Ariane 5 : gloire et déclin du lanceur lourd européen

06 octobre 2021 à 10h10
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Ariane 5 Terre Star 1 © ESA
2009: Ariane 5 ECA se prépare au lancement du plus gros satellite commercial de télécommunications au monde, TerreStar1. © ESA

Avec Ariane 4 , l’Europe avait fini par s’imposer comme le leader incontesté de l’accès à l’orbite géostationnaire. Mais avant même le premier vol de ce lanceur mythique, son successeur Ariane 5 était déjà dans les tuyaux. Le but ? Transporter encore plus de charges pour moins cher, et permettre à l’Europe de disposer de sa propre navette et de sa propre station spatiale.

Ni la navette Hermès ni la station Colombus ne verront le jour. Mais les exigences liées au vol habité feront d’Ariane 5 la fusée commerciale la plus fiable de son époque.

Un lanceur lourd pour la navette spatiale européenne

A la fin des années 1970, la fusée Ariane 1 n’a pas encore effectué son premier vol. Pourtant, les fusées Ariane 2, 3 et 4 sont déjà en cours de développement, selon une approche incrémentale qui permet d’améliorer continuellement le concept de la fusée Ariane. A la même période, les ingénieurs du CNES anticipent le fait que les satellites de télécommunication vont prendre de la masse au fil du temps. Pour pouvoir maintenir le concept de lancements doubles, qui fera le succès des Ariane 3 et 4, il va falloir développer une Ariane 5 considérablement plus lourde, capable de lancer 8 tonnes en orbite de transfert géosynchrone (contre 4,5 tonnes pour Ariane 4).

Hermes Navette Spatiale © Aerospatiale
Représentation d'Ariane 5 en configuration double satellites et Hermès. Le projet de navette européenne est abandonné au début des années 1990. © Capcomespace / Aerospatiale

Parallèlement, la France commence à rêver d’une navette spatiale européenne : Hermès. Si la navette spatiale américaine est un véhicule lourd capable d’embarquer simultanément une grosse charge utile et un équipage, le CNES envisage plutôt une navette légère conçue pour les vols scientifiques et la liaison avec une éventuelle future station spatiale européenne. Après tout, les fusées Ariane sont tout à fait capables de lancers de grosses charges utiles de manière autonome. Dans un premier temps, il est envisagé de jucher Hermès au sommet d’une Ariane 4. Mais dès 1979, le CNES envisage plutôt de l’embarquer à bord d’une nouvelle fusée dont le design reste à définir : Ariane 5.

Une rupture dans le design

A partir de là, les développements d’Hermès et d’Ariane 5 sont intimement liés. La petite navette est dimensionnée pour pouvoir être embarquée sur la nouvelle fusée, et cette dernière est optimisée pour pouvoir embarquer la navette. Ce qui implique de mettre l’accent sur la fiabilité et la sécurité, sans pour autant négliger les coûts d’exploitation de la future fusée. En effet, outre Hermès lancée en orbite basse, Ariane 5 devra pouvoir reprendre les missions d’Ariane 4 de lancements doubles vers l’orbite géostationnaire, si possible avec une réduction des coûts de 10 à 20%. Il faudra donc un design fiable, mais économique.

Au début des années 1980, les études du CNES portent sur trois designs. Le premier, Ariane 5R (Référence), reprend le concept d’Ariane 4 mais ajoute un cinquième moteur Viking sur le premier étage, toujours épaulé par quatre boosters dotés chacun d’un Viking, et élargit les deuxième et troisième étages. Ariane 5C (Cryogénique) est une fusée à trois étages sans boosters, dont le premier étage est doté de pas moins de quatre moteurs Vulcain, conçu pour succéder aux quatre Viking présents jusqu’ici sur toutes les fusées Ariane.

