Test de la Boox Max 3 d’Onyx : une surprenante tablette Android avec un écran e-ink

Marc Mitrani
Expert Smarpthone
22 mars 2020 à 18h01
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La note de la rédac
Franchement, vous achèteriez une tablette équipée d'un écran monochrome ? Non, évidemment. C'est pourtant ce que propose Onyx avec la Boox Max3. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le produit est intéressant.

Car au lieu d'intégrer une dalle LCD, le constructeur a opté pour la technologie e-ink. On s'en doute, cela n'est pas sans conséquence sur l'affichage. Mais Boox Max3 n'est pas un produit comme les autres : plus sophistiquée qu'une simple liseuse, mais moins polyvalente qu'une tablette traditionnelle, il est conçu pour les inconditionnels du dessin, de la prise de notes ou pour les créatifs habitués à griffonner dès qu'une idée surgit.

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Fiche technique

Il n'existe qu'une seule version de la Max 3. Voici ses caractéristiques techniques :

  • Affichage : dalle E-Ink Mobius tactile (inductive + capacitive) de 13,3 '' ; 1650 × 2200 pixels 16 niveaux de gris ; 207 ppp, rafraîchissement partiel de type Snow Field
  • Processeur : 8-core, 2 GHz
  • RAM : 4 Go
  • Stockage : 64 Go (non extensible)
  • Stylet : technologie Wacom, 4096 niveaux de pression
  • Formats de fichiers supportés : TXT, HTML, RTF, FB2, FB2.zip, FB3, DOC, DOCX, PRC, MOBI, CHM, PDB, DOC, EPUB, JPG, PNG, GIF, BMP, PDF, DjVu, MP3, WAV3
  • Sans fil : Wifi 802.11 b/g/n ; Bluetooth 4.1
  • Audio : jack audio 3,5 mm, haut-parleur, micro intégré
  • Ports : USB 2.0, HDMI
  • Batterie : 4300 mAh LiPo non amovible
  • Système d'exploitation : Android 9 + surcouche propriétaire
  • Dimensions : 310 × 228 × 6,8 mm ; 490 g

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Design & ergonomie : simple et épuré

Avec des dimensions dépassant celles d'une feuille A4, Max3 est tout sauf un appareil de poche. Logique, puisqu'il n'est pas vraiment conçu pour cela. Son design s'inspire très largement de celui d'une tablette comme l'iPad Pro ancienne génération. L'imposante dalle e-ink de l'écran 13,3'' est entourée de larges bordures. On trouve sur le bord inférieur une touche « Home » équipée d'un lecteur d'empreintes. La face arrière, faite d'un métal teinté de blanc, laisse apparaître dans sa partie inférieure deux petites grilles laissant passer le son.

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Pas de caméra frontale ou dorsale, jugée ici inutile. Il est vrai que l'e-ink n'est pas exactement destiné à la reproduction de photos ou d'images animées... Signalons aussi la présence sur la face supérieure d'un voyant d'une touche de mise sous tension. Ne cherchez pas de d'emplacement acceptant une carte mémoire : il n'y en a pas. On pourra au besoin connecter un périphérique de stockage grâce au port USB-C logé à la base de la tablette, Onyx estimant que les 64 Go de mémoire flash intégrés doivent suffire en usage courant. On notera avec intérêt la présence d'un connecteur micro HDMI. Nous reviendrons plus loin sur son utilité.

On l'aura compris, la Max3 est un produit au design sobre. Si l'on regrette de prime abord l'absence d'emplacement micro SD, nous nous sommes rendu compte après deux mois de test que cela ne nous a jamais pénalisés. La raison est simple : la Max3 génère essentiellement des fichiers de petite taille (texte, PDF feuilles de calcul) ne nécessitant qu'un faible volume de stockage.

Affichage : comme une feuille de papier A4

On l'a évoqué précédemment, l'affichage est assuré par un écran à technologie e-ink, bien connue des utilisateurs de livres électroniques. Son fonctionnement est très différent de celui d'une dalle TFT ou OLED (voir encadré).

