Gilles FEINGOLD Directeur commercial de Alogic édition logicielle (BI)

Par
Le 16 juillet 2001
 0

Gilles FEINGOLD présente Alogic S.A. éditeur d’applications logicielles en intelligence économique.

Gilles FEINGOLD présente Alogic S.A. éditeur d'applications logicielles en intelligence économique.

AB - Monsieur FEINGOLD bonjour. Pouvez-vous me présenter votre parcours et votre société Alogic ?

GF - Alogic est issue d'Inforama, SSII créée par Robert GUILLAUMOT en 1968.

R.GUILLAUMOT a voulu, il y a deux ans, concentrer dans une structure bâtie à cet effet, l'ensemble des acquis de la société (développement logiciels, expérience, savoir-faire, compétences) liés à une activité spécifique et traditionnelle d'Inforama : la production de l'information pour le renseignement militaire et économique.

Cela s'est produit à l'occasion du rapprochement Coframi-Inforama, groupe dépassant aujourd'hui un effectif de 1200 ingénieurs pour 500 millions de francs de chiffres d'affaires.

Robert GUILLAUMOT a souhaité faire d'Alogic une société dominante du marché des outils et applications logicielles en Business Intelligence, poursuivant ainsi une stratégie de convergence de l'ingénierie du savoir et des technologies de l'information.

R.GUILLAUMOT est l'initiateur du mouvement de l'intelligence économique en France, il était jusqu'en 2000 le Président de l'Association des Industries Européennes du Logiciel et des Services informatiques.

En ce qui me concerne, lorsque j'ai intégré comme Directeur commercial l'équipe constituée pour le développement de la société, j'avais déjà une expérience de près de 5 années dans les produits et services de haute technicité pour le management de l'information.

Auparavant, j'ai fondé ma société dans le domaine de l'agroalimentaire, société cédée à un poids lourd du secteur 2 ans après sa création...

AB - Quelles sont les solutions logicielles phares de la société, leurs fonctionnalités et les technologies utilisées ?

GF - Alors que nous développions au sein de Inforama des systèmes intelligents de traitement de l'information pour le secteur de la Défense (systèmes toujours utilisés, notamment par la DGSE : Taïga), nous avons dès 1995 réalisé que les entreprises prenaient conscience de leurs besoins en acquisition et en traitement d'informations pertinentes.

Cela pour plusieurs raisons : être mieux informé (intelligence économique) mais également apporter le «bon carburant» à leurs systèmes.

Historiquement, nous sommes une société de service, ce qui nous permet de proposer deux types d'offres :

Une offre de logiciel modulaire qui représente le cœur de notre technologie : «aperto libro» (robot de recherche sur le web, outil d'indexation pour tous formats de documents, de traitement linguistique, de recherche, d'aide à la lecture - cartographie, classification, résumé linguistique.)

L'outil de recherche, basé sur une double approche thésaurus + plein texte, permet le filtrage par thesaurus et une «roue de secours» lorsque celui-ci est insuffisant à la compréhension de la requête en utilisant la technologie plein-texte à dimension linguistique, traitements lexicaux et morphologiques.

Ce système fait appel à une interface novatrice : aide à la rédaction des requêtes en fonction de ce que l'utilisateur vient de taper, qui permet un dialogue homme-machine.

Par ailleurs, les outils d'aide à la lecture, basés sur des algorithmes linguistiques puissants, ont nécessité plusieurs années de recherche et garantissent la pertinence des résultats proposés.

Nous présentons également des solutions applicatives dites de «e-content business intelligence», selon un concept que nous avons créé de toute pièce afin de prendre position face aux acteurs du e-Data Business Intelligence (Business Objects, Cognos, Brio, etc.)

Ces sociétés proposent en effet des applications d'aide à la décision de traitement de données numériques. Nous proposons l'équivalent mais en traitant les données textuelles, par exemple une application de traitement intelligent des CV, cela grâce à une approche linguistique adaptée.

AB - A quels tarifs vos offres sont-elles proposées ?

GF - Le module le plus simple de traitement d'information à partir d'un support (web ou documentation interne), couplé à notre outil de recherche et de distribution d'information, est proposé à un tarif de départ de 80 KF HT, variable en fonction de l'architecture souhaitée.

Les tarifs s'échelonnent ensuite jusqu'à 300 KF HT environ.

Concernant nos applications plus spécifiques (CV, etc.), cela peut dépendre du modèle économique de développement qui intéresse le client (ASP, partenariat.)

AB - Comment se distingue votre offre par rapport à la concurrence ?

GF - A notre expérience de l'approche «tout thesaurus».

Nous avons été les premiers il y a 10 ans à le commercialiser, et nos contacts avec le marché nous ont encouragé à développer une solution technique mieux adaptée et plus fiable : couplage avec le plein texte.