Ariane 5 Kourou © ESA CNES ARIANESPACE
Avec sa silhouette trapue, Ariane 5 diffère largement des précédentes fusées européennes. Sur cette image, on distingue nettement la puissance des deux EAP, qui développent près de 90% de la poussée au décollage. © ESA/CNES/Arianespace

Enfin, Ariane 5P (Poudre) propose un design en rupture avec la famille Ariane de l’époque et évoque plutôt le système propulsif de la navette spatiale américaine. Par rapport à Ariane 5C, Ariane 5P est dépourvue de deuxième étage et ne dispose que d’un seul moteur Vulcain sur son premier étage. Elle est cependant flanquée de deux énormes boosters à poudre, qui agissent véritablement comme un premier étage en délivrant jusqu’à 90% de la poussée au décollage. Ils sont d’ailleurs nommés Etages d’Accélération à Poudre (EAP), et non plus Propulseurs d’Appoint à Poudre, comme sur les précédentes Ariane.

Une fois larguée, Ariane 5P s’avère donc être une fusée monomoteur qui est, par définition, plus fiable que les versions dotées de quatre ou cinq Viking ou Vulcain. Mais une multiplication des moteurs entraîne une multiplication des risques de pannes, et donc de destructions plus ou moins catastrophiques. Un risque bien trop grand dès lors qu’Hermès entre en jeu, et qui permettra au design d’Ariane 5P de s’imposer.

Ariane 5 s’envolera… sans Hermès

En 1985, le programme préparatoire d’Ariane 5 est adopté par l’ESA et permet les premiers appels d’offre pour le développement de la nouvelle fusée. Les programmes Ariane 5, Hermès et Colombus seront définitivement lancés en 1988. La France s’engage alors à hauteur de 46% sur Ariane 5 et à 45% sur Hermès, après avoir longuement bataillé pour embarquer l’Allemagne à bord du programme de navette spatiale. Malheureusement, cette entente ne tiendra pas longtemps.

Suite à la réunification des deux Allemagnes, Berlin ne peut supporter les surcoûts d’Hermès et quitte le programme en 1992, signant son arrêt définitif. Du côté de la station spatiale européenne, même son de cloche : la fin de la Guerre froide conduit Américains, Russes et Européens à rapprocher leurs projets de stations indépendantes, ce qui donnera in fine naissance à l’ISS que nous connaissons aujourd’hui, avec le laboratoire européen Colombus.

Reste donc Ariane 5, qui n’emportera jamais de navette ou même de capsule habitée. Mais au moment de l’abandon d’Hermès, la conception de la fusée est déjà bien avancée, avec un premier vol prévu vers 1995. Si bien que cette dernière continuera, tout le long de sa carrière opérationnelle, de bénéficier de l’extraordinaire fiabilité de conception inhérente à sa fonction initiale de lanceur de missions habitées.

Anatomie d’Ariane 5

Mise en service en 1996, Ariane 5G (Générique) est capable de déployer environ 6t vers l’orbite géostationnaire (GTO). Pour cela, le lanceur s’appuie sur les deux boosters EAP et sur un étage principal cryotechnique (EPC) équipé du nouveau moteur Vulcain. Le positionnement du ou des satellites sur leur orbite est assuré par le petit étage supérieur EPS (Etage à Propergols Stockables) doté du moteur Aestus ré-allumable.

Dotée d’une coiffe courte, Ariane 5 mesure 46 m de haut. Elle est cependant équipée le plus souvent d’une coiffe longue embarquant l’adaptateur SYLDA pour lancements doubles. La fusée mesure alors 52 m, ce qui reste nettement inférieur à Ariane 4. Cependant, Ariane 5G pèse 746 t sur la balance, contre 480 t pour Ariane 44L. Mieux encore : là où la coiffe d’Ariane 4 pouvait mesurer jusqu’à 9,6 m de haut pour 4 m de diamètre, celle d’Ariane 5 présente un diamètre de 5,4 m et une hauteur de 17 m en version longue !

Très vite, cependant, il est prévu d’améliorer considérablement les performances d’Ariane 5 afin de pouvoir continuer les lancements doubles malgré la prise de poids des satellites. Ariane 5 ECA effectue son premier vol dès 2002, avec des EAP légèrement plus puissants, un EPC équipé d’un Vulcain 2 développant 20% de poussée supplémentaire, et surtout un étage supérieur complètement revu. L’ESC-A (Etage Supérieur Cryogénique) reprend en effet le moteur HM7B déjà présent sur Ariane 4. S’il n’est pas ré-allumable, il est bien plus puissant que l’Aestus, permettant à Ariane ECA de lancer jusqu’à 10,8 t vers l’orbite géostationnaire ! L’ensemble pèse 780 t.

