Test TicWatch C2 : elle donne l’heure, mais n’en demandez pas plus

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Le 06 décembre 2018
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La note de la rédac
Sur un marché ultra dominé par Xiaomi, Samsung et Apple, rares sont les marques à encore tenter l'aventure de la smartwatch. C'était sans compter sur Mobvoi, une start-up chinoise qui lancera, jeudi 6 décembre, sa première montre connectée sur le marché européen. Nous avons eu l'occasion de tester la TicWatch C2 au cours des dernières semaines, et vous livrons ici nos impressions ... mitigées.

Mise à jour du 11/12/2018 :
Ajout de l'information concernant la présence d'un adaptateur secteur dans les versions commerciales de la TicWatch C2 et des mises à jour futures concernant la traduction des applications Mobvoi.


Bien implantée dans l'Empire du Milieu, Mobvoi est un illustre inconnu sur le Vieux Continent. La marque chinoise dispose pourtant d'une large gamme de wearables dans sa contrée d'origine, et se spécialise plus récemment dans l'intelligence artificielle par le biais de son assistant personnel maison.

Seulement voilà : sur un marché dévoré en quasi-intégralité par Apple (Apple Watch), Samsung (Gear), Xiaomi (Mi Band 3) et FitBit, reste-t-il une place au poignet du consommateur pour accueillir un nouveau venu, que l'on ne peut s'empêcher de regarder avec la même méfiance que ce type trop sûr de lui qui s'incruste à une soirée entre potes ?

La réponse pourrait être oui. Mais vous l'aurez compris : elle est plutôt non.

TicWatch C2 : fiche technique

Sobre, la TicWatch C2 est la déclinaison urbaine de la TcWatch Pro, sortie un peu plus tôt cette année. Une toquante de moyenne gamme, qui dispose très logiquement d'un bagage technologique moins généreux que sa grande soeur.

La TicWatch C2, c'est :
  • Un écran AMOLED de 1,3" doté d'une définition de 360x360 (42mm)
  • Un SoC Snapdragon Wear 2100
  • Une batterie de 400 mAh
  • 512 Mo de RAM
  • 4 Go de stockage interne
  • Bluetooth 4.1
  • Wi-Fi 802.11 b/g/n
  • GPS + GLONASS + Beidou
  • NFC compatible Google Pay
  • Certifié IP68
La montre tourne sous Wear OS dans sa version 2.0, et dispose bien entendu de tout l'attirail de capteurs que l'on peut espérer trouver dans une smartwatch en 2018, à savoir accéléromètre, gyroscope et capteur de fréquence cardiaque.

Notons par ailleurs que si la montre est certifiée IP68 contre l'immersion et la poussière, elle n'est absolument pas prévue pour des entraînements de natation. Elle conviendra pour les coureurs les plus vaillants voulant braver la pluie, mais ne saurait résister à une immersion prolongée.

La TicWatch C2 sera disponible à partir du 6 décembre pour 199€ dans les coloris noir (Onyx), gris (Platinum) et rose (Rose Gold), dont ce dernier a la particularité de disposer d'un bracelet plus fin, de 18 mm contre 20 mm sur les autres modèles. Elle est fournie avec un câble USB sur lequel est fixé le socle de recharge. La version qui nous a été fournie par Mobvoi ne contenait pas d'adaptateur secteur, mais la marque nous confirme que les versions commerciales en contiendront bien une.

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Images promotionnelles. © Mobvoi



Un design qui n'est pas à la hauteur de son prix

Qu'on se le dise immédiatement : nous ne serions pas aussi sévères avec la TicWatch C2 si elle avait le bon goût de coûter 50€ moins cher. Affichée à 199€, la montre de MobVoi s'imagine en alternative d'une Samsung Gear S3 ou Sport, sans jamais s'approcher ni de ses performances (sur lesquelles nous reviendrons), ni de son niveau de finitions.

Ainsi la TicWatch C2 dispose d'un boîtier en inox pour sa partie supérieure, et en plastique de pauvre facture sur la partie collée au poignet.