A cette solution nous avons ajouté une dimension d'aide à la rédaction de la requête, fondamentale à l'utilisateur qui traditionnellement ne sait pas pourquoi il trouve où ne trouve pas de réponse à sa question.

Notre outil est totalement transparent. Une fois les documents pertinents retrouvés, il nous semble alors possible d'utiliser des algorithmes linguistiques statistiques afin de procéder à une classification, une cartographie, ou des résumés de documents.

Là aussi, nous proposons des solutions innovantes basées sur les besoins du marché.

Toutefois, contrairement à la majeure partie des acteurs du secteur, nous ne cherchons pas à procéder à un assemblage de technologies pour simuler une solution tout en un ou solution miracle !

Nous privilégions des modules à la carte en fonction des besoins de nos clients d'une part, des applications plus spécifiques d'autre part.

En fait, nous avons eu le temps de qualifier le marché sans entrer dans des considérations économiques privilégiant une approche à court terme.

Ces considérations encourageaient les développements autour de portails, peut-être plus alléchants car très ambitieux, qui ont été exposés à une concurrence très rude (Microsoft, Oracle, etc.)

AB - Qu'en est-il de votre cible ?

GF - Nous ciblons plutôt les grands comptes (EDF, GDF). Pas uniquement cependant, il y a aussi des opportunités vers certaines associations, et des acteurs locaux susceptibles de distribuer nos produits aux PME en mutualisant des coûts parfois rédhibitoires pour de petites structures.

AB - Avez-vous engagé des partenariats stratégiques récemment ?

GF - Oui, justement pour le développement et la distribution de nos applications spécifiques.

Deux accords sont signés pour l'application de traitement des CV, un grand nom des ressources humaines pour un modèle ASP et une SSII pour la vente sur ce secteur.

Nous sommes en cours de négociation pour notre «observatoire de la rumeur». Pour cette application, nous préférons nous appuyer sur un grand compte industriel qui pourrait lui-même être confronté à cette problématique, comme Danone...

AB - Quelles sont vos perspectives de développement ?

GF - Nous n'avons démarré notre commercialisation qu'il y a un mois.

Il est très encourageant de constater que de grands groupes écoutent attentivement ce que nous leur proposons puisqu'il semblerait que nous contribuions à éclairer le marché en privilégiant des solutions répondant à leurs besoins immédiats .

C'est peut-être une des raisons pour lesquelles nous sommes de plus en plus en concurrence avec les acteurs historiques du secteur (Autonomy, Arisem, etc.) sur les appels d'offre de service. De la même manière, nous intervenons dans des conférences à côté de ces mêmes acteurs.

AB - Autre sujet, l'outil logiciel est complémentaire du capital intellectuel de l'entreprise. Qu'en est-il du marché de la gestion des connaissances aujourd'hui ?

GF - Le Knowledge Management est une approche intégrée d'identification, de capture, de management et de distribution des actifs informatifs de l'entreprise, incluant les documents, les bases de données, le retour d'expérience, le savoir-faire collectif et les compétences individuelles, illustrant son acquis et ses capacités futures.

Associée à l'intelligence économique qui a pour objet de scruter l'évolution de l'environnement, la gestion dynamique des connaissances constitue un moyen irremplaçable de comparaison entre la demande des marchés et l'offre de l'entreprise, donc une arme stratégique de préparation de l'entreprise aux défis du futur.

L'un des points les plus importants de la mise en place de cette arme stratégique réside dans la faculté de réunir l'information dispersée, en externe ou en interne, et d'être capable de la distribuer instantanément à ceux qui en ont besoin.

D'où l'intervention des technologies informatiques de pointe pour répondre à ce besoin.

Mais une technologie est inutile si elle n'est pas mise en place suite à une expression des besoins venant des utilisateurs. Cela doit aller jusqu'à la conduite du changement.

Aucune solution parachutée ne peut satisfaire une organisation qui a ses habitudes de travail.

Il semblerait que le marché de la gestion des connaissances ne soit pas encore totalement mûr à ce type de réflexion, du moins en France, car à l'étranger, le Knowledge Management fait partie intégrante de la stratégie de l'entreprise dans sa volonté d'anticiper les demandes toujours nouvelles des marchés...

AB - Quelle est la valeur ajoutée des produits Alogic en matière de business intelligence ?

GF - Dans notre groupe, nous savons comment apporter de l'intelligence à l'action humaine par le renseignement et la mise à disposition de connaissances utiles.

La valeur ajoutée d'Alogic, issue du concept de «l'e-content business intelligence», est de proposer des applications intelligentes intégrées aux systèmes dédiés à l'information et au savoir.

AB - Monsieur FEINGOLD, je vous remercie.
Modifié le 18/09/2018 à 14h09

Les dernières actualités

scroll top