D’autres versions sont apparues entre Ariane 5G et Ariane 5 ECA. On peut citer les Ariane 5G+ et Ariane 5GS, améliorations d’Ariane 5 Générique ayant connu une dizaine de lancements, ou encore Ariane 5 ES. Basée sur une Ariane 5 ECA, mais conservant l’étage supérieur ré-allumable des modèles précédents, Ariane 5 ES peut embarquer 21 t en orbite basse, permettant le déploiement du cargo ATV vers l’ISS, ou bien quatre petits satellites Galileo sur une orbite particulièrement haute de 23 522 km.


Ariane 5 G 2003 © ESA
Lancement d'une Ariane 5 G en 2003. Un petit nombre de G+ et de GS ont permis par la suite d'assurer la transition, le temps de résoudre les problèmes ayant causés la perte de la première Ariane 5 ECA. © ESA / CNES / Arianespace

Des débuts particulièrement difficiles…

Les premiers vols d’une nouvelle fusée ne sont pas toujours de tout repos, comme a pu le rappeler l'échec d’Ariane 2 lors de son premier vol, ou le décalage de près de deux ans du premier vol d'Ariane 4. Le premier vol d'Ariane 5 était encore plus sensible, puisqu'il s'agissait d'un tout nouveau lanceur, et non pas d'une évolution du concept initial d'Ariane. Quasiment tous les éléments de la fusée étaient nouveaux, avec une grande part d'inconnu.

Ironiquement, c’est pourtant un système hérité d’Ariane 4 qui va causer la destruction en vol de la toute première Ariane 5 en juin 1996, et la perte des quatre satellites à son bord. Le système de guidage inertiel était repris d'Ariane 4, mais n’était pas en mesure de traiter les accélérations plus importantes à laquelle Ariane 5 était normalement soumise, entrainant sa déconnexion et l’échec total de la mission. Lors de la deuxième mission, en octobre 1997, la mise en rotation du lanceur causera un arrêt prématuré du moteur Vulcain, ne permettant pas de placer la charge utile sur la meilleure orbite. Dès le troisième vol, un an plus tard, Ariane 5 enchaîne les succès.

En 2001, cependant, un défaut sur l’étage supérieur entraîne un autre échec partiel avec la perte de l'un des deux satellites. La situation sera bien plus critique l’année suivante, lors du premier vol d’Ariane 5 ECA : une déformation sur la tuyère du nouveau moteur Vulcain 2 conduit à l’explosion de la fusée au décollage et la perte de ses deux satellites, d’une valeur de 640 millions d'euros. Un second vol inaugural qui se solde par un échec pour Ariane 5.

… pour une carrière exceptionnelle

Malgré les revers des débuts d’Ariane 5 G et d’Ariane 5 ECA, le lanceur européen connaîtra une incroyable carrière et une fiabilité remarquable. Après l’échec de 2002, la fusée enchaînera 82 vols parfaits. En 2018, une erreur de programmation entraînera un nouvel échec partiel, le placement sur une mauvaise orbite réduisant la durée de vie des deux satellites embarqués. Malgré cela, la fiabilité d’Ariane 5 dépasse les 98%, lui permettant de battre de nombreux records mondiaux jusqu’alors détenus… par Ariane 4.

Parmi les succès d’Ariane 5, on compte de nombreuses missions scientifiques majeures, avec notamment le lancement de la sonde Rosetta et de l’atterrisseur Philae, celui des télescopes spatiaux Planck et Herschel ou encore de la récente mission d’exploration mercurienne BepiColombo … en attendant le départ prochain du James Webb Space Telescope .

Depuis sa mise en service, le lanceur européen est spécialisé dans le lancement de satellites de télécommunication en orbite géostationnaire, généralement par paires, à raison de cinq à sept tirs par an. Ariane 5 ECA, la version la plus prolifique du lanceur, peut emporter 10 t en orbite GTO dans le cas d’un lancement double et 10,8 t pour un lancement simple.