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Les faces avant et arrière de la TicWatch C2. © Pierre Crochart pour Clubic

On trouve sur ce boîtier deux boutons d'interaction sur sa face droite, dont le premier dispose d'un point de couleur orange pour le différencier du second. Entre eux est disposé un petit microphone qui, peu importe le niveau sonore auquel vous débiterez vos requêtes, n'en aura cure.

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Les deux boutons sont situés sur la partie droite de la montre. © Pierre Crochart pour Clubic

En cuir véritable (véganes s'abstenir), le bracelet n'est pas d'un standing remarquable. Pire, il semble fragile, tout comme le sont les passants chargés d'en retenir la pointe. Par chance, Mobvoi a jugé bon de rendre ses bracelets interchangeables, ce qui laisse imaginer que d'autres déclinaisons plus agréables à l'oeil feront leur apparition dans les prochaines semaines.

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Les bracelets sont interchangeables. © Pierre Crochart pour Clubic

La face inférieure de la montre n'a rien de particulier à nous montrer, si ce n'est son capteur de fréquence cardiaque situé en son centre, et le port magnétique permettant à la C2 d'être rechargée via son socle.

Un écran pauvrement défini et peu réactif

Attaquons le vif du sujet. L'écran de 42mm de la TicWatch C2 n'est pas formidable. Il a beau être de type AMOLED, l'affichage des différentes informations et la navigation dans WearOS est rarement agréable lorsque l'on s'approche un tant soit peu de son poignet.

La faute, en premier lieu, à une densité de pixels trop faible pour un rendu harmonieux. Lire un article sur un smartphone doté d'une résolution HD+ ou supérieur, puis consulter une information sur la TicWatch C2 ne manquera pas de vous piquer la rétine tant le manque de finesse se fait ressentir.

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Les pixels sont très visibles sur l'écran de la montre. © Pierre Crochart pour Clubic

Second problème : le manque de réactivité de la dalle. Il m'est arrivé de devoir m'y reprendre à plusieurs fois -- façon grand-mère tape un SMS -- pour que la smartwatch prenne en compte mon interaction. Une faute qui n'est malheureusement pas imputable qu'à l'écran de la TicWatch C2, mais également à son attirail technologique bien daté.

De maigres performances heureusement rattrapées par une belle autonomie

La TicWatch C2 est équipée du Snapdragon Wear 2100 sorti ... il y a deux ans. Les moindres performances de la toquante de Mobvoi sont donc un euphémisme, d'autant qu'elle n'a que 512 Mo de mémoire vive pour l'aider dans ses tâches. Le choix du Snapdragon Wear 3100 aurait été bien plus judicieux.

Ce sous-régime se caractérise ainsi par des applications qui mettent 107 ans à se lancer, et notamment par des requêtes Google Assistant qui prennent des millénaires pour être traitées. Intégré nativement, l'assistant vocal de Google peut en effet être appelé par un appui long sur le bouton supérieur de la montre, ou en glissant vers la gauche sur l'interface. On trouve même dans les paramètres de la montre une option permettant d'appeler Google Assistant via un "OK Google". Chose qui ne fonctionne qu'une fois sur cinq environ, soit parce que le processeur est complètement à la ramasse, soit parce que le microphone est trop petit pour entendre quoi que ce soit.

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L'autonomie de la montre est honorable. © Pierre Crochart pour Clubic

Mais heureusement, tout n'est pas si catastrophique sous le capot. Et notamment du côté de l'autonomie -- honorable -- de la TicWatch C2. Sa batterie de 400mAh permet à la montre de tenir très confortablement une journée entière, et de chatouiller les deux journées si vous avez l'habitude de la passer en mode avion lorsque vous ne l'utilisez pas. En utilisation intensive, comme en entraînement sportif, il faudra plutôt compter sur une journée maximum d'utilisation. La recharge s'effectue quant à elle plutôt rapidement, mais cela dépendra beaucoup de l'adaptateur secteur que vous utiliserez car, rappelons-le, aucun n'est fourni avec la montre.

