Avec RTX Spark, NVIDIA veut réunir le travail, le jeu et l’IA locale dans une nouvelle famille de PC portables. L’ASUS ProArt P16 est le premier de ces modèles à passer entre nos mains. Avec sa puce N1X, ses 64 Go de mémoire et son écran OLED de 16 pouces, il doit prouver que les promesses de NVIDIA résistent à l’épreuve du quotidien.

Pas d'autocollant Intel, AMD ou Qualcomm ! © Colin Golberg
Pas d'autocollant Intel, AMD ou Qualcomm ! © Colin Golberg

À San Francisco, NVIDIA nous avait présenté une architecture qui rapproche le CPU et le GPU autour d’une mémoire commune, accompagnée d’un important travail sur Windows et les logiciels. Nous avons détaillé ces choix dans notre décryptage du RTX Spark qui revient en profondeur sur cette nouvelle architecture prometteuse. Maintenant il reste à vérifier ces promesses dans la vraie vie avec l’une de ces machines.

C’est le ProArt P16 d’ASUS qui ouvre le bal, son positionnement de portable créatif nous intéresse particulièrement : il doit tenir une journée de travail, encaisser des applications exigeantes et laisser de la place au jeu, sans oublier l’IA locale.

Nous l’avons donc adopté au quotidien et soumis à nos tests de performances, de création, d’IA et de jeu. L’objectif : comprendre ce que cette première génération apporte vraiment, et à qui elle s’adresse quand l’offre de portables Windows et Mac est déjà bien fournie.

Testé & Approuvé
8  / 10
Testé & Approuvé

Meilleurs prix

Les plus
  • Création, jeu et IA locale sur une seule machine
  • Écran OLED 120 Hz très réussi
  • Finition soignée, format 16 pouces facile à transporter
  • Écosystème NVIDIA : CUDA, OptiX et DLSS
  • Performances largement conservées sur batterie
Les moins
  • Prix très élevé
  • Autonomie décevante pour un portable Arm
  • Ventilation très bruyante en jeu et en IA
  • Logiciels encore immatures
  • SSD en retrait à ce niveau de gamme

Fiche technique ASUS ProArt P16 RTX Spark

Résumé
ProcesseurNVIDIA RTX Spark N1X
Taille de la mémoire24Go
Carte graphiqueNVIDIA Blackwell RTX
Taille de l'écran16 pouces
Taux de rafraîchissement120Hz
OS
Système d'exploitationWindows 11
Processeur
ProcesseurNVIDIA RTX Spark N1X
Type de processeurNVIDIA Grace, architecture ARM, 18 ou 20 cœurs selon configuration
Fréquence du processeur4.1GHz
Mémoire vive
Taille de la mémoire24Go
Type de mémoireDDR5
Graphismes
Carte graphiqueNVIDIA Blackwell RTX
Max-QNon
VR Ready (réalité virtuelle)Non
Écran
Taille de l'écran16 pouces
Taux de rafraîchissement120Hz
Type de dalleDalle OLED
Type d'écranOLED
Définition d'écran3840 × 2400 pixels ou 2880 × 1800 pixels
Format de l'écran16/10
Dalle mate / antirefletOui
NVIDIA G-SYNCNon
Écran tactileOui
Stockage
Configuration disque(s)SSD M.2 NVMe PCIe 4.0
Disque principal512 Go, 1 To ou 2 To
Disque secondaireSans disque secondaire
Lecteur optiqueAucun
Emplacement mSATA/M.2M.2 (libre)
Lecteur de carte mémoireCarte SD
Connectique
Connectiques disponiblesUSB 3.2, USB 4.0 Type C, HDMI 2.1, Micro (Jack 3.5mm Femelle)
Réseau sans-fil
Wi-FiOui
Version Wi-Fi7
BluetoothOui
Version Bluetooth5.4
Équipement
WebcamOui
Haut-parleursIntégrés
ClavierAzerty
Clavier rétroéclairéOui - Couleur unique
Pavé numériqueNon
Lecteur d'empreinte digitaleNon
Caractéristiques physiques
Longueur354.1mm
Largeur243mm
Épaisseur15.9mm
Poids1.77kg
Le ProArt P16 accueille la plateforme RTX Spark dans un portable de 16 pouces, aussi élégant que sobre. © Colin Golberg