La Max3 embarque une une dalle e-ink de 13,3 '' (de dimensions très proches de celle d'une feuille A4) affichant 1650 × 2200 pixels. Elle est recouverte d'un film tactile embarquant la technologie de reconnaissance de pression Wacom (4096 niveaux détectés), permettant ainsi d'utiliser un stylet dépourvu d'alimentation électrique. La dalle gère 16 niveaux de gris, permettant ainsi l'affichage d'images agréables à l'œil.

Fait d'un plastique assez commun, le stylet fourni ne dispose pas de bouton latéral et il faudra se contenter de l'extrémité supérieure que l'on utilisera comme gomme électronique. Sa pointe peut être remplacée len cas d'usure On regrette qu'il soit impossible de fixer le stylet à la tablette lorsqu'on ne l'utilise pas. Pourquoi ne pas avoir adopté un mécanisme d'aimants comme le font Samsung, Huawei et Apple ? Ou même avoir créé un logement dans la tablette à la manière de ce que proposer le Galaxy Note 10 ? Seule alternative, acquérir la housse de protection optionnelle qui dispose d'une attache où l'on glissera ce satané stylet (que nous avons égaré plus d'une fois lors de ce test).

À condition d'accepter l'affichage monochrome, l'écran de la Max3 offre un confort incomparable en utilisation quotidienne notamment grâce à l'absence de rétroéclairage. Si cela limite la fatigue visuelle, une source lumineuse externe reste indispensable, exactement comme lorsqu'on lit une feuille imprimée. Il faudra aussi composer avec le rafraîchissement périodique de l'affichage, indispensable afin de préserver une image « propre ».

E-ink : comment ça marche ?

Chaque point élémentaire d'une dalle e-ink prend la forme d'une microsphère dont le diamètre est proche de celui d'un cheveu humain. Chacune contient des particules blanches chargées négativement et des particules noires chargées positivement, en suspension dans un liquide clair. Lorsqu'un champ électrique positif ou négatif est appliqué, les particules correspondantes se déplacent vers le haut de la sphère. Elle devient alors blanche ou noire selon la polarité du champ et - ne change plus d'état une fois le champ électrique disparu.

En d'autres termes, une dalle e-ink ne nécessite pas une alimentation constante pour afficher une image et celle-ci peut être coupée entre deux changements d'images. Mieux encore, le rétroéclairage devient facultatif, évitant ainsi toute fatigue visuelle - et consommation d'énergie excessive.

Malheureusement l'e-ink n'a pas que des avantages. L'affichage d'une image prend bien plus de temps qu'avec le LCD ou l'OLED (entre 50 et 250 ms selon les technologies). À chaque changement d'image, une ombre parasite reste parfois visible, nécessitant un rafraîchissement complet (u partiel) de la page toutes les 4 à 5 images. Enfin, il faut se contenter pour l'instant du monochrome. Si la technologie e-ink a bien été présentée en 2016, augurant de nouvelles applications prometteuses à l'encre électronique, sa production reste complexe, onéreuse et donc réservée à une utilisation marginale.


Logiciel : une vieille connaissance...

Contrairement à la majorité de ses concurrents, Onyx ne s'est pas imposé la réinvention d'un système d'exploitation pour la Max3. Le constructeur a ainsi opté pour Android 9, actuellement la version la plus récente gérant correctement l'encre électronique. Onyx précise au passage qu'il est le premier constructeur à l'utiliser, la concurrence étant encore sous Android 6, précédente version adaptée à ce type d'affichage. La Max 3 bénéficie d'une surcouche maison adaptée aux spécificités de l'encre électronique. À défaut d'être sophistiquée, elle offre deux avantages importants : une francisation bienvenue ainsi qu'une grande simplicité d'utilisation. Au moment de la rédaction de ce test, Onyx est le seul fabriquant d'appareil e-ink à utiliser Android 9.