WearOS agréable, mais intégration parfois douloureuse

Compatible aussi bien avec un iPhone qu'un smartphone Android, la TicWatch C2 vous demandera de passer par une étape de configuration préalable pendant laquelle vous devrez faire une croix sur toute espèce de notion de vie privée. Google (qui fournit l'OS) comme Mobvoi (qui fournit la montre), se montrent ainsi particulièrement gourmands en données personnelles, et vous demanderont (chacun !) l'accès à vos calendriers, contacts, géolocalisation et j'en passe. De quoi provoquer une syncope à votre Edward Snowden intérieur.

Du reste, il faut bien avouer que si, effectivement, la montre fonctionne avec un iPhone, l'intégration est bien mieux réussie en utilisant Android. Prenons par exemple le cas de l'application officielle Mobvoi. Sur iPhone, il m'a été impossible d'y appairer ma montre, alors que cela a pu être fait facilement via Android. La plupart des applications de fitness préinstallées dans la montre se révèlent ainsi inutilisables sur un smartphone Apple. Mais quand on voit le résultat, on se dit que ce n'est peut-être pas un mal.

En effet on parle d'une application (TicExercice) qui a aussi bien tendance à la déculpabilisation la plus agréable qu'à la sous-évaluation de vos efforts. Par exemple, j'ai passé une journée particulièrement physique aujourd'hui en me levant de ma chaise uniquement pour aller chercher du pain en face de chez moi. La montre m'affiche pas moins de 700 pas et - tenez-vous bien - 400 calories brûlées pour cet effort physique ! Dans le même temps, cette même application m'indique une combustion de près de 100 calories de moins que le capteur de la salle de sport que je fréquente pour une course tranquille de 30 minutes. Un calcul systématiquement dans les choux, donc, d'autant que la montre prend l'initiative de mettre l'exercice en pause en plein milieu de la course. Parce que pourquoi pas ?

Concernant la traduction de l'application :
La marque nous a confirmé travailler activement sur les soucis de traduction de ses applications. Une mise à jour future devrait régler définitivement les problèmes.

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À gauche, en allant chercher du pain ; à droite après 30 minutes de course à pieds. © Pierre Crochart pour Clubic

L'interface générale des applications fournies souffre elle aussi d'un manque criant de finitions. Sur Android, certaines fenêtres de l'application Mobvoi me demandaient ainsi mon consentement à la collecte de mes données personnelles en ... espagnol. La montre, enfin, m'invitait à "Terminé pour terminer" ma course pour enregistrer mes performances. Tout un programme.

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La traduction de l'interface laisse à désirer. © Pierre Crochart pour Clubic

TicWatch C2 : l'avis de Clubic

Coupons court au moindre suspens qu'il pourrait vous rester quant à notre verdict : non, la TicWatch C2 n'est pas une bonne smartwatch. Comme nous le disions plus haut dans ces lignes, elle pourrait être un produit acceptable si elle était proposée à 150€ maximum, mais en voulant se positionner au même niveau que certains ténors, et en n'en chatouillant jamais ni les performances ni le degré de finition, Mobvoi se tire une balle dans le pied.

L'entreprise chinoise pousse son laxisme au point de traduire à la va-vite l'interface de ses applications, interagissant avec vous tantôt en franglais, tantôt en espagnol. En cherchant un peu, on doit même pouvoir trouver des traces de mandarin quelque part. Applications qui, de toute manière, prodiguent des analyses au doigt mouillé ne reflétant jamais l'exactitude de vos efforts sportifs.

Mobilisant un hardware daté, au service d'un écran mal défini et peu réactif, Mobvoi signe avec sa TicWatch C2 un produit qu'il est inconcevable pour nous de recommander.

TicWatch C2

Les plus
+ Bonne autonomie
Les moins
- Écran mal défini
- Hardware vieillissant
- Interface peu réactive
- Applications mal traduites et à la ramasse
- Énormément de données personnelles collectées
- Finitions juste passables
- Adaptateur secteur non fourni
- Trop chère
Écran
Performances
Design
Autonomie
Rapport qualité-prix
2

Modifié le 11/12/2018 à 11h03

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