Liste des lancements d'Ariane 5 © ESA
Détail des lancements d'Ariane 5 en fonction de chaque version. © ESA

La fin annoncée d’Ariane 5

Comme avec chaque fusée Ariane, les ingénieurs européens ont continuellement amélioré leur lanceur afin de suivre l’augmentation de la masse des satellites de télécommunication. Après Ariane 5 G et Ariane 5 ECA, il est un temps prévu de réaliser une troisième évolution majeure du lanceur avec Ariane 5 ME (Midlife Evolution), initialement prévue pour 2017 ou 2018. Le but était d'améliorer encore une fois le système propulsif de la fusée, en remplaçant notamment le HM7B de l’étage supérieur par le nouveau moteur Vinci ré-allumable. Ariane 5 ME aurait alors pu entamer une nouvelle carrière avec une capacité d’emport GTO de plus de 12 t.

Ariane 5 ECA vs Ariane 5 ME © ESA
Comparatif entre l'Ariane 5 ECA actuelle et l'Adapted Ariane 5 ME proposée comme transition vers Ariane 6. La coiffe aurait pu atteindre 20m de haut à elle seule. © ESA

Cependant, au cours de la dernière décennie, le marché spatial a largement évolué. Si les satellites géostationnaires sont effectivement toujours plus gros, ils sont aussi bien moins nombreux, à tel point que la capacité de lancement double finit par devenir un inconvénient, puisqu’il n'est pas toujours possible de trouver un deuxième passager, indispensable pour permettre à Ariane 5 d’être très compétitive. De plus, une partie significative du marché s’est réorientée vers le déploiement de constellations en orbite basse, accessible avec des lanceurs plus abordables voire même réutilisables.

Dès 2014, la Falcon 9 de SpaceX va donc passer devant Ariane 5, à la fois en nombre de lancements et en nombre de satellites déployés. Pour pouvoir rester compétitives face aux acteurs du New Space, mais aussi face aux lanceurs russes et chinois, 'ESA et Arianespace se sont donc dirigées vers un lanceur plus modulable : Ariane 6. Initialement, il était prévu qu'Ariane 5 et Ariane 6 cohabitent quelques années. Mais les retards du nouveau lanceur et la fin de production d’Ariane 5 vont compliquer les choses. Ariane 5 a déjà effectué 110 lancements , et il ne reste a priori qu'une poignée de fusées disponibles d’ici 2023, ce qui pourrait lui permettre de dépasser d’une tête à peine les 116 lancements d’Ariane 4.

Après quoi Ariane 6, attendue en 2022, devra faire un sans-faute pour prendre la relève. Mais ceci est déjà une autre histoire.

