Avec la MatePad Pro Max, Huawei signe une tablette de 4,7 mm d’épaisseur facturée à partir de 1 099 euros, qui aligne un écran OLED PaperMatte de 13,2 pouces et une finition irréprochable. De quoi regarder l’iPad Pro droit dans les yeux. Encore faut-il que ce corps de mannequin fasse oublier un écosystème logiciel qui oblige toujours à bricoler pour retrouver ses applications du quotidien.

La Huawei MatePad Pro Max est la tablette la plus fine du moment, mais cela suffit-t-il pour convaincre ? ©Mathieu Grumiaux
La Huawei MatePad Pro Max est la tablette la plus fine du moment, mais cela suffit-t-il pour convaincre ? ©Mathieu Grumiaux
8  / 10

Meilleurs prix

Les plus
  • Écran OLED PaperMatte exceptionnel
  • Finesse record et fabrication irréprochable
  • Réactivité remarquable et chauffe maîtrisée
  • Autonomie solide pour un écran de 13,2 pouces
  • Recharge rapide
Les moins
  • Détour obligatoire par GBox pour l'écosystème Android
  • Applications AppGallery parfois instables
  • Assistant vocal encore immature
  • Dialogues trop secs sur les haut-parleurs
  • Clavier en QWERTY

Il y a quelques mois, je testais la Honor MagicPad 4 et ses 4,8 mm d’épaisseur, en me demandant jusqu’où les constructeurs pousseraient cette course à la minceur. Huawei a répondu sans trembler : 4,7 mm, un dixième de millimètre de moins, quand l’iPad Pro M5 se contente de 5,1 mm. La MatePad Pro Max ne s’arrête pas à ce record symbolique. Elle embarque un écran OLED de 13,2 pouces traité PaperMatte, un châssis entièrement métallique et la puce maison Kirin T93 Pro, avec une ambition clairement affichée : remplacer l’ordinateur portable.

Sauf qu’une tablette ne se résume pas à sa fiche technique, surtout quand elle arrive sans les services Google. J’ai utilisé la MatePad Pro Max pendant plusieurs semaines, pour le travail comme pour le divertissement, afin de vérifier si le talent matériel de Huawei suffit à faire oublier ses contraintes logicielles.

Test réalisé sur un exemplaire prêté par le constructeur.

Design et fabrication : une prouesse de finesse qui se mérite

La première prise en main produit toujours son petit effet. Avec 4,7 mm d’épaisseur pour 289,34 × 196,34 mm, la MatePad Pro Max a quelque chose de très impressionnant, comme si l’on tenait un écran arraché à son boîtier. Huawei s’appuie pour y parvenir sur une nouvelle architecture baptisée Cloud Falcon et un châssis métallique qui n’épargne que le compartiment d’antenne et le module photo. La marque revendique d’ailleurs la première certification Ultra-thin Bending Resistance délivrée par TÜV Rheinland, censée attester de sa résistance à la flexion. Malgré son extrême finesse, l’ensemble inspire confiance et semble particulièrement robuste.

À peine plus de 4 mm d'épaisseur : un challenge pour nos autofocus ©Mathieu Grumiaux

Les bordures sont fines, les contours arrondis, et le bloc photo circulaire au dos reste discret. La tablette est proposée en bleu et en gris spatial, la version bleue (que nous a fournie le constructeur) bénéficiant d’une finition dite lumineuse, qui fait varier les reflets de la coque selon l’angle. Le résultat respire le haut de gamme, sans ostentation.

La minceur a toutefois ses limites. Le format reste imposant, et les 509 grammes se font sentir dès qu’on la tient à une main plus de quelques minutes. Le revêtement arrière, plutôt glissant, n’aide pas à la saisir avec assurance. La MatePad Pro Max se montre clairement plus à l’aise posée sur un bureau, calée sur un support ou associée à son clavier.

Un dos un peu glissant, mais une conception hautement premium ©Mathieu Grumiaux

Justement, Huawei propose en option le Glide Keyboard, qui pèse 439 grammes et porte l’ensemble à 948 grammes. La tablette repose directement sur le clavier, sans charnière flottante, et un logement permet de ranger le stylet M-Pencil Pro, vendu séparément. Un détail risque pourtant de refroidir une partie des acheteurs français : ce clavier n’est proposé qu’en disposition QWERTY. Pour une tablette qui revendique une productivité « de niveau PC », l’absence d’AZERTY peut surprendre.

