Déjà la quatrième génération de la caméra stabilisée de poche de DJI, et sur le papier, la plus ambitieuse : 4K/240fps, D-Log 10 bits natif, 37 mégapixels, 107 Go de stockage intégré.

© Colin Golberg
© Colin Golberg

L’Osmo Pocket 3 était déjà une caméra de poche vraiment convaincante : capteur 1 pouce, écran OLED rotatif, stabilisation 3 axes irréprochable. Mais elle traînait aussi quelques frustrations : une photo limitée à 9,4 mégapixels, une gestion des basses lumières perfectible, un USB 2.0 d’un autre âge pour transférer des rushes 4K, et des micros intégrés en retrait face à la concurrence. Deux ans et demi plus tard, DJI annonce avoir corrigé le tir sur tous les fronts. Promesse tenue ? Après plusieurs jours de tournage intensif, en intérieur comme en extérieur, voici notre verdict complet.

La DJI Osmo Pocket 4 sera disponible en France à partir du 22 avril 2026 (précommandes ouvertes dès maintenant) en trois configurations : Essentiel à 479 € (caméra, câble, poignée, pochette), Standard à 499 € (+ pince nacelle et dragonne) et Créateur Combo à 619 € (+ grand-angle, DJI Mic 3, lumière d'appoint, mini trépied et sac de transport).

Les plus
  • D-Log 10 bits natif et plage dynamique élargie
  • Ralenti 4K/240fps propre et exploitable
  • 107 Go de stockage intégré + USB 3.1
  • ActiveTrack 7.0
  • Micros intégrés qui s'améliorent
Les moins
  • Coque rigide de protection disparue
  • Zoom 4x numérique inexploitable

Un design identique, une ergonomie repensée

Posée à côté de la Pocket 3, la Pocket 4 est un copier-coller. Quelques millimètres de plus (144,2 × 44,4 × 33,5 mm contre 139,7 × 42,2 × 33,5 mm), 11 grammes de différence (190,5 g contre 179 g), et c’est tout. Si quelqu’un vous les échange sans prévenir, vous ne remarquerez rien. Le format a fait ses preuves, DJI ne touche pas à ce qui marche, et on ne va pas le leur reprocher, la Pocket 3 tenait déjà parfaitement en main.

Vidéo horizontale ou verticale, vous avez le choix ! © Colin Golberg

Les vraies nouveautés se nichent dans les détails. Deux boutons apparaissent sous l’écran : un zoom physique qui bascule entre les paliers 1x, 2x et 4x (le zoom continu via tactile et joystick est toujours là), et un bouton programmable qu’on peut assigner à n’importe quelle fonction. En pratique, le bouton zoom est celui qu’on utilise le plus — au pouce, sans réfléchir, pendant qu’on cadre. Après quelques heures avec, revenir à la Pocket 3 donne l’impression de perdre un doigt.

L’écran OLED 2 pouces passe de 700 à 1000 nits et couvre désormais 100 % du P3, contre 70 % sur la Pocket 3. L’upgrade existe, mais soyons honnêtes : on ne l’a pas ressenti au quotidien. La Pocket 3 était déjà parfaitement lisible en plein soleil.

La coque de protection : la grosse régression

C’est LA déception de cette génération, et il faut en parler clairement. L’Osmo Pocket 3 incluait une coque rigide de protection dès le modèle de base : un vrai étui qu’on pouvait laisser en place au quotidien pour protéger l’objectif, l’écran et la nacelle. Sur la Pocket 4, cette coque a disparu. Totalement. Ni dans le pack essentiel ou standard, ni même dans le Creator Combo à 619 €. DJI la remplace par un simple clip aimanté en plastique (uniquement dans les packs standard et Creator Combo) qui se contente de bloquer la nacelle pour le transport. Pour une vraie protection, il faut ranger l’appareil dans la housse en tissu, nettement moins pratique quand on veut garder la caméra sous la main entre deux prises. C’est incompréhensible, et c’est la seule véritable régression de cette Osmo Pocket 4. Et pire, la coque de l’Osmo Pocket 3 n’est pas compatible avec la Pocket 4.