Modifié le 08/10/2021 à 16h26
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Sims
Ariane 6 n’est même pas encore sortie qu’elle est déjà obsolète par rapport à la vieille Falcon 9. L’Europe toujours à la traine… et les français toujours bon qu’à râler
Horza
Je ne pense pas qu’Ariane 6 soit fondamentalement obsolète parce qu’avec sa modularité et sa capacité de lancer un grand nombre de satellites sur des orbites différentes, elle va très certainement trouver rapidement un marché, même si évidemment, la concurrence est très rude aujourd’hui.<br /> Je pense que de toute façon, Ariane 6 aura une longévité moindre que les fusées qui l’ont précédé parce qu’actuellement le groupe travaille d’ors et déjà sur une fusée réutilisable.<br /> Il vaut mieux espérer qu’ils avancent vite parce qu’effectivement SpaceX a une sacrée longueur d’avance sur tout le monde dans ce domaine. Mais l’expérience d’ArianeGroup ne date pas d’hier, alors on peut espérer qu’ils s’en sortent, si et seulement si les tensions politiques et les divergences de vues entre pays membres du groupe ne les paralysent pas.<br /> Et pour en revenir à SpaceX (et Tesla), autant que je sache la plus grosse erreur que peut commettre un industriel concurrent, c’est de sous estimer Elon Musk. Oui il est fantasque, oui il annonce toujours des delais fantaisistes, oui il est à fond dans la com bien souvent excessive et provocatrice, mais ses réalisations passées ont prouvé que derrière tout cela, il n’y avait pas que du vent.
juju251
Vous noterez qu’un nombre important de messages ont été supprimés.<br /> Il me semble quand-même que le sujet de l’article est Ariane V …<br /> Or la quasi-totalité des messages postés concernait un énième débat sur Space X.<br /> Merci de respecter les auteurs en évitant de détourner les sujets de cette manière.<br /> Je vous rappelle qu’il existe une section «&nbsp;Et à part ça&nbsp;» sur le forum dans laquelle vous pouvez créer un sujet pour par exemple y débattre de la Falcon 9 ou autre création de la «&nbsp;Musk International Compagny&nbsp;».
GRITI
La section se trouve ici :<br /> Et à part ça ?<br /> Venez vous détendre et partager un bon moment avec la communauté Clubic ! Ici on parle de high-tech mais aussi des trucs cool et moins cool qui ont rythmés votre journée, de cinéma, de sport, de cuisine, le tout parsemé de jeux de mots !<br /> Quizz<br /> Mini-jeux<br />
Christophe_Chollet
travaillant dans le spatial, la seule chose qui peut sauver Ariane c’est le module de mise a poste du satellite (meme en orbite Geo) qui permet de faire un LEOP en quelques jour au lieu de plusieurs mois (pour un satellite a propulsion electrique).<br /> sans cela… Ariane… c’est mort avant de naitre
Drifter35
…dit-il en râlant…
Drifter35
C’est drôle, les couillons qui se plaignent que les Français râlent sont-eux même en train de râler
Drifter35
Donc on doit parler du déclin d’Ariane 5 sans évoquer l’une des principales raisons de celle-ci, qui est SpaceX ?
Turd
Et dans la news c’est écrit «&nbsp;Dès 2014, la Falcon 9 de SpaceX va donc passer devant Ariane 5, à la fois en nombre de lancements et en nombre de satellites déployés&nbsp;»
Voigt-Kampf
Ariane 5G… TOUT est lié…
Fulmlmetal
C’est effectivement très autoritaire de bloquer toute discussion sur SpaceX alors que SpaceX est en bonne partie responsable du «&nbsp;déclin d’Ariane5&nbsp;».Edité: Hors Sujet …<br /> Bon sinon, pour revenir sur le terme de déclin d’Ariane 5 rappelons quand meme que ce lanceur à 26 ans et est de conception des années 85/95. Donc disons que Ariane 5 est avant tout un lanceur qui arrivait en fin de vie. Et par malchance pour l’Europe cela coincidait avec l’arrivée d’une compagnie dont on a visiblement pas le droit de parler dans ce sujet. La question ne devrait pas porter sur Ariane 5 qui a bien rempli son role durant sa carrière mais sur la pertinence d’Ariane 6, qui finalement est plutot une Ariane 5 v2 vu qu’elle en reprend énormément d’éléments et de concepts. Aurait il fallu un lanceur réutilisable, difficile à dire vu que les agences gouvernementales sont trop longues à développer un nouveau lanceur et vu qu’à ce jour aucune preuve n’a été apporté sur le modèle économique de la réutilisation, surtout pour ne faire que 4 à 6 vols max par an, la réutilisatio na un atout principale sur la forte cadence de tir. N’oublions pas que Arianespace possède également la VEGA et bientot la VEGA-C pour les charges plus petites, sans oublier le partenariat avec le Soyouz.<br /> Donc n’oublions pas qu’Ariane 5 a fait une très belle carrière, historiquement longue et couronné de succès. Mais en 30 ans le marché ayant fortement évolué il était logique de changer de concept pour s’adapter.