Côté audio, Huawei n’a pas lésiné avec six haut-parleurs. La musique est agréable à écouter, avec une belle ampleur et une puissance confortable pour une tablette aussi fine. Les dialogues souffrent davantage : les voix paraissent parfois trop sèches, les graves manquent de corps et les aigus prennent un peu trop de place. Selon le contenu, le rendu oscille ainsi entre l’excellent et le décevant. À volume modéré, l’expérience reste néanmoins très satisfaisante dans la majorité des situations.

Un très bon clavier+ trackpad, mais seulement en QWERTY ©Mathieu Grumiaux

Écran : un affichage PaperMatte qui fait la différence

L’écran est la grande réussite de cette MatePad Pro Max, et de loin. La dalle OLED de 13,2 pouces affiche une définition de 3 000 × 2 000 pixels, soit 273 pixels par pouce, avec un taux de rafraîchissement de 144 Hz, un contraste annoncé de 2 000 000:1 et une luminosité maximale de 1 600 nits selon Huawei. Les bordures de 3,55 mm portent le rapport écran-boîtier à 94 % et il n’y a aucune encoche sur l’écran, la caméra étant intégrée dans la bordure.

Une qualité d'affichage tout bonnement somptueuse ©Mathieu Grumiaux

Mais c’est le traitement PaperMatte qui change tout. Huawei grave la surface de l’écran à l’échelle nanométrique pour diffuser la lumière et limiter les reflets, et le résultat saute aux yeux. La lecture devient nettement plus confortable, la visibilité ne s’effondre pas dès qu’une lampe ou une fenêtre se reflète, et l’on oublie vite les écrans miroirs de la concurrence. Les contrastes sont excellents, les couleurs riches sans jamais verser dans la surenchère, et la fluidité du 144 Hz rend la navigation très agréable. Le mode Ebook, pensé pour la lecture longue, trouve ici un terrain idéal.

La combinaison de l’OLED, du 144 Hz et de ce revêtement offre tout simplement l’une des meilleures expériences visuelles du marché des tablettes.

Loin d'être un gadget, le traitement mat limite les reflets : idéal pour les graphistes ou pour l'utilisation en extérieur ©Mathieu Grumiaux

Performances : une réactivité impeccable, des scores plus modestes

Sous le capot, Huawei fait confiance à sa propre puce Kirin T93 Pro, épaulée par un GPU Maleoon 935 et 12 Go de mémoire vive, avec 256 ou 512 Go de stockage, facturés respectivement 1 099 et 1 299 euros. Sur le papier, les benchmarks ne cherchent pas à impressionner : 1 361 points en single-Core et 4 887 en multi-Core sur Geekbench, 7 789 points sur 3DMark Wild Life. Pour mettre ces chiffres en perspective, la Xiaomi Pad 8 que j’ai testée au printemps, vendue près de trois fois moins cher, fait mieux sur Geekbench. L’ironie est savoureuse pour une tablette qui vise le très haut de gamme.

Pourtant, à l’usage, rien de tout cela ne se ressent. La réactivité générale est remarquable, les applications s’ouvrent sans attendre et le multitâche jusqu’à trois fenêtres simultanées passe sans broncher. On salue également la présence du Wi-Fi 7 sur l’appareil.

Résultats sur Geekbench ©Mathieu Grumiaux
Des performances plutôt convaincantes au quotidien ©Mathieu Grumiaux

La gestion thermique est l’autre bonne surprise. Même sous forte charge, la tablette chauffe très peu et les températures restent parfaitement maîtrisées. Huawei a centré la carte mère et adopté une chambre à vapeur double couche pour répartir la chaleur, et le résultat se sent sous les doigts.

En jeu, la MatePad Pro Max s’en tire avec les honneurs. Call of Duty Mobile tourne en réglages maximum sans le moindre accroc, Fortnite reste très stable en graphismes maximum, même s’il est plafonné à 30 images par seconde, et Genshin Impact atteint 60 images par seconde en réglages maximum avec une jouabilité excellente. Quelques textures paraissent parfois moins détaillées, sans doute en raison du GPU maison, mais rien qui gâche l'expérience.