La configuration testée

  • Modèle : ASUS ProArt P16 H7607BA.
  • Puce : N1X, 20 cœurs CPU et GPU Blackwell à 6 144 cœurs CUDA.
  • Mémoire : 64 Go partagés entre le système et le GPU.
  • Stockage : SSD NVMe Samsung de 1 To (MZVL81T0HFLB-00BTW).
  • Écran : OLED de 16 pouces, 2 880 × 1 800 pixels, 120 Hz.
  • Système : Windows 11 Professionnel ARM64 (build 28000), pilote NVIDIA 617.42.
  • Prix : 5 299,99 € pour la version française H7607BA-SE030X en 64 Go/1 To.

Nos conditions de test

Sauf mention contraire, les mesures sur secteur sont réalisées en mode Performance, et les séries répétées sont résumées par leur médiane. Les autres portables cités ont été testés dans leurs propres conditions (système, pilotes). Les écarts donnent donc un ordre d’idée, pas un classement au millimètre.

Design et équipement : un 16’’ facile à transporter

Habitués à travailler sur un 13 pouces, nous avions quelques réserves en voyant arriver ce ProArt. Un grand écran est toujours appréciable sur un bureau, il l’est un peu moins lorsqu’il faut réorganiser son sac autour de lui. Bonne surprise : le P16 s’est glissé sans difficulté dans le compartiment de notre portable habituel. ASUS annonce 1,77 kg pour 35,41 × 24,30 cm et une épaisseur de 1,29 à 1,59 cm. C’est raisonnable pour un 16 pouces doté d’un tel GPU.

Le design est sobre, sans les codes visuels d’une machine de jeu. Pour un portable qui sert au bureau la journée et au jeu le soir, c’est le bon choix.

La qualité de fabrication est à la hauteur du positionnement. Matériaux, précision de l’assemblage, absence de jeu : le ProArt n’a pas à rougir face à un MacBook. Le capot s’ouvre d’une main, la charnière accompagne bien le mouvement et l’ensemble inspire confiance.

Côté connectique, on trouve trois ports USB4 Type-C à 40 Gbit/s, tous compatibles avec la sortie vidéo et le Power Delivery, ainsi qu’un USB-A 3.2 Gen 2 à 10 Gbit/s. S’y ajoutent une sortie HDMI 2.1 FRL, un lecteur SD Express 7.0 et une prise audio combinée de 3,5 mm. Le lecteur de cartes et le port USB-A sont bienvenus sur un portable de création.

La finesse de l'écran et du chassis est remarquable. © Colin Golberg

Le clavier offre une frappe plaisante bien que notre exemplaire de test soit en QWERTY, ce qui a demandé un temps d’adaptation, mais nous nous y sommes vite faits. Le pavé tactile, immense, se prête bien aux gestes. Son défilement accélère toutefois trop brusquement à notre goût : on dépasse facilement le passage que l’on voulait lire. Heureusement, il est possible de désactiver cette vilaine accélération.

Notre exemplaire de test est équipé d’un clavier QWERTY et d’un grand pavé tactile. Nous avons un peu triché en permutant la position des touches pour retrouver un semblant d'AZERTY. © Colin Golberg

Les haut-parleurs complètent bien l’ensemble. Pour un film ou de la musique sans casque, la restitution est de bon niveau, avec une spatialisation réussie. Le traitement audio logiciel nous a en revanche donné bien plus de fil à retordre ; nous y reviendrons.

Écran : l’OLED dont on ne se lasse pas

Le passage au 16 pouces se justifie dès que l’on commence à travailler. La surface est confortable et la définition de 2 880 × 1 800 pixels assure un affichage précis. Associés au G-Sync, les 120 Hz accompagnent aussi bien la navigation que le jeu, avec un GPU capable d’en tirer parti. C’est l’un des grands atouts de ce ProArt.