GRITI
Disons que sur les 20 premiers commentaires, il n’y en a aucun qui ne parlait que d’Arianne et que de SpaceX on est passé à Musk, les tunnels, les tuiles solaires etc…
Alphagot
Ariane 6 ! La situation sera toujours très difficile quoi qui l’arrive car se focaliser sur le lanceur n’a pas de sens, si on ne regarde pas la complexité de la prise de décision ( vive l’UE à plusieurs et les discussions interminable tout en affrontant les USA qui font du 100 % Américain et la Chine qui fait du 100 % Chinois ! )<br /> Il faut aborder aussi les nouveaux sites de lancement, n’a t’on pas vu dernièrement l’Allemagne indiquer vouloir se doter d’une plateforme en mer du Nord ? !<br /> Quid de la complexité administrative sur le complexe de Kourou ? Quid du transport maritime en condition spatial qui est tout sauf compétitif ?
Fulmlmetal
Alphagot:<br /> ( vive l’UE à plusieurs et les discussions interminable tout en affrontant les USA qui font du 100 % Américain et la Chine qui fait du 100 % Chinois ! )<br /> En meme temps les Etats Unis, qui portent bien leur nom, c’est 52 états. Les budgets de la NASa passent par le congrès et le sénat.<br /> Alphagot:<br /> Il faut aborder aussi les nouveaux sites de lancement, n’a t’on pas vu dernièrement l’Allemagne indiquer vouloir se doter d’une plateforme en mer du Nord ? !<br /> 'est juste pour des micro lanceurs<br /> Alphagot:<br /> Quid de la complexité administrative sur le complexe de Kourou ? Quid du transport maritime en condition spatial qui est tout sauf compétitif ?<br /> Parce qu’aux USA ca te parait moins complexe ? regarde les difficultés que SpaceX a avec la FAA au Texas.
Alphagot
Fulmlmetal:<br /> En meme temps les Etats Unis, qui portent bien leur nom, c’est 52 états. Les budgets de la NASa passent par le congrès et le sénat.<br /> Ou comment répondre totalement à côté ! Tout les états américain ont un patriotisme direct et une idéologie forte avec la NASA, en europe beaucoup d’état se foutent complètement du programme spatial type pays de l’est ou pays nordique !<br /> Les budgets alloué au spatial montre aussi clairement le manque de volonté politique ! NASA budget 2021, un peu plus de 23 milliards de $, et l’UE à peine 7 milliards et sur cinq ans …<br /> Fulmlmetal:<br /> 'est juste pour des micro lanceurs<br /> On reste toujours dans la méconnaissance du sujet la plus totale ! La viabilité d’Ariane Group repose sur l’utilisation exclusive de VEGA et Ariane 6, hors les micros lanceurs vont avoir une concurrence énorme et faire fondre la rentabilité.<br /> Comme le rappel " Hugo Lisoir " sur sa chaine Youtube avec une vidéo datant du 30 septembre 2021 " Le NEW SPACE s’attaque aux LANCEURS LOURDS ", hors l’EU est un truc ou règne la libre concurrence donc il va falloir affronter la concurrence interne mais aussi externe …<br /> Fulmlmetal:<br /> Parce qu’aux USA ca te parait moins complexe ? regarde les difficultés que SpaceX a avec la FAA au Texas.<br /> Toujours dans la méconnaissance ! Un SpaceX en France est totalement impossible, rien que pour construire une boca chica bis cela demanderait des années d’autorisation, de passer le principe de précaution !<br /> Les difficultés avec la FAA de Space X ne sont absolument rien contre une mer… bien Française comme le principe de précaution !<br /> Quand au vol des fusée en lui même, peut être qu’après 10-15 ans de procédure, le site pourrait voir partir sa 1 ere fusée ! Et la concurrence Sino-Russo-Américano en sera ou ? Sans parler de l’Inde …
Fulmlmetal
