Un nombre croissant d'ados a recours à la chirurgie pour ressembler aux filtres Snapchat

03 août 2018 à 20h13
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snapchat

La tendance est à la dysmorphophobie. De plus en plus d'utilisateurs ont recours à la chirurgie esthétique de façon pour que leur visage ressemble aux filtres du réseau social.

Dans un article tiré de la revue de l'American Medical Association, 3 médecins s'inquiètent des nouvelles tendances de chirurgie plastique liées à Snapchat. Tous évoquent la dysmorphophobie Snapchat, qu'ils définissent comme la peur d'être « laid ou difforme », mais surtout la « poursuite d'une perfection impossible ».

Pour rappel, l'American Academy of Facial and Reconstruction Plastic Surgery indiquait, en 2017, que 55% des médecins avaient déjà évoqué le fait qu'un patient souhaitait une chirurgie pour « être mieux sur leurs selfies ».

« Une version fantasmée d'eux-mêmes »



Quant aux filtres Snapchat (et Instagram), ils sont quotidiennement utilisés par des millions d'utilisateurs qui en profitent pour s'amuser, se déguiser, et aussi effacer subtilement les petites imperfections de leurs visages. Dans les Stories des influenceurs, ces derniers s'adressent à leur communauté affublés d'une paire d'oreilles de chat ou de collier de fleurs, transformant ces images en une réalité devenue normative. De fait, la perception a évolué au point de modifier les tendances de la chirurgie esthétique. Comme l'explique le Dr Neelam Vashi, principale auteure de l'étude : « Les gens apportent des photos d'eux sous un certain angle, ou avec une certaine lumière (...) Je vois tellement d'images surréalistes, qui créent des attentes impossibles, car les patients essayent de ressembler à une version fantasmée d'eux-mêmes ».

Si les challenges tels que le Kylie Jenner challenge (reproduire les lèvres gonflées de la jeune américaine) ou le A4 challenge (faire tenir sa taille derrière une feuille A4) étaient déjà considérés comme dangereux, ils avaient l'avantage de ne pas inclure d'opération chirurgicale.

Comme le précise le Dr Neelam Vashi, de plus en plus de patients intéressés par ces opérations sont désormais renvoyés vers un service psychologique plutôt que la chirurgie. Une pratique pour éviter que la dysmorphophobie ne s'accentue.
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