En déplacement dans les Vosges ce vendredi, le président de la République a officialisé l'extension de la "pause numérique" aux lycées. Après une phase d'expérimentation au collège jugée satisfaisante par l'exécutif, les terminaux mobiles seront bannis des établissements du second cycle dès la rentrée prochaine.

Smartphones au lycée, c'est fini, Macron annonce l'interdiction totale ©Shutterstock
Smartphones au lycée, c'est fini, Macron annonce l'interdiction totale ©Shutterstock

L'exécutif s'appuie sur les premiers résultats de la "pause numérique" testée depuis septembre 2024 dans environ cent collèges français. Les retours des établissements participants convergent : amélioration du climat scolaire, réduction du cyberharcèlement et concentration renforcée des élèves en classe. Cette dynamique pousse Macron à franchir un cap supplémentaire en intégrant les lycéens, laissés jusqu'à présent à la discrétion des conseils d'administration de leurs établissements.

Une option devenue obligation

Jusqu'à aujourd'hui, la loi autorisait les lycées à décider librement de l'interdiction du téléphone via leur règlement intérieur. Le nouvelle orientation supprime cette autonomie en imposant une seule règle : le dépôt obligatoire des appareils dès le portail. Concrètement, chaque lycée devra s'équiper de dispositifs de stockage sécurisé - casiers, pochettes verrouillées type Yondr ou autres solutions. Aucun lycéen ne devra donc avoir accès physiquement à son téléphone tout au long de la journée, y compris aux récréations.

Alors qu'une loi de 2018 interdit théoriquement l'usage du téléphone à l'école et au collège depuis six ans, son application reste inégale selon les établissements. Macron formule donc l'intention de transformer cette théorie en pratique généralisée, avec les défis logistiques et budgétaires que cela suppose.

France Info rapporte les propos d'Emmanuel Macron déclaré au groupe de presse Ebra : "On a sorti le portable des collèges. On va l'élargir au lycée la rentrée prochaine. On va lancer une grande campagne à l'intention des parents. Il faut leur dire qu'ils ont un rôle à jouer".

L'encadrement des réseaux sociaux en miroir

En parallèle, le chef de l'État a réaffirmé son engagement pour une majorité numérique fixée à 15 ans. Selon la CNIL, deux tiers des moins de 13 ans possèdent déjà un compte sur un réseau social, souvent sans consentement parental. Macron souhaite durcir l'application en contraignant les plateformes à implémenter des outils de vérification d'âge plus rigoureux, similaires à ceux utilisés pour les contenus réservés aux adultes.

Rappelons au passage que le Parlement européen vient d'adopter une résolution pour encadrer les usages numériques des plus jeunes avec 483 votes pour, 92 contre, 86 abstentions. Les eurodéputés demandent une harmonisation à l'échelle de l'UE autour d'un âge minimum de 16 ans pour accéder aux réseaux sociaux, plateformes vidéo et assistants IA.

Un nouveau mécanisme judiciaire doit également être mis en place : une procédure d'urgence, dite de "référé". Face à la viralité des contenus et au manque de réaction des procédures traditionnelles, l'idée est de permettre au gouvernement d'exiger rapidement le retrait de contenus malveillants ou de désinformation, imposant aux hébergeurs et plateformes une réactivité très élevée.