Alphagot:<br /> Ou comment répondre totalement à côté ! Tout les états américain ont un patriotisme direct et une idéologie forte avec la NASA, en europe beaucoup d’état se foutent complètement du programme spatial type pays de l’est ou pays nordique !<br /> Les budgets alloué au spatial montre aussi clairement le manque de volonté politique ! NASA budget 2021, un peu plus de 23 milliards de $, et l’UE à peine 7 milliards et sur cinq ans …<br /> Détrompes toi, il y a des états (représenté par leurs sénateurs) qui se fiche du spatial et d’autres qui sont beaucoup plus impliqué parce qu’ils ont des industries (et doncc des emplois) directement lié au spatial. C’est connu, la NASA doit souvent se battre pour avoir ses budget et ils ont souvent été revu à la baisse meme si la tendance s’inverse. N’oublie pas que l’arret du programme Apollo après Apollo17 c’est une volonté politique, les sénateurs et le congrès trouvaient que ça coutait trop cher.<br /> Alphagot:<br /> On reste toujours dans la méconnaissance du sujet la plus totale ! La viabilité d’Ariane Group repose sur l’utilisation exclusive de VEGA et Ariane 6, hors les micros lanceurs vont avoir une concurrence énorme et faire fondre la rentabilité.<br /> Comme le rappel " Hugo Lisoir " sur sa chaine Youtube avec une vidéo datant du 30 septembre 2021 " Le NEW SPACE s’attaque aux LANCEURS LOURDS ", hors l’EU est un truc ou règne la libre concurrence donc il va falloir affronter la concurrence interne mais aussi externe …<br /> Ah tu regardes Hugo Lisoir donc tu es un expoert … lol. Moi ça fait 30 ans que je suis passionné du spatial, je n’ai pas attendu Youtube.<br /> Les micro lanceur, je ne vois pas ocmment ils vont faire concurrence avec les lanceurs lourds. T’es au courant qu’un lanceur lourd c’est plus de 20 tonnes environ en LEO, ce sont souvent de gros sat de 5 à 6 tonnes. Tes micro lanceurs ils sont loin de faire le job. Ils ont leur marché, grand marché certes mais à faible revenu ce qui oblige de faire des lanceurs peu couteux. Et le cas de la F9 montre que les gros lanceurs vont etre de gros rivales aux micro lanceurs en pouvant lancer plus d’une centaine de micro sat en orbite en un seul vol ou en intégrant certains micro sat dans les vols commerciaux de gros sat.<br /> Alphagot:<br /> Toujours dans la méconnaissance ! Un SpaceX en France est totalement impossible, rien que pour construire une boca chica bis cela demanderait des années d’autorisation, de passer le principe de précaution !<br /> Les difficultés avec la FAA de Space X ne sont absolument rien contre une mer… bien Française comme le principe de précaution !<br /> Quand au vol des fusée en lui même, peut être qu’après 10-15 ans de procédure, le site pourrait voir partir sa 1 ere fusée ! Et la concurrence Sino-Russo-Américano en sera ou ? Sans parler de l’Inde …<br /> Les défaitistes comme toi disaient la meme chose avant l’arrivée d’Ariane, qu’on était incapable de faire un lanceur qui concurencerait les américain. Et on a réussit. Idem avec Airbus.<br /> On a les sites, la Guyane, on peut aussi utiliser des sites en mer, totuc e qu’il manque en France ce sont des investisseurs passionnés par le spatial. Ce qui bloque chez nous ce n’est pas les règlementations, il y en a autant aux USA (la FAA n’est pas un saint), ce qui nous manque ce sont des multimilliardaires passionnés. tu noteras qu’on en as beaucoup moins en europe et surtout qu’ils ne sont pas intéressé par l’espace et la technologie. Informatique, haute technologie, semi conducteur, smartphone, on a quoi ? rien. On n’arrive meme pas à se faire un Amazon européen parce que aucun de nos génie ne veut aller dans ces branches. Nos multi milliardaires préfèrent investir dans la cosmétique, le vin, l’immobilier, le tourisme.
Niverolle
L’Europe a besoin d’un lanceur lourd, ne serait-ce que pour ses satellites géostationnaires météorologiques (un des rares domaine d’application pour lesquels les européens sont unanimes). Certes, comme expliqué dans l’article, Ariane 5 c’est du covoiturage, ce qui entraine des contraintes, mais cela reste largement compétitif. Space X vient de facturer 150 M$ pour un satellite géostationnaire de seulement 2,8t (Geos-U). A voir quel sera le dV, mais s’il est toujours de 2200 m/s pour le Falcon Heavy (contre 1500 m/s pour Ariane qui facturerait dans les 130 millions), la comparaison est très largement en faveur du vieux lanceur du vieux continent… Un doute ? Et bien, observez le marché des gros satellites géostationnaires de ces dernières années (celui ouvert à la concurrence international - pas celui que les américains se réservent), et faites vous votre propre opinion !
