Accrochez-vous, Pat Gelsinger a décidé de secouer le cocotier. L'ancien homme fort d'Intel affirme que l'informatique quantique va non seulement débarquer plus vite que prévu, mais qu'elle va surtout mettre un terme brutal à l'âge d'or actuel des processeurs graphiques et à la bulle de l'IA.

Pat Gelsinger - © Shutterstock
Pat Gelsinger - © Shutterstock

Vous pensiez que la frénésie de l'intelligence artificielle allait durer éternellement ? Que NVIDIA continuerait de vendre ses puces comme des petits pains jusqu'à la fin des temps ? Pat Gelsinger, fraîchement installé chez Playground Global après son départ d'Intel en décembre 2024, vient jouer les trouble-fêtes. Selon lui, une révolution bien plus radicale se prépare en coulisses, et elle pourrait transformer vos investissements actuels en vieilleries obsolètes bien plus tôt que vous ne l'imaginez.​

La trinité quantique contre l'hégémonie des GPU

Pat Gelsinger n'y va pas par quatre chemins. Pour lui, les cartes graphiques qui font aujourd'hui la pluie et le beau temps dans les datacenters sont déjà des dinosaures en sursis. Il leur donne jusqu'à la fin de la décennie, pas plus. Pourquoi tant de pessimisme ? Parce qu'il parie sur l'émergence d'une nouvelle "trinité" informatique où le quantique règlerait des problèmes tout simplement inaccessibles aux machines actuelles.

C'est là que ça devient croustillant. Alors que Jensen Huang, le patron de NVIDIA, nous promet que le quantique restera une curiosité de laboratoire pendant encore vingt ans, Gelsinger rétorque qu'on y sera dans deux ans. L'ambiance doit être sympa lors des dîners en ville. L'argument technique est implacable : si les GPU sont des monstres pour l'entraînement des modèles, ils peinent sur l'inférence complexe que le quantique promet de dévorer tout cru.

Ordinateur quantique - © Shutterstock
Ordinateur quantique - © Shutterstock

Quand la bulle financière rencontre le mur de la réalité

Mais attention, ce n'est pas juste une querelle d'ingénieurs sur la meilleure architecture de puce. C'est tout un modèle économique qui vacille. Regardez les chiffres : OpenAI dépense des milliards pour des revenus encore fragiles, et les géants de la tech s'échangent des dizaines de milliards dans des contrats qui ressemblent de plus en plus à un jeu de bonneteau financier.

Clem Delangue, de Hugging Face, essaie bien de calmer le jeu en parlant de "bulle des modèles de langage" plutôt que de bulle généralisée, mais le mal est fait. Avec Google qui compare l'état actuel du quantique à l'IA d'il y a cinq ans, on sent que le vent tourne. Le message est clair : ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier de l'IA générative, car une autre technologie est en train de chauffer le moteur sur la ligne de départ.

Source : WCCFTECH