Difficile de se rendre compte du rendu HDR sur une image SDR, mais je vous promet que ça envoie du lourd. © Colin Golberg

En HDR, vidéos et jeux sont magnifiques, entre les noirs profonds de l’OLED et des hautes lumières éclatantes. La calibration d’usine nous a semblé juste, à l’œil du moins. Faute de mesures à la sonde, nous ne pouvons pas la garantir pour un travail colorimétrique exigeant.

Performances : le GPU fait la différence

Avec ses 20 cœurs, le N1X ne manque pas de ressources pour les tâches parallèles. Cinebench 2024 lui attribue 1 582 points en multicœur et 118 points sur un seul cœur. Parmi les portables que nous avons testés, le MacBook Pro M5 Pro garde une avance nette, avec 2 014 et 199 points, tandis que le Zenbook A16 atteint 1 706 et 150 points.

Cinebench 2024 : résultats mono et multicœur des configurations sélectionnées.

Le P16 se défend bien dans les logiciels qui exploitent plusieurs cœurs, mais son processeur n’est pas la nouvelle référence de la catégorie. Sur un seul cœur surtout, il accuse un net retard : vingt cœurs ne font pas tout. Cinebench 2026 confirme un comportement régulier, avec environ 6 460 points en multithread et 480 points sur un thread.

Speed Way : le GPU du ProArt face aux solutions intégrées retenues.

La partie graphique rend le positionnement beaucoup plus évident. Sur Speed Way, le ProArt atteint 3 066 points, loin devant les GPU intégrés des Zenbook A16 et XPS 14. Il dépasse aussi la Radeon 8060S du ROG Flow Z13, relevée à 1 813 points. Avec cette machine, Windows sur ARM n’est plus synonyme de gros compromis graphique.

Speed Way : le ProArt sert de repère face à plusieurs GPU dédiés de portables.

Le Galaxy Book6 Ultra et sa RTX 5070 Laptop obtiennent 3 021 points sur cette épreuve, tandis que les RTX 5070 Ti et RTX 5080 de nos références gaming gardent l’avantage. NVIDIA promettait des performances proches d’une RTX 5070, nous y sommes.

Débits du SSD du ProArt P16 mesurés avec CrystalDiskMark, en lecture et en écriture. Résultats en Mo/s : plus la valeur est élevée, plus le transfert est rapide. © Colin Golberg

Le stockage déçoit davantage. CrystalDiskMark relève 2 706 Mo/s en lecture séquentielle et 3 721 Mo/s en écriture, des valeurs confirmées par un second contrôle. C’est modeste pour un portable de ce prix, surtout si l’on déplace régulièrement de gros projets. Le SSD était rempli à plus de 80 % lors de la mesure, réalisée sur un fichier de 1 Go. Ces chiffres ne disent donc rien d’un long transfert, et rien ne permet d’y voir une limite de l’architecture ARM. Quelle qu’en soit la cause, ce n’est pas un point fort.

Création : OptiX et la génération d’images passent aux travaux pratiques

Le benchmark GPU de Blender attribue au ProArt P16 un score de 4 849. Il mesure la vitesse de calcul sur trois scènes de référence, Monster, Junkshop et Classroom : plus le score est élevé, plus le GPU est rapide sur cette épreuve.

Le ProArt P16 face aux autres portables de notre sélection. Plus le score est élevé, plus le rendu est rapide. © Colin Golberg

Dans notre sélection, le ProArt se place entre le Zephyrus G14 équipé d’une RTX 5070 Ti Laptop et le Stealth 16 doté d’une RTX 5080 Laptop. Il devance également le MacBook Pro M5 Pro et le Galaxy Book6 Ultra à RTX 5070 Laptop. Le N1X montre ainsi de bonnes capacités de calcul pour le rendu 3D, au-delà de ses performances en jeu.

