L'encyclopédie signe des accords commerciaux avec Microsoft, Meta et d'autres géants de l'IA. Une première rémunération pour une plateforme jusqu'ici gratuite dont les contenus nourrissaient les modèles de langage sans compensation.

Ces IA qui pillent Wikipedia vont devoir payer ©Shutterstock
Ces IA qui pillent Wikipedia vont devoir payer ©Shutterstock

Si vous avez déjà formulé une requête à un chatbot IA, alors cela ne vous aura pas échappé : bien souvent, ces derniers articulent leurs réponses en puisant dans le savoir infini de l'encyclopédie en ligne Wikipedia. Mais ces derniers devront désormais financer cette base de connaissances.

Une nouvelle source de revenus pour la fondation

Le Wikimedia Foundation a annoncé des partenariats avec Microsoft, Meta, Amazon, Perplexity et Mistral AI. Ces entreprises accèdent désormais à un service payant appelé programme Enterprise. Ce dernier propose un accès optimisé aux 65 millions d'articles de Wikipédia. Contrairement à l'API publique gratuite, il délivre les données "à volume et vitesse" adaptés aux besoins des développeurs de modèles de langage.

Wikipédia explique que les bots des entreprises d'IA opèrent un scraping massif des contenus, générant un trafic automatisé qui sature les serveurs. Logiquement, les coûts de maintenance augmentent. Or aujourd'hui, le service de Wikipedia est financé par les dons de petits contributeurs. Et pour son fondateur Jimmy Wales, ces donateurs "ne donnent pas pour que leur argent serve à subventionner ces énormes entreprises d'IA". L'encyclopédie avait déjà noué un accord similaire avec Google en 2022.

Jimmy Wales justifie aussi ces accords sur le fond. Il préfère que les modèles d'IA s'entraînent sur des données "vérifiées par des humains" plutôt que sur des sources moins fiables comme X (ex-Twitter). Il évoque le risque d'une IA "très en colère" si elle ingère des contenus toxiques. Récemment, Elon Musk a lancé Grokipedia , une alternative jugée problématique et qui pourrait venir ternir la qualité des résultats des chatbots.

En interne, on se méfie de l'IA. En juin 2025, Wikipédia avait suspendu son expérimentation de résumés générés par IA face aux protestations des éditeurs bénévoles. La plateforme restait intéressée par les algorithmes d'intelligence artificielle afin de détecter le vandalisme ou suggérer des améliorations, mais pas pour remplacer le travail humain. Ces nouveaux accords ne manqueront pas de raviver le débat au sein d'une communauté historiquement prudente avec ce type d'intégration.

  • L'immensité du contenu proposé
  • L'accès aux fiches en mode hors ligne
  • La gratuité

Source : Reuters