Le karma a un sens de l'humour assez particulier dans la Silicon Valley. À peine lancée, l'ambitieuse structure de Mira Murati voit déjà ses fondations se fissurer sous les coups de boutoir de son ancien employeur.

Début 2025, nous vous racontions comment l'ancienne directrice technique d'OpenAI débauchait son ancien patron qui s'était tiré chez la concurrence. Mira Murati semblait intouchable avec son nouveau laboratoire, Thinking Machines. Mais comme le rapporte TechCrunch ce matin, la fête est finie. La valse des talents reprend, et cette fois, c'est Sam Altman qui mène la danse en rappelant ses ouailles à la maison mère.
Hémorragie au sommet pour Mira Murati
Barret Zoph et Luke Zettlemoyer ne sont pas des stagiaires venus faire le café. Ce sont des architectes majeurs des modèles de langage actuels, et ils viennent de claquer la porte de Thinking Machines moins d'un an après sa création. Le départ est brutal, immédiat, et surtout, il se fait en direction d'une adresse bien connue : OpenAI.
Pour comprendre la violence du coup porté à la start-up, il faut regarder le pedigree des partants. Zoph est une figure du post-training, l'art de rendre un modèle intelligent après son apprentissage brut. Zettlemoyer, lui, est une pointure académique dont les travaux font autorité. En perdant ces deux profils, Murati ne perd pas juste des employés, elle perd une partie de son cerveau collectif. Ces retours chez OpenAI ne sont pas des cas isolés, mais le début d'un mouvement de reflux qui pourrait assécher les jeunes pousses.
La guerre des talents vire au règlement de comptes
Ce n'est pas un simple mouvement de personnel, c'est un avertissement sans frais pour tout l'écosystème. L'attraction gravitationnelle d'OpenAI devient telle que même les projets les plus hypés ne peuvent plus retenir leurs ingénieurs. Pourquoi ? Probablement parce qu'en 2026, l'accès à la puissance de calcul est le nerf de la guerre, et qu'une pénurie vient fortement limiter la marge de manoeuvre de petits acteurs comme Thinking Machines.
Une start-up, aussi brillante soit-elle, ne peut pas rivaliser avec les clusters de GPU titanesques dont dispose Altman. Zoph et Zettlemoyer ont sans doute fait le calcul pragmatique : mieux vaut être un rouage dans une machine qui expédie des produits qu'un capitaine sur un navire qui attend ses processeurs. Cela fragilise considérablement la position de Mira Murati, qui doit maintenant prouver qu'elle peut livrer sans ses lieutenants historiques, tout en subissant l'agressivité commerciale de son ancienne maison.
Source : Tech Crunch