Nous avons également réalisé un essai distinct dans le logiciel Blender, en calculant une version adaptée de la scène Barbershop avec l’accélération GPU OptiX. Le rendu demande environ 47 secondes, enregistrement du fichier compris.

Temps de génération d'images avec la recette FLUX.2 Klein retenue. © Colin Golberg

Avec ComfyUI, la génération d’images locale devient assez rapide pour enchaîner les essais sans attendre plusieurs minutes à chaque proposition. Nous avons utilisé FLUX.2 Klein Base 4B en NVFP4, un format compressé conçu pour les GPU Blackwell. Une image de 1 024 × 1 024 pixels en 20 étapes demande environ 18 secondes. La première image de la série est plus lente : 33 secondes.

Ces temps valent pour ce modèle, avec ces versions et ces réglages. Ils ne s’appliquent ni aux autres modèles FLUX, ni à d’autres quantifications.

Pour un créatif qui utilise déjà ces outils, la proposition est concrète : le portable peut calculer une scène 3D et générer ses images lui-même. On comprend aussi l’intérêt de conserver CUDA, OptiX et les bibliothèques de NVIDIA en passant à ARM, plutôt que d’imposer aux éditeurs de tout réécrire pour un nouveau GPU. Encore faut-il que chaque logiciel et ses plugins existent en version ARM. Nous n’avons pas évalué de chaîne complète dans Premiere ou Resolve, ni les effets locaux de Photoshop : vérifiez ces points avant d’y basculer une activité professionnelle.

IA locale : les 64 Go servent déjà, mais l’agent parfait n’est pas livré avec

Nous attendions beaucoup de l’IA locale. Et c’est la partie du test qui nous a laissés le plus partagés. Les 64 Go permettent de faire tourner un modèle déjà costaud, mais ils ne dispensent ni de le choisir correctement, ni d’accepter ses limites. Pour nos mesures, nous avons utilisé Qwen3.8-27B-UD-Q4_K_M. Ce modèle de 27 milliards de paramètres, quantifié en 4 bits, était exécuté par llama.cpp en version ARM64 avec CUDA.

Nos essais dessinent assez nettement la frontière actuelle. Le modèle local nous a rendus service pour synthétiser de la documentation, dont le guide d’évaluation fourni par NVIDIA, pour organiser un plan ou pour retravailler un texte. Nous lui avons aussi demandé de mener seul des benchmarks comme 3DMark, Blender et CrystalDiskMark. Là, il n’a pas réussi à aller au bout, et nous avons dû reprendre la main avec des modèles cloud.

Qwen3.8-27B en local pense en anglais. © Colin Golberg
Mais répond en français. © Colin Golberg

Ce retour d’usage ne vaut pas un comparatif entre modèles. Il explique néanmoins pourquoi nous ne conseillerions pas ce P16 à qui cherche un agent local capable de tout piloter sans surveillance. Produire du texte et mener une suite d’actions jusqu’au résultat sont deux capacités que l’on confond encore trop facilement.

Le cloud n’est toutefois pas une solution acceptable pour tous les usages. Documents couverts par le secret professionnel, dossiers médicaux, travaux de recherche non publiés ou informations stratégiques d’une entreprise : certaines données ne doivent pas quitter un environnement maîtrisé. Une IA exécutée localement prend alors un autre intérêt. Même moins performante qu’un modèle distant, elle peut rendre service pour synthétiser des documents, préparer un plan ou retravailler un texte sans les envoyer à un fournisseur d’IA, à condition que les outils utilisés restent eux aussi locaux.

L’installation, elle, est encore technique : entre le choix du modèle, sa quantification et le logiciel chargé de l’exécuter, il faut savoir où l’on va. Les habitués s’y retrouveront, mais les autres ne devraient pas avoir à apprendre tout cela pour profiter du matériel qu’ils viennent d’acheter. C’est précisément là que l’on attend Get Started de Microsoft, censé simplifier ces premiers pas. Et franchement, il tarde à arriver : sur un PC vendu à ce prix, pouvoir se lancer sans éplucher la documentation ne devrait pas être une promesse pour plus tard.

