Objets connectés : la course de vitesse aux réseaux dédiés

TP avec Relaxnews/AFP
24 février 2016 à 12h12
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Comment faire fonctionner un réseau qui servira aux innombrables objets connectés qui vont déferler ? Le marché est en devenir et de la start-up au grand groupe, plusieurs acteurs se livrent une course acharnée à l'issue incertaine, dans la mesure où les standards ne sont pas définis.

Voitures, réfrigérateurs, machines-outils... plusieurs dizaines de milliards d'objets connectés sont attendus dans les prochaines années, selon différentes estimations. Parmi eux, un grand nombre seront équipés de capteurs de toutes sortes et auront besoin d'un réseau longue portée et basse consommation.

« Pour l'heure, le marché est assez résiduel mais cela va évoluer peu à peu, en particulier lorsque l'industrie traditionnelle entrera dans la transformation numérique », explique Emmanuel Mouton, PDG de la start-up montpelliéraine Synox, spécialisée dans la mobilité et les objets connectés, présente au Congrès mondial de la téléphonie mobile (MWC) de Barcelone.

Pour les accueillir, plusieurs acteurs, de la start-up à l'association de grands groupes, ont développé des technologies permettant de proposer des réseaux à bas coûts pour connecter des objets consommant peu de bande passante et d'énergie.


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« On trouve plusieurs technologies pour répondre à ce besoin, on en recense entre 15 et 20. Et elles visent toutes le même marché, le suivi intelligent et la ville connectée mais, bien que l'on puisse voir quelques débouchés, cela reste limité à l'heure actuelle », détaille Samuel Ropert, spécialiste de l'internet des objets à l'Idate, think tank de l'économie numérique et des télécommunications.

Chacun ambitionne de devenir rapidement la référence, sous peine de disparaître avant même que la demande ne prenne son envol.

Beaucoup ne survivront pas



« C'est une course qui est en partie médiatique car aucun de ces acteurs n'est un standard pour l'heure mais tous aspirent à le devenir au moins de facto. Il est évident que, d'ici cinq ans, beaucoup n'auront pas survécu, il leur faut donc convaincre dès maintenant », ajoute M. Ropert.

D'autant que, de plus en plus, des alternatives commencent à se former, qui viennent en concurrence frontale avec les solutions proposées par les créateurs et opérateurs de réseaux dédiés.

« Vous avez de grandes entreprises qui posent leurs propres réseaux afin d'être autonomes sur cet aspect et maîtriser leur flux de données. Du côté des collectivités, il y a une volonté de disposer de leur propre réseau, dans la perspective de la ville intelligente, plutôt que de voir plusieurs réseaux se déployer », indique M. Mouton.

Ainsi, au Royaume-Uni, c'est le régulateur qui a imposé l'utilisation d'une technologie particulière pour les compteurs intelligents, fermant ainsi le marché.

Adaptation facile des grands groupes



Pour les grands groupes, gérer son propre réseau s'intègre dans un programme de renouvellement plus large de leurs équipements, l'installation d'un réseau dédié ne représentant qu'une fraction de l'investissement global, ce qui la rend parfaitement supportable.


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Un choix fait par exemple par le groupe français Veolia qui dispose de sa propre filiale, M2ocity, avec sa propre technologie afin de gérer sa flotte de compteurs d'eau intelligents, et la développe également vers la ville connectée.

« Le groupe dispose de son propre réseau depuis une dizaine d'années mais a créé sa filiale en remportant en 2010 le contrat du syndicat des eaux d'Île-de-France, un des plus gros d'Europe. La volonté a été d'industrialiser le télérelevé de nos compteurs d'eau », explique ainsi Elise Feuillepain, PDG de M2ocity.

Pire, les acteurs spécialisés risquent de voir apparaître une nouvelle concurrence, celle des opérateurs de télécom, qui développent de nouvelles technologies pour adapter aux objets connectés leurs réseaux largement implantés. C'est déjà le cas d'Orange et de Bouygues Telecom, qui déploient un réseau basé sur la technologie LoRa.

En attendant l'arrivée de la 5G



En ce sens, les travaux réalisés autour du LTE-M, la 3G adaptée aux machines, ou le NarrowBand-IoT (NB-IoT), technologie à bas coût pour des objets connectés de longue durée de vie, comme les capteurs, pourraient largement rebattre les cartes. Et la 5G qui se profile pour 2020 vise à connecter tant les humains que les objets.

Samuel Ropert conclut : « Il y a actuellement une fenêtre de tir à ne pas rater car tous ne survivront pas. Et pour ceux qui resteront dans les cinq ans à venir, le NB-IoT ou le LTE-M décanteront pas mal de choses, avec une technologie qui sera tout de suite globale et normée. »


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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