A gauche la Pocket 3 et son étui rigide, à droite la Pocket 4 avec son clip + housse. © Colin Golberg

Le Creator Combo : cohérent malgré tout

Le Creator Combo reste un ensemble bien pensé : DJI Mic 3 (émetteur), objectif grand-angle, mini trépied, sac de transport, et surtout une nouvelle lumière d’appoint aimantée (trois niveaux de luminosité, trois températures de couleur) qui se clippe sur la nacelle et rend service en intérieur. Ce n’est pas un panneau LED pro, mais pour un face-caméra ou un vlog en lumière faible, ça dépanne intelligemment.

Le contenu du Creator Combo (il y a également une lentille grand-angle et un cable usb-c) © Colin Golberg

Vidéo : une belle évolution, mais pas de révolution

C’est ici que la Pocket 4 justifie son existence, et les évolutions ne sont pas cosmétiques. Que ce soit le profil colorimétrique, le ralenti, le zoom ou la gestion de la basse lumière, DJI a travaillé sur toute la chaîne.

D-Log 10 bits natif : le game changer

Si on ne devait retenir qu’une évolution, ce serait celle-là. La Pocket 3 proposait du D-Log M et du HLG, tous deux en 10 bits. La Pocket 4 abandonne le HLG et passe au vrai D-Log — celui qu’on retrouve sur les caméras professionnelles DJI. La différence n’est pas subtile : 14 stops de plage dynamique, une latitude en post-production incomparablement plus large que le D-Log M, et des résultats en conversion HDR qui sont, on pèse nos mots, magnifiques.

On a testé en contre-jour avec une fenêtre en arrière-plan : là où la Pocket 3 cramait les hautes lumières sans discussion, la Pocket 4 conserve le détail à l’extérieur tout en gardant des ombres propres à l’intérieur. Pour quiconque fait de l’étalonnage, c’est la raison numéro un d’upgrader.

4K/240fps : le ralenti qui en jette

Le ralenti double la cadence de la Pocket 3 (4K/120fps à 4K/240fps). En conditions réelles, le résultat est propre — mouvements fluides, détails conservés, pas d’artefacts visibles. Ce n’est pas un gadget marketing : c’est un vrai ralenti exploitable en production, qui tient la comparaison avec des caméras autrement plus encombrantes et onéreuses. Pour de l’action, du sport ou des plans cinématiques, c’est un outil qu’on a envie de sortir à chaque tournage. Le débit binaire grimpe d’ailleurs à 180 Mbps (contre 130 Mbps), toujours en HEVC H.265, ce qui se ressent dans la richesse des textures et la tenue des détails en post-production.

Zoom : excellent en 2x, oubliable en 4x

La Pocket 4 propose un zoom sans perte 2x en 4K et un zoom numérique 4x en 1080p. Le 2x est une franche réussite : qualité excellente, transition transparente depuis le 1x, aucune perte visible en netteté ou en contraste. C’est le sweet spot de cette caméra, et le nouveau bouton physique dédié rend son utilisation fluide et instinctive au quotidien.

Le 4x, c’est une autre histoire. La résolution chute, l’image pixelise, les détails fondent. Exploitable pour une story Instagram, pas pour de la vidéo qu’on veut montrer sur un écran digne de ce nom. Pour un vrai zoom qualitatif au-delà du 2x, il faudrait une double optique. On espère que la Pocket 5 franchira le pas, mais pour l’heure, on se contente du 2x et c’est déjà très bien.

Basse lumière : du progrès, pas de miracle

La basse lumière était le talon d’Achille de la Pocket 3 : dégradation visible dès 3200 ISO, résultats franchement gênants à 6 400. La Pocket 4 monte à 12 800 ISO en vidéo standard et 25 600 en mode Low-Light dédié. À ISO équivalent, il y a une vraie amélioration — c’est indéniable. Le mode Low-Light intègre un traitement de réduction du bruit logiciel efficace, et une option supplémentaire baptisée « Amélioration de l’image à faible luminosité », disponible uniquement en 4K/30fps, permet de lisser le bruit résiduel avec des résultats tout à fait corrects.