Get Started, le futur onboarding agentique de Microsoft. © NVIDIA

Une fois l’ensemble en place, les performances suivent. Sur une courte requête de code, la vitesse de génération passe d’environ 16 à 51 tokens par seconde avec DFlash. Ce mécanisme confie à un petit modèle le soin de proposer des séquences que le modèle principal vérifie. La réponse s’écrit plus vite, sans que le modèle gagne en connaissances.

Vitesse de génération du modèle local, avec et sans DFlash. © Colin Golberg

Pour une réponse de 1 024 tokens, cet exemple passe ainsi d’environ 64 à 21 secondes au total. Le gain varie toutefois selon les demandes : il n’est pas le même sur notre série en français que sur le code.

On regarde souvent à quelle vitesse l’IA écrit, mais moins le temps qu’elle nous fait attendre avant de commencer à répondre. Avec une demande de 16 384 tokens, sans réutilisation du cache, le premier token arrive après environ 23 secondes, DFlash activé. Charger une longue requête ou un ensemble de documents prend du temps, même lorsque la suite s’écrit vite. Un agent qui gère bien son cache peut éviter une partie de ce recalcul d’un échange à l’autre, mais nos mesures ne reproduisent pas une session complète avec un agent.

Attente avant le début de la réponse, selon la longueur d'entrée et l'activation de DFlash. © Colin Golberg

Notre première réaction a été de nous demander si 64 Go n’étaient pas un peu justes. Pendant nos essais, le GPU disposait d’environ la moitié de cette mémoire (30,5 Gio), et le modèle comme son contexte doivent tenir dans cette enveloppe. Windows et le GPU puisent dans la même réserve : il faut garder en tête que la mémoire unifiée annoncée sur la fiche technique n’est pas celle disponible pour un modèle.

Passer à 128 Go ouvre l’accès à des modèles et à des contextes plus volumineux. Une configuration proposée par NVIDIA dans son guide, baptisée Flash-Next, exige d’ailleurs au moins 78 Go alloués au GPU. Cela ne signifie pas qu’il faut 128 Go pour faire de l’IA utile, ni qu’un modèle plus gros aurait mené nos benchmarks à bien.

Nous en retenons une configuration déjà utile pour des usages documentaires et génératifs bien définis, notamment lorsque les données doivent rester sur la machine. C’est aussi là que RTX Spark trouve sa raison d’être : réunir, dans un portable, la mémoire et la puissance GPU nécessaires pour travailler avec des modèles locaux. Pour en faire une station de développement agentique autonome, il faudra en revanche davantage que du débit et beaucoup de mémoire. Des installations simplifiées dans Windows, des agents mieux intégrés et un passage fluide du local au cloud pourront améliorer l’expérience. Pour l’instant, nous nous en tenons à ce que ce PC permet réellement de faire.

Jeux : la fluidité est là, avec les bons réglages

Jouer sur un portable à l’allure aussi professionnelle est l’une des bonnes surprises de ce test. Le contraste entre la sobriété de la machine et ce qu’elle affiche nous a franchement plu.

© Colin Golberg

Face aux portables à GeForce dédiée, le ProArt ne fait toutefois pas jeu égal partout. Dans Cyberpunk 2077, avec les réglages de nos comparatifs (2 560 × 1 600, RT Ultra, DLSS Équilibré, sans génération d’images ni path tracing), le P16 atteint 39,1 FPS. Il est devancé par le Galaxy Book6 Ultra et sa RTX 5070 Laptop (45,9 FPS), le Zephyrus G14 et sa RTX 5070 Ti Laptop (50,9 FPS), puis le Stealth 16 et sa RTX 5080 Laptop (57,2 FPS). Les versions et pilotes diffèrent entre ces machines, mais le constat reste clair : il ne faut pas acheter ce ProArt en espérant retrouver partout les performances d’un portable à GeForce dédiée.