Côté photo, le capteur arrière de 50 Mpx, associé à un système de mesure des couleurs baptisé True-to-Colour, délivre de très bons résultats, y compris en faible luminosité, avec une bonne gestion de la lumière et un niveau de détail élevé. Le capteur frontal de 12 Mpx convainc lui aussi, avec peu de bruit et un bon piqué, malgré un lissage parfois trop agressif. Les deux caméras filment jusqu’en 4K à 60 images par seconde, avec une très bonne qualité à l’arrière, mais une forte montée du bruit à l’avant dès que la lumière vient à manquer. La tablette embarque quatre microphones de bonne qualité, même si l’enregistrement semble davantage mono que véritablement stéréo. Pour une tablette, l’ensemble est malgré tout convaincant pour la plupart des usages.

Une restitution fidèle des couleurs ©Mathieu Grumiaux
Le capteur 50 mégapixels offre un joli niveau de détails ©Mathieu Grumiaux
On voit même les traces ©Mathieu Grumiaux
Caméra selfie ©Mathieu Grumiaux

Logiciel et IA : HarmonyOS convainc, l’écosystème impose un détour

La MatePad Pro Max tourne sous HarmonyOS 4.3, dans sa version internationale. Une mise à jour m’attendait dès la réception, et je n’ai constaté aucun plantage durant toute la période de test. L’interface est fluide, très réactive et particulièrement complète : dock personnalisable, widgets, thèmes, mode Ebook, résolution intelligente et une collection d’applications maison. Huawei soigne aussi le volet productivité avec la suite WPS Office, l’application de dessin GoPaint et Huawei Notes, capable d’importer des documents et de retravailler l’écriture manuscrite grâce à l’IA.

Une interface très habituelle qui se prend rapidement en main ©Mathieu Grumiaux

Le revers de cette richesse, c’est une interface qui paraît parfois chargée, en raison des nombreuses applications préinstallées et des alternatives maison aux services Google. Car c’est là que tout se joue : la tablette ne dispose toujours pas des services de Mountain View. L’AppGallery de Huawei propose une partie des applications courantes, mais certaines se montrent peu stables, à l’image de France TV lors de mes essais.

La solution passe par GBox, une application tierce disponible dans l’AppGallery, qui permet d’installer le Play Store et MicroG, puis de gérer les mises à jour. Le résultat est bluffant : les applications du Play Store se sont montrées pleinement fonctionnelles, et même plus stables que certaines de leurs équivalents installés via l’AppGallery. Netflix fonctionne parfaitement, ce qui n’allait pas de soi. YouTube s’est en revanche limité au 1080p pendant mes tests, une restriction probablement liée à MicroG. Cette gymnastique demeure une étape supplémentaire, que le propriétaire d’un iPad ou d’une Galaxy Tab n’aura jamais à effectuer.

GBox, la rustine permettant a la MatePad Pro Max d'accepter les apps Android ©Mathieu Grumiaux

Sur le terrain de l’IA, Huawei intègre plusieurs fonctions. AI Search permet de chercher dans les applications et l’historique, avec des suggestions d’applications, mais s’est montré instable par moments. AI Lens scanne les QR codes, traduit du texte et reconnaît les éléments visuels. L’assistant vocal, baptisé Celia, comprend correctement les demandes et parle français. Cependant, sa voix est peu agréable, ses fonctions restent limitées et la conversation continue ne convainc pas : il s’est montré incapable de gérer certaines demandes de suivi pourtant simples.

Et hop, YouTube en natif sur une tablette Huawei ©Mathieu Grumiaux

Pour la sécurité, enfin, Huawei propose la reconnaissance faciale (basique, sans système de capture 3D), un lecteur d’empreintes sur la touche de démarrage/mise en veille et le déverrouillage par appareil de confiance. C’est suffisant.

Autonomie et recharge : une batterie endurante et rapide à remplir

La batterie de 9 760 mAh relève le défi d’alimenter une si grande dalle dans un châssis aussi fin. Huawei annonce 13,6 heures de lecture vidéo locale, et mon test sous PCMark va dans le même sens : près de 12 heures d’utilisation continue, avec encore environ 20 % de batterie à la fin. Pour un écran de 13,2 pouces, c’est un excellent résultat.