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L'interface d'utilisation est donc très épurée. Sur la gauche, une colonne regroupe six icônes donnant accès à autant de sections (nous y reviendrons plus loin). La barre système prend place en haut de l'écran, tout comme les trois traditionnelles touches de navigation d'Android. Invisibles la plupart du temps, elles ne sont là que pour une question de compatibilité. Selon la section active, le reste de l'écran affiche des icônes, des documents ou des réglages. Enfin, une « bille de navigation » flottante donne accès aux fonctions les plus souvent utilisées. Entièrement paramétrable, on pourra l'adapter à ses besoins de façon à créer des raccourcis évitant de naviguer dans l'interface afin d'exécuter une tâche.

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La "bille de navigation" offre un ensemble de raccourcis personnalisables

Six sections sont disponibles : Bibliothèque, Boutique, Notes, Mémoire, Applis et Paramètres. Évacuons tout de suite le cas de la Boutique où l'on trouvera essentiellement des e-books en chinois et en anglais. À moins d'être un adepte de ces deux langues, on ne l'utilisera pas vraiment. La Bibliothèque regroupe quant à elle les PDF et livres électroniques installés par l'utilisateur. Pour être accessibles, ils ne doivent pas contenir de DRM. Mémoire est en fait un gestionnaire de fichiers basique, mais efficace tandis que Paramètres donne accès aux... paramètres de l'appareil.

Les deux sections les plus intéressantes sont sans conteste Notes et Applis. La première regroupe sous forme de carnets vos notes et dessins. On pourra les stocker en local, mais aussi les transférer par partage de lien, les copier dans un nuage de type Dropbox/Google Drive ou encore les télécharger sur un appareil connecté au Net en flashant le QR Code généré par l'application. À chaque fois, il sera possible de choisir entre le format PNG ou PDF (pour plusieurs pages).

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En installant l'application Kindle, on accède aux e-books d'Amazon
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La prise de notes et la réalisation de croquis sont l'un des points forts de la Max3

Si vous prenez des notes, un mécanisme de reconnaissance de caractères pourra le transformer en texte informatique. Même s'il souffre de petites imperfections (notamment au niveau de la mise en page du texte reconnu), il s'avère très pratique et redoutablement efficace. À l'usage, le carnet de notes est agréable, mais on regrette la présence de quelques bugs, notamment au niveau de l'édition des croquis. Heureusement, Onyx propose régulièrement des mises à jour du logiciel interne afin de les corriger. Nous l'avons constaté lors de nos tests : une version mise à jour du firmware de l'appareil a corrigé certains des problèmes que nous avions rencontrés. Encore un effort...

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La reconnaissance d'écriture manuscrite fonctionne très bien

Last but not least, la section Applis regroupe les applications préinstallées ainsi que deux boutiques : le Play Store de Google ainsi que le « Marché des Applications ». Celui-ci propose un ensemble de logiciels gratuits mis à disposition par des développeurs. Si tous fonctionnent a priori, certains ont parfois un comportement étonnant dû à la nature même de l'affichage. Citons pour l'exemple OneNote de Microsoft dont l'outil de dessin souffre d'une latence très importante (près d'une seconde entre le tracé au stylet et son apparition effective à l'écran !) Interrogé à ce sujet, Onyx nous a répondu être conscient du problème et travailler à l'optimisation de cette fonction avec Microsoft.

Marché applications.jpg
Le "marché d'applications" propose l'essentiel des apps utilisées sur la Max3...
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...mais on pourra aussi piocher dans le Play Store, lui aussi présent.

Pour le reste, les applications disponibles sur les deux boutiques applications fonctionnent comme sur toute tablette Android tant que l'affichage n'est pas intensivement sollicité. On l'a compris, inutile d'essayer de visualiser une vidéo ou de jouer sur la Max3 ! Onyx a développé une fonction « second écran » qui transforme la tablette en moniteur d'appoint en la connectant en HDMI à un ordinateur. Cela pourra rendre service lors de l'utilisation d'un traitement de texte, l'écriture d'e-mails ou la lecture de documents.