Résultats finaux dans les six jeux, images générées incluses. © Colin Golberg

Tous les jeux sont testés en 2 560 × 1 440, avec DLSS Équilibré et génération d’images ×3, sur secteur, en profil Performance.

  • Cyberpunk 2077 : qualité High, ray tracing Low, sans path tracing.
  • Marvel Rivals : version ARM64EC, qualité High, Lumen High.
  • 007 First Light : qualité High, sans path tracing ; scène fixe dans The Descent.
  • DOOM: The Dark Ages : qualité Medium, sans path tracing ; benchmark intégré Siege – Part 1.
  • Gears of War: E-Day : qualité Medium, géométrie et ombres ray tracing Medium ; benchmark intégré.
  • Pragmata : ray tracing activé, Ray Reconstruction désactivée ; scène fixe dans le corridor de départ.

Avec toute la panoplie NVIDIA à l’œuvre, les résultats sont excellents : les six jeux dépassent les 120 FPS de moyenne, de quoi tirer parti des 120 Hz de l’écran. Le DLSS et la génération d’images ×3 y contribuent largement, mais c’est justement l’intérêt de cette plateforme : associer un GPU solide aux technologies qui lui permettent d’aller plus loin. Sur un portable aussi sobre et facile à transporter, pouvoir profiter de ces jeux dans de telles conditions est une vraie réussite.

Nous avons aussi lancé NBA 2K27 avec le rendu neuronal DLSS 5, le compteur affiche 91,4 FPS avec le DLSS Performance et FG ×2.

Reste la compatibilité, à vérifier titre par titre. Ces jeux fonctionnent dans les versions et conditions testées, mais cela ne vaut pas pour toute votre ludothèque, en particulier lorsqu’un anti-cheat entre en jeu. Qu’un jeu x64 passe par la traduction de Windows n’empêche pas le GPU de travailler nativement. En revanche, un composant système absent en version ARM peut bloquer le lancement. Avant de remplacer votre portable gaming, vérifiez les titres auxquels vous tenez vraiment.

Mobilité et logiciels ASUS : la puissance suit, l’autonomie moins

NVIDIA insistait sur un point lors de ses présentations : le N1X devait garder ses moyens une fois débranché. Nos mesures vont largement dans ce sens, avec des pertes comprises entre 0,3 et 8,5 % selon la charge, en mode Performance. La génération de texte en IA locale ne ralentit quasiment pas, et Speed Way conserve un score très proche de celui obtenu sur secteur. Cyberpunk, en High et 1440p, passe de 63,7 à 58,3 FPS.

Comparaison interne des performances sur secteur et sur batterie, à recette identique. © Colin Golberg

On emporte donc en vadrouille une bonne partie de la puissance du P16. En profiter longtemps est une autre affaire, et c’est le point qui nous a le plus déçus à l’usage.

En lecture vidéo, notre exemplaire a tenu le coup près de 9 heures (8 h 46 min). Le test a été réalisé selon notre protocole sur YouTube en 1080p à 60 images par seconde, dans Edge en plein écran, avec la luminosité à 100 %, un casque branché et le mode Silencieux/éco.

Autonomie vidéo : le ProArt face aux repères Windows publiés dans nos tests. © Colin Golberg

Le Galaxy Book6 Ultra a tenu plus de 17 heures et le Zenbook A16 près de 15 heures lors de nos tests vidéo : ce ProArt est loin des modèles les plus endurants. Attention, une lecture vidéo ne préjuge pas non plus d’une journée de bureautique complète.

Dès que le GPU travaille sans relâche, la prise redevient vite indispensable. Notre scène lourde de Cyberpunk, avec path tracing et génération ×4, laisse entrevoir environ 54 minutes d’autonomie, en projetant nos 20 minutes de mesure. En génération continue de code avec le modèle local, nous projetons environ 67 minutes. Ces deux charges intensives ont été mesurées en mode Performance, avec une luminosité de 50 %.