12 heures d'autonomie, et il reste encore du jus ©Mathieu Grumiaux

La recharge appelle, en revanche, une mise en garde. La MatePad Pro Max accepte jusqu’à 66 W en charge rapide, mais à deux conditions : disposer du câble SuperCharge de la marque et d’un adaptateur compatible. La version 512 Go que nous avons testée dispose de son bloc secteur 100 W (bien plus que la charge maximale de la tablette), en plus du câble USB-C de rigueur. Selon nos constatations, il faut environ 30 minutes pour la recharger à 65 % avec l’accessoire, et un peu moins d’une heure pour une charge complète. Petit bonus appréciable en revanche, la tablette peut recharger un smartphone en filaire jusqu’à 40 W, de quoi dépanner en déplacement.

Une précision, et de taille : la fiche du constructeur précise que le chargeur est vendu séparément. Il est donc très probable que vous deviez repasser à la caisse pour vous équiper d’un accessoire compatible afin de profiter de la charge rapide.

Huawei MatePad Pro Max : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
8 / 10

La MatePad Pro Max est une démonstration. De savoir-faire industriel d'abord, avec un châssis de 4,7 mm qui ne sacrifie ni la rigidité ni la finition. De maîtrise de l'affichage ensuite, car l'écran OLED PaperMatte est l'un des plus agréables qu'il m'ait été donné d'utiliser sur une tablette. Ajoutez une réactivité sans faille, une chauffe quasi inexistante et une autonomie solide, et vous obtenez un objet qui n'a, matériellement, presque rien à envier à personne. C'est d'autant plus rageant que le clavier soit cantonné au QWERTY, un frein pour une utilisation professionnelle.

C'est, comme toujours avec Huawei, côté logiciel que l'équation se complique. La marque a réussi l'exploit de faire plus fin que l'iPad Pro, pas celui de rendre l'installation d'une application aussi simple. GBox fait des merveilles pour profiter de l'écosystème Android, mais reste un détour que la concurrence n'impose pas, certaines applications de l'AppGallery manquent de stabilité, et l'assistant vocal accuse un sérieux retard de maturité.

Pour qui accepte ces détours, la MatePad Pro Max s'impose comme l'une des tablettes les plus impressionnantes du moment, en particulier pour la lecture, le multimédia et le travail sur écran. Mais face à un iPad Pro ou une Galaxy Tab S11 qui livrent leur écosystème clé en main, combien d'acheteurs accepteront de troquer la simplicité contre quelques dixièmes de millimètre ?

Les plus
  • Écran OLED PaperMatte exceptionnel
  • Finesse record et fabrication irréprochable
  • Réactivité remarquable et chauffe maîtrisée
  • Autonomie solide pour un écran de 13,2 pouces
  • Recharge rapide
Les moins
  • Détour obligatoire par GBox pour l'écosystème Android
  • Applications AppGallery parfois instables
  • Assistant vocal encore immature
  • Dialogues trop secs sur les haut-parleurs
  • Clavier en QWERTY
Sous-notes
Design et fabrication
9
Écran
10
Performances
8
Logiciel
7
Photo et vidéo
8
Autonomie
9

Fiche technique Huawei MatePad Pro Max

Résumé
ProcesseurKirin T93 Pro
Mémoire vive (RAM)12Go
Type d'écranLED tactile
Type de DalleOLED
Taille d'écran13.2
Mémoire interne512Go
Système d'exploitation
Système d'exploitationHarmonyOS
Version du système d'exploitation4.3
Assistant vocalCelia
Performance
ProcesseurKirin T93 Pro
Nombre de cœurs CPU9
Fréquence CPU3.75GHz
Mémoire vive (RAM)12Go
Affichage
Type d'écranLED tactile
Type de DalleOLED
Taille d'écran13.2
Stockage
Mémoire interne512Go
Stockage externeAucun
Batterie
Autonomie13h
Type de batterieLithium-ion
Batterie amovibleNon
Capacité9760 mAh
Charge rapideOui
Recharge sans-filNon
Appareil photo
Caméra50 Mpx
Nombre de capteurs1
Flash avantNon
Flash arrièreOui
Stabilisation d'imageAucune
HDROui
Connectivité
Wi-FiOui
Norme Wi-FiWi-Fi 7
BluetoothOui
Norme BluetoothBluetooth 6.0
Compatible réseau cellulaireSans SIM
Équipement
Connecteurs disponiblesPort USB-C
Nombre haut-parleur6
AccéléromètreOui
Lecteur biométrique à empreinte digitaleOui
Système de reconnaissance facialeOui
Caractéristiques physiques
Hauteur289.34mm
Largeur196.34mm
Profondeur4.7m
Poids509g
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