sonore, puis d’en ajouter progressivement pour élargir la spatialisation. L’intérêt du système se révèle évidemment davantage avec une paire d’enceintes, et plus encore lorsque l’on approche d’une configuration complète, mais l’utilisateur n’est pas contraint d’acheter l’ensemble d’un seul bloc.

La calibration automatique facilite cette progressivité. Chaque nouvelle enceinte est détectée, positionnée virtuellement et intégrée dans la scène sonore sans intervention complexe. En cas de déplacement d’un satellite (réaménagement du salon, modification temporaire du mobilier) une recalibration suffit à réadapter la scène sonore, sans remettre en cause l’ensemble de l’installation.

Le TCL Z100-SW présenté lors du CES 2026. © Matthieu Legouge

Cette approche présente plusieurs avantages. En évitant la multiplication des éléments dédiés (amplificateur, boîtier de contrôle, barre de son intermédiaire), TCL conserve une ergonomie unifiée : le téléviseur reste le point de contrôle unique pour les sources, les réglages et la calibration. En contrepartie, cette intégration impose aussi des contraintes structurelles : le nombre d’enceintes reste limité, l’évolutivité est plus restreinte que dans un système réellement modulaire, et l’ensemble demeure strictement enfermé dans l’écosystème TCL.

Autrement dit, TCL voit Flex Connect comme une extension naturelle du téléviseur, pensée pour améliorer progressivement l’expérience audio sans bouleverser l’architecture existante du salon.

LG Sound Suite : une architecture qui gravite autour de la barre de son

LG adopte une stratégie presque opposée avec sa Sound Suite, dévoilée en amont du CES 2026. Le constructeur part du constat que les barres de son, même très haut de gamme, atteignent rapidement leurs limites dans les salons asymétriques, lorsque le placement des enceintes arrière devient contraignant ou ambigu pour l’utilisateur. Les études menées par LG montrent que les critères clés ne se limitent plus à la qualité sonore : facilité d’installation, évolutivité et personnalisation de l’usage deviennent déterminants

La Sound Suite repose sur une architecture modulaire articulée autour de la barre H7, qui assure le rôle principal de centre de pilotage du système, même si certains téléviseurs LG compatibles peuvent également endosser cette fonction dans des configurations plus simples (sans la barre de son).

Autour d’elle gravitent plusieurs briques : les enceintes M7, modèles premium intégrant un canal de hauteur, les enceintes M5, plus compactes et utilisées par paire, et le caisson W7, positionnable verticalement ou horizontalement. Selon LG, plus d’une vingtaine de configurations sont possibles, jusqu’à des ensembles très étendus pouvant théoriquement atteindre 13.1.7 canaux ; un chiffre qui relève toutefois davantage de la démonstration de potentiel que d’un usage domestique réaliste aujourd’hui.

Les éléments qui constituent la LG Sound Suite. © LG

Concrètement, l’utilisateur peut démarrer avec une configuration relativement simple (une barre H7 seule, ou accompagnée d’un caisson) puis enrichir progressivement le système en ajoutant des enceintes satellites selon la taille de la pièce et le niveau d’immersion recherché. À partir de deux enceintes arrière, la spatialisation gagne déjà en cohérence. Les configurations plus ambitieuses visent surtout les grands volumes ou les utilisateurs prêts à accepter une installation plus dense et un investissement matériel plus conséquent, même si le logiciel en simplifie largement la gestion au quotidien.

La barre joue également un rôle central sur le plan logiciel. LG y a intégré un processeur Alpha 11, issu de ses téléviseurs OLED premium, permettant d’appliquer au son des traitements avancés : séparation des voix et des effets, upmix intelligent des sources stéréo, reconnaissance automatique du contenu et adaptation dynamique de l’égalisation. Le rendu est ainsi largement piloté par la puissance de calcul et les algorithmes.

Cette approche se traduit par des fonctions comme Sound Follow, qui adapte la focalisation de la scène sonore selon la position estimée de l’utilisateur, ou par une calibration automatique capable de réajuster rapidement l’équilibre après le déplacement d’une enceinte ou une modification de l’aménagement.

En contrepartie, la Sound Suite implique davantage d’éléments matériels et un investissement potentiellement plus élevé. Si, dans certains scénarios, le téléviseur peut reprendre le rôle de centre de pilotage, l’écosystème reste fortement structuré autour des produits LG et de leur couche logicielle propriétaire.

À qui ces premiers systèmes s’adressent-ils réellement ?

Ces deux implémentations illustrent parfaitement la plasticité, mais aussi la fragilité, du standard Flex Connect. TCL privilégie une approche téléviseur-centrée, simple et maîtrisée, mais peu ouverte. LG, à l’inverse, construit une plateforme audio modulaire, fortement pilotée par le logiciel, plus ambitieuse, mais aussi plus dense, plus complexe et potentiellement plus coûteuse.

Dans les deux cas, la promesse d’interopérabilité entre marques reste largement théorique. Chaque constructeur interprète aujourd’hui Flex Connect selon ses propres contraintes techniques et ses stratégies produit. Pour l’utilisateur, le choix relève donc davantage d’un écosystème que d’un véritable standard universel.

Ces premières solutions ne visent ni les audiophiles purs ni les installations dédiées. Elles s’adressent avant tout à des utilisateurs exigeants sur l’immersion, mais réticents aux contraintes traditionnelles du home cinéma : câblage, encombrement, complexité d’installation et rigidité du placement.

L’approche TCL séduira ceux qui souhaitent améliorer progressivement le son de leur téléviseur sans multiplier les équipements ni complexifier leur installation. La proposition LG, plus ambitieuse, vise un public prêt à investir dans un système évolutif, capable de s’adapter à différents usages, volumes de pièce et scénarios d’écoute.

Dans les deux cas, Flex Connect marque une étape intéressante : celle d’un home cinéma qui devient enfin compatible avec les réalités des intérieurs modernes et des usages connectés. Reste à voir si cette première génération saura dépasser le stade des écosystèmes fermés pour s’imposer comme un véritable socle industriel partagé… condition indispensable pour que la promesse du sans-fil immersif prenne réellement corps à grande échelle.