La caméra thermique relève 43,7 °C au centre du clavier du ProArt P16. © Colin Golberg

Sur secteur et en mode Performance, le ProArt devient très bruyant en jeu ou sous une charge IA soutenue. Sans casque, nous avons trouvé cela franchement gênant. Nous ne nous verrions pas imposer cette ventilation à nos voisins d’open space pendant de longues sessions de calcul local. Nous n’avons pas sorti le sonomètre, mais l’oreille suffit : prévoyez un casque à réduction de bruit, ou un écran externe pour éloigner le portable.

Le service audio qui faisait travailler le PC au repos

La dispersion des réglages entre MyASUS et ProArt Creator Hub agace déjà : on passe de l’un à l’autre pour retrouver des options qui gagneraient à être réunies. Nous avons aussi rencontré un problème plus gênant avec IntelliGo, un composant logiciel de traitement du son préinstallé sur notre exemplaire. Il sollicitait le processeur en continu et faisait tourner les ventilateurs, même lorsque nous ne faisions rien sur le PC.

Lors de nos relevés, IntelliGo mobilisait environ 6,3 % du CPU. Dans le même temps, LSASS, un processus de sécurité de Windows, affichait une activité anormalement élevée, autour de 8,6 %. Réinstaller le composant n’a rien changé. La désactivation ciblée du service et de ses tâches a en revanche fait disparaître cette charge, y compris après redémarrage : plus de souffle au repos, et le son fonctionne toujours.

Ce n’est qu’un contournement, pas un correctif, et un acheteur ne devrait pas avoir à traquer un service audio pour retrouver un fonctionnement normal. Le N1X n’y est pour rien : c’est l’intégration logicielle d’ASUS qui pèche. Espérons qu’une mise à jour viendra rapidement corriger ce problème, mais le suivi logiciel d’Asus est plutôt bon, donc ça ne devrait pas provoquer un frein à l’achat.

ASUS ProArt P16 RTX Spark : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
8 / 10
Testé & Approuvé

NVIDIA et Asus tiennent leur pari : le ProArt P16 joue, crée et fait tourner une IA locale sur une seule machine transportable, avec un écran fait pour le travail comme pour le jeu. Pour une première génération au logiciel qui sent encore la peinture fraîche, c’est remarquable.

Mais les réserves pèsent sur l’achat : nuisances sonore dès que le GPU travaille et prise indispensable pour les travaux exigeants. Pour le meilleur rapport performances/prix en jeu, visez un portable à GeForce dédiée, et pour l'endurance, les meilleurs MacBook et des Windows plus sobres restent des références, si vos logiciels y tournent.

La configuration 64 Go a du sens si vous savez déjà quels modèles ou outils locaux utiliser, ou si la confidentialité de vos données vous interdit de les confier à une IA distante. Elle ne nous a pas convaincus comme remplaçante d’un bon agent cloud pour tout piloter, mais ce n’est pas la seule raison de choisir une IA locale. Nous ne conseillons pas non plus de payer pour 128 Go sans avoir identifié une charge qui en a besoin. La RAM permet de charger un modèle ; elle ne lui apprend pas à terminer votre travail.

À 5 300 €, l’étiquette « PC IA » ne suffit pas : il faut un vrai besoin de tout réunir. La direction est la bonne, mais ASUS doit corriger son logiciel, Microsoft simplifier des parcours trop techniques, et la prochaine génération devra gagner en autonomie. Pas encore parfait, certes, mais quand une première version donne autant envie d’attendre la deuxième, c’est qu’il se passe quelque chose.

Les plus
  • Création, jeu et IA locale sur une seule machine
  • Écran OLED 120 Hz très réussi
  • Finition soignée, format 16 pouces facile à transporter
  • Écosystème NVIDIA : CUDA, OptiX et DLSS
  • Performances largement conservées sur batterie
Les moins
  • Prix très élevé
  • Autonomie décevante pour un portable Arm
  • Ventilation très bruyante en jeu et en IA
  • Logiciels encore immatures
  • SSD en retrait à ce niveau de gamme