Après deux mois d'utilisation, nous devons reconnaître que la Max3 est un compagnon de travail pour le moins agréable. Nous apprécions les options disponibles concernant la synchronisation des notes et des croquis, mais surtout le confort d'utilisation du stylet. Celui-ci n'affiche quasiment aucune latence lors de l'utilisation. Il manque en revanche quelques possibilités que nous souhaiterions voir apparaître dans le mode dessin, et plus spécifiquement la gestion des calques. Espérons que cela arrivera dans une prochaine lise à jour, tout comme la correction de bugs agaçants dans l'application Notes.


Autonomie : une sobriété très appréciable

Les appareils équipés d'un affichage e-ink sont réputés pour leur grande autonomie. Qu'en est-il de la Max3 ? Onyx l'a équipe d'une batterie rechargeable non amovible de 4300 mAh et de mécanismes d'économie d'énergie bien pensés. Si l'on se contente des paramètres par défaut, l'appareil passe ne veille après quelques minutes d'inactivité puis s'éteint purement et simplement. Par défaut, Wifi et Bluetooth sont désactivés afin de ne pas consommer inutilement de l'énergie (en l'absence d'écran LCD ces deux composants sont parmi les plus consommateurs d'énergie). Tout cela peut bien entendu être réglé à l'aide des paramètres énergétiques.

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La gestion de l'énergie fait partie des domaines ayant fait l'objet d'une grande attention

En conservant les réglages par défaut, nous avons utilisé la Max3 en moyenne pendant 180 minutes par jour pendant une dizaine de jours avant de devoir la recharger. Nous n'avons eu qu'une utilisation ponctuelle du Wifi pour la gestion d'e-mails, la consultation de quelques pages web ainsi que pour la synchronisation des notes et des livres électroniques Kindle. Nous n'avons pas jugé utile d'activer en permanence la connexion Wifi puisque dans les faits, elle n'est utile que ponctuellement. Afin de faciliter sa mise en route/arrêt, nous avons assigné un raccourci à la bille de navigation afin d'y accéder rapidement.

À n'en pas douter, une telle autonomie est un atout primordial pour un produit de ce type. Cette frugalité énergétique découle bien entendu des faibles besoins de l'affichage e-ink (la dalle LCD ou OLED d'une tablette est généralement le composant le plus consommateur d'énergie avec le processeur), mais aussi du travail d'optimisation réalisé par Onyx. Citons pour l'exemple l'optimisation des applications tierces (lorsqu'une app est installée, ses paramètres sont ajustés automatiquement afin d'améliorer l'affichage et la consommation électrique), le téléchargement de profils d'optimisation (si l'app fait partie des plus utilisées, un profil d'optimisation spécifique est téléchargé depuis les serveurs d'Onyx) ou enfin le « gel automatique » (les apps consommatrices d'énergie peuvent être inactivées lorsqu'elles ne sont pas utilisées).

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L'avis de Clubic

Produit atypique, la Max3 ne fait sans aucun doute possible pas partie des tablettes destinées au grand public. Dépourvue de caméra frontale ou dorsale et équipée d'un affichage e-ink, elle excelle dans la prise de notes ou la consultation de documents. L'utilisation d'une version récente d'Android rend possible l'installation de logiciels tiers, ce qui sera grandement appréciable. Mais l'atout principal de la Max3 reste bien entendu son stylet, à la fois précis et réactif, ainsi que les applications intégrées de prise de notes, de reconnaissance d'écriture manuscrite et de dessin. Simple à prendre en main, l'interface et les applications nécessitent encore un peu de travail afin de les débarrasser des erreurs de traduction et de quelques bugs agaçants. Contient de cela, Onyx encourage les utilisateurs à envoyer des suggestions afin d'améliorer le produit lors des prochaines mises à jour, celles-ci apparaissant deux à trois fois par an.

Onyx Boox Max3

Les plus
+ Stylet précis et réactif
+ Technologie e-ink maîtrisée
+ Ensemble applicatif pertinent
+ Synchronisation et exportation des notes et dessins
+ Présence du Play Store
+ Autonomie
+ Lecteur d'empreintes intégré
Les moins
- Quelques bugs dans les applications
- Traduction améliorable
- Pas de fixation
Ecran
Performances
Autonomie
Design
Construction
4

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