Emoticonnect a mis au point une IA capable de prédire les émotions humaines. Depuis le CES de Las Vegas, la start-up française présente une technologie qui pourrait bousculer l'analyse des interactions numériques.

À la veille de l'ouverture officielle du CES, une technologie française fait parler d'elle. Emoticonnect, spécialiste de l'analyse émotionnelle, se positionne comme une sorte d'hybride entre Palantir et Scale AI, avec un atout en plus dans sa manche : la prédiction émotionnelle. Là où la plupart des outils se contentent de radiographier le passé, cette entité made in Europe prétend anticiper les réactions futures.
Une IA française adossée à la recherche du CNRS pour décrypter les émotions
Emoticonnect s'appuie sur un socle scientifique plutôt solide, notamment des travaux menés avec le CNRS. Sa technologie décrypte les nuances émotionnelles, comme la peur, la colère, la confiance, l'enthousiasme et aussi la lassitude et l'enthousiasme, mais surtout leurs évolutions dans le temps. L'approche ne consiste pas qu'en un simple baromètre d'humeur.
Le positionnement est clair, puisqu'Emoticonnect organise les données comme Palantir, les industrialise à l'échelle comme Scale AI, mais ajoute une dimension inédite, en ce qu'elle prédit les émotions à venir. Contrairement aux outils classiques qui analysent ce qui s'est déjà passé, cette IA anticipe les changements de perception et détecte les tensions avant qu'elles ne deviennent critiques.
En d'autres termes, l'IA transforme les interactions numériques en cartographies exploitables. Elle identifie les risques réputationnels émergents, repère les signaux faibles de polarisation et mesure les potentiels d'adhésion. On a donc ici du prédictif pour piloter, pas juste pour constater. Une différence de taille, dans un monde noyé sous les données brutes.

Déjà des applications concrètes dans des secteurs stratégiques en France et en Europe
La technologie d'Emoticonnect est déjà utilisée concrètement. Dans la défense et la sécurité, elle repère les menaces émergentes en analysant les discussions en ligne. Les assureurs s'en servent pour identifier les clients mécontents avant qu'ils ne résilient leur contrat. Et le secteur du divertissement l'utilise pour détecter en amont les sujets qui vont créer le buzz ou, à l'inverse, la polémique.
Cette polyvalence séduit l'Europe. Emoticonnect a par exemple décroché un label continental qui valide la profondeur scientifique et le potentiel d'impact de sa technologie. Une reconnaissance qui la positionne comme acteur d'une IA souveraine, capable de répondre aux exigences des secteurs stratégiques sur le Vieux continent.
La start-up est présente à l'Eureka Park, le secteur des innovations de rupture françaises du CES. Nicolas Rochelemagne, son CTO, tient à rappeler que « les organisations sont aujourd'hui noyées sous des flux d'opinions et de signaux numériques. Ce qui manque, ce n'est pas la donnée, c'est la capacité à en extraire le sens, la tendance, et surtout ce qui est à venir. » Gageons qu'Emoticonnect parviendra à réinventer l'analyse des interactions numériques.