C'est la fin d'une époque, celle de l'interface immaculée qui vous donnait l'impression de discuter avec une conscience pure. Le modèle gratuit ne suffit plus : OpenAI sort l'artillerie lourde, et votre portefeuille (ou votre attention) est la cible.

Désormais, la règle est claire : si vous ne payez pas le prix fort, l'IA ne travaille pas pour vous, elle travaille pour les annonceurs. © OpenAI
Désormais, la règle est claire : si vous ne payez pas le prix fort, l'IA ne travaille pas pour vous, elle travaille pour les annonceurs. © OpenAI

C'est la douche froide de ce début d'année 2026. Alors que nous digérions à peine la dinde et le lancement en France de la formule « low cost » ChatGPT Go en décembre dernier, Sam Altman siffle la fin de la récréation. Il ne suffit plus de payer un abonnement d'entrée de gamme pour être tranquille. Vous pensiez que l'abonnement était un bouclier ? Détrompez-vous.

ChatGPT Go : payer pour voir... des réclames ?

L'information est tombée comme un couperet vendredi. OpenAI officialise le déploiement de publicités, non seulement pour les utilisateurs gratuits (ce qui était prévisible) mais aussi pour les abonnés de l'offre ChatGPT Go.​

Pour rappel, cette offre à environ 8 euros par mois (le prix d'un menu Best Of, souvenez-vous) avait débarqué chez nous fin 2025 pour séduire les bourses plus modestes. Le deal semblait honnête : moins de puissance que l'offre Plus, mais une expérience sans la frustration des fonctions manquantes. Désormais, le contrat change unilatéralement. Au cours de l'année, des encarts marqués « Sponsorisé » apparaîtront en bas de vos réponses.​

Aperçu de la publicité dans ChatGPT - © OpenAI
Aperçu de la publicité dans ChatGPT - © OpenAI

Sam Altman, le PDG d'OpenAI, a tenté de désamorcer la bombe sur X avec une pirouette rhétorique dont il a le secret :

« Nous commençons à tester des publicités dans les offres ChatGPT Free et Go. [...] Il est clair pour nous que beaucoup de gens veulent utiliser beaucoup d'IA sans payer, donc nous espérons qu'un modèle économique comme celui-ci peut fonctionner. »

Pour faire passer la pilule, il invoque même une comparaison audacieuse, affirmant que les publicités qu'il apprécie sont celles d'Instagram, car elles lui ont permis de « trouver des trucs [qu'il] aime et qu'il n'aurait jamais trouvés autrement ». L'objectif affiché ? Rendre la pub « utile ». On appréciera l'effort de communication, mais le fait demeure : seuls les abonnés Plus (20 $) et Pro (200 $) resteront à l'abri des bandeaux publicitaires. Pour les autres, vous payez, mais vous êtes quand même un peu le produit.

Google et la tentation du diable publicitaire

Ce mouvement n'est pas anodin, c'est un séisme pour le modèle économique des chatbots. En brisant la digue, OpenAI donne implicitement le feu vert à tous ses concurrents. Nous savions déjà qu'OpenAI envisageait d'afficher des contenus sponsorisés, mais le passage à l'acte sur une offre payante change la donne.

  • Chat dans différentes langues, dont le français
  • Générer, traduire et obtenir un résumé de texte
  • Générer, optimiser et corriger du code
9 / 10

C'est surtout du côté de Mountain View que les bouchons de champagne doivent sauter. Google, dont l'empire repose intégralement sur la publicité via Search, se retenait jusqu'ici d'inonder Gemini de liens sponsorisés par peur de dégrader l'expérience utilisateur face à un ChatGPT immaculé. Cette barrière psychologique vient de tomber.

D'ailleurs, des documents internes suggéraient déjà que Google préparait le terrain pour la pub dans Gemini, malgré des discours officiels rassurants. Avec OpenAI qui ouvre la boîte de Pandore, Google a désormais un boulevard pour monétiser agressivement ses réponses IA sans passer pour le grand méchant loup solitaire.

OpenAI promet, la main sur le cœur, que vos conversations ne seront pas partagées directement avec les annonceurs et que l'argent n'influencera pas les réponses de l'IA. Une promesse de confidentialité classique dans la tech, qui tient généralement jusqu'à la prochaine mise à jour des conditions générales d'utilisation.

Source : Lifehacker

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