juju251
Drifter35:<br /> Donc on doit parler du déclin d’Ariane 5 sans évoquer l’une des principales raisons de celle-ci, qui est SpaceX ?<br /> Non, évidemment.<br /> Mais, il y a une sacrée différence entre «&nbsp;évoquer&nbsp;» Space X et détourner le sujet et n’avoir une discussion que là-dessus en passant par les autres sociétés de Musk, dont Hyperloop.
Alphagot
Fulmlmetal:<br /> N’oublie pas que l’arret du programme Apollo après Apollo17 c’est une volonté politique, les sénateurs et le congrès trouvaient que ça coutait trop cher.<br /> Surtout que les Russes était clairement battus et qu’il n’y avait plus besoin de mettre autant d’argent !<br /> Fulmlmetal:<br /> T’es au courant qu’un lanceur lourd c’est plus de 20 tonnes environ en LEO, ce sont souvent de gros sat de 5 à 6 tonnes.<br /> En gros une Neutron de Rocket Lab ou une Zhuque-2 de Landspace …<br /> Fulmlmetal:<br /> qu’on était incapable de faire un lanceur qui concurencerait les américain. Et on a réussit.<br /> C’était bien avant le principe de précaution …<br /> Fulmlmetal:<br /> Idem avec Airbus.<br /> LOL, la seule innovation digne de ce nom ne s’est jamais appelé via Airbus mais via un partenariat Franco-Anglais et cela s’appelait Concorde !<br /> " Ce qui bloque chez nous ce n’est pas les règlementations, il y en a autant aux USA "<br /> Ah ! Safran tu connais ? Le journal " Le Parisien " dans son édition du 13 mars 2019 titrait :<br /> Lourdeurs administratives : le coup de gueule de Safran pour réussir à ouvrir des usines en France<br /> Vouloir créer des usines et des emplois en France peut devenir un vrai casse-tête même quand on est l’un des fleurons de l’industrie française. Le 27 février, en marge de la présentation des résultats financiers du groupe, Philippe Petitcolin, le directeur de Safran n’avait pas mâché ses mots. « Ce n’est pas facile d’ouvrir une usine en France », lançait-il en ajoutant : « Il faut en avoir envie ! Et s’armer de patience ! La solution de facilité, c’est d’aller s’installer hors de France. Rien n’est fait pour aider l’industriel à investir en France.
Fulmlmetal
Alphagot:<br /> Surtout que les Russes était clairement battus et qu’il n’y avait plus besoin de mettre autant d’argent !<br /> Oh je te garantis que si Apollo n’avait pas couté aussi cher le programme aurait continué. si l’objectif était uniquement de battre les soviétiques (et pas les russes) ils auraient arrêté après Apollo 11<br /> Alphagot:<br /> En gros une Neutron de Rocket Lab ou une Zhuque-2 de Landspace …<br /> Ce ne sont encore que 2 projets, et la Neutron c’est 8t en LEO, la Zhuque-2 c’est 4t en LEO (et 200km max, donc durée de vie du sat de quelques semaines max). Rien de comparable avec Ariane 5 qui place 21t en LEO et 12t en GEO. Sachant qu’en général les charges lourdes (&gt;5t) sont généralement destiné au GEO.<br /> quand on lit certains sites il est plutot question de s’attaquer à un marché situé entre micro lanceur et lanceur lourds, en gros la marché sur lequels se trouve déja VEGA. après ce n’est pas parce qu’un projet est viable techniquement sur le papier qu’il le sera financièrement. Le cout de la Neutron sera bien plus élevé que cela de l’Electron, il leur sera peut etre plus difficile de capter du marché face à des concurrents plus solide.<br /> quand à la Zhuque-2, c’est un lanceur chinois, il subira donc inévitablement le blocus ITAR qui l’empchera de commercialiser hors de chine.<br /> Alphagot:<br /> LOL, la seule innovation digne de ce nom ne s’est jamais appelé via Airbus mais via un partenariat Franco-Anglais et cela s’appelait Concorde !<br /> C’est vrai que Airbus c’est un gros échec et Concorde un gros succès …<br /> Techniquement les deux ont été un gros succès, commercialement seul Airbus a réussi son pari.<br /> Alphagot:<br /> Ah ! Safran tu connais ? Le journal " Le Parisien " dans son édition du 13 mars 2019 titrait :<br /> Lourdeurs administratives : le coup de gueule de Safran pour réussir à ouvrir des usines en France<br /