L'éclairage LED est aussi pratique qu'efficace. © Colin Golberg

En pratique, on a calé notre ISO max à 800 en 4K/60fps pour un résultat propre et exploitable. Avec l’option d’amélioration activée en 4K/30fps, on peut monter sans souci jusqu’à 12 800 ISO. C’est un progrès significatif qui rend la Pocket 4 utilisable dans des conditions de lumière où la Pocket 3 livrait des images inexploitables. Mais ne nous emballons pas : le capteur 1 pouce a ses limites physiques, et aucun algorithme ne transformera la Pocket 4 en caméra de nuit. C’est un progrès réel, pas une révolution.

Stabilisation et suivi : la routine de l’excellence

La nacelle 3 axes des Pocket est une valeur sûre depuis trois générations, et la quatrième ne déroge pas à la règle. On a couru, monté des escaliers, changé de direction brutalement : l’image reste stable, sans micro-saccades, avec une fluidité qui force le respect pour un appareil de cette taille. Le mode « Compensation de la respiration », introduit sur la Pocket 3, est toujours là et fait son travail en discrétion. On n’a pas constaté d’amélioration flagrante par rapport à la Pocket 3, mais quand on part d’un niveau déjà excellent, c’est plutôt rassurant que préoccupant.

L’ActiveTrack 7.0, en revanche, marque un vrai progrès. On l’a poussé dans ses retranchements : zooms pendant le suivi, sujets qui se croisent, mouvements rapides, changements de direction abrupts. Résultat : la Pocket 4 n’a jamais décroché. Jamais. Le suivi fonctionne même pendant les zooms, ce qui n’était pas toujours garanti sur la Pocket 3, et on peut enregistrer jusqu’à 3 visages en mémoire pour un suivi personnalisé.

DJI ajoute un contrôle gestuel : paume ouverte ou signe en V pour déclencher le tracking à distance. Ça fonctionne, c’est techniquement impressionnant, et ça s’arrête là. On l’a testé trois fois, on a trouvé ça amusant, puis on ne l’a plus jamais utilisé.

Mon visage est bien identifié. © Colin Golberg

Audio : enfin à la hauteur

C’était un point faible récurrent de la gamme Pocket : les micros intégrés étaient en retrait face à la concurrence, GoPro en tête. La qualité de captation n’était tout simplement pas au niveau de ce que la Pocket 3 proposait en vidéo, et c’était frustrant de devoir systématiquement sortir un micro externe pour obtenir un résultat acceptable. La Pocket 4 corrige enfin le tir. Les trois microphones intégrés offrent une captation stéréo omnidirectionnelle nettement améliorée : plus claire, plus définie, avec un meilleur rendu des voix et une meilleure séparation des sources.

Pour ceux qui veulent aller plus loin, le DJI Mic 3 (inclus uniquement dans le Creator Combo à 619 €) est un bijou de miniaturisation. Ultra-compact, appairage instantané avec la Pocket 4, captation excellente avec ou sans bonnette anti-vent. On l’a testé en intérieur calme comme en extérieur venté lors de notre séjour en Chine, et le résultat est sans appel : c’est du son de qualité professionnelle dans un émetteur qui tient dans la paume de la main. Si votre budget le permet, le Creator Combo prend tout son sens grâce à lui.

Stockage, transfert et autonomie : les upgrades du quotidien

La Pocket 4 embarque 107 Go de stockage intégré (la Pocket 3 n’en avait pas du tout), il fallait obligatoirement une microSD. Carte oubliée à la maison, carte pleine en plein tournage, envie de filmer un truc sur un coup de tête sans avoir préparé son matériel : les 107 Go sont là, toujours disponibles.

Le passage à l’USB 3.1 (800 Mo/s théoriques, contre 20-30 Mo/s en USB 2.0 sur la Pocket 3) transforme littéralement le workflow. Là où transférer une heure de rushes 4K sur la Pocket 3 relevait de l’exercice de patience, la Pocket 4 expédie le tout en une fraction du temps. C’est peut-être l’amélioration la plus appréciable au quotidien, même si c’est la moins spectaculaire sur une fiche technique. Le Wi-Fi 6 complète le dispositif avec des transferts sans fil annoncés à 90 Mo/s, pratique pour un transfert rapide vers un smartphone.

L’autonomie progresse de 45 % grâce à une batterie de 1545 mAh (contre 1300 mAh) : DJI annonce 240 minutes en 1080p/24fps, et nos observations en conditions réelles sont cohérentes avec cette promesse. La charge rapide atteint 80 % en 18 minutes, assez pour qu’on n’ait jamais eu à planifier nos prises autour du niveau de batterie. Le Creator Combo ajoute une poignée batterie de 950 mAh qui se clippe sous la caméra : avec les deux, l’angoisse de l’autonomie disparaît complètement, même sur une journée de tournage chargée.

Photo et fonctionnalités logicielles

La Pocket 3 plafonnait à 9,4 mégapixels en photo : un point régulièrement et légitimement critiqué, qui limitait sérieusement l’intérêt de l’appareil pour autre chose que de la vidéo. La Pocket 4 passe à 37 Mpx (7680 x 4320), soit quatre fois la résolution. Le capteur 1 pouce amélioré délivre des images détaillées avec une bonne plage dynamique, et surtout la résolution permet enfin de recadrer sans tout perdre. Ajoutez à cela la possibilité de shooter en RAW, et la Pocket 4 devient un compagnon photo crédible pour de l’instantané.

Le mode 33 MPX offre des clichés convaincants. © Colin Golberg

Côté logiciel, DJI ajoute quelques fonctionnalités qui ciblent clairement les créateurs de contenu. Film Tone propose une série de LUTs cinématiques applicables en direct lors de l’enregistrement (utile pour ceux qui publient sans passer par un logiciel de post-production). Les rendus sont plutôt réussis et donnent un vrai cachet à l’image sans effort. Le live streaming est toujours de la partie, comme sur la Pocket 3, avec un support des principales plateformes. Rien de révolutionnaire sur ce front, mais l’ensemble logiciel est complet et ne laisse pas de trous dans la raquette.

DJI Osmo Pocket 4 : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
9 / 10

La Pocket 4 ne révolutionne pas la formule, mais elle n'en avait pas besoin. Le D-Log 10 bits natif, le ralenti 4K/240fps et la plage dynamique élargie font passer la qualité d'image un cran au-dessus. Le stockage intégré de 107 Go, l'USB 3.1 et l'autonomie en hausse de 45 % transforment le confort d'usage. Les micros intégrés corrigent enfin un défaut historique de la gamme, et l'ActiveTrack 7.0 est d'une fiabilité sans faille.

Seul vrai grief : la disparition de la coque rigide de protection, présente dès le modèle de base sur la Pocket 3, absente de tous les packs Pocket 4. Incompréhensible.

Faut-il l'acheter ? Depuis une Pocket 2 ou plus ancien, le saut est considérable, foncez. Depuis une Pocket 3, l'upgrade se justifie si vous faites de la post-production, si le ralenti 4K/240fps vous parle, ou si le transfert USB 2.0 vous rend fou, sinon gardez-la. Et pour un premier achat, c'est tout simplement la meilleure caméra stabilisée de poche du marché, sans concurrence réelle.

Les plus
  • D-Log 10 bits natif et plage dynamique élargie
  • Ralenti 4K/240fps propre et exploitable
  • 107 Go de stockage intégré + USB 3.1
  • ActiveTrack 7.0
  • Micros intégrés qui s'améliorent
Les moins
  • Coque rigide de protection disparue
  • Zoom 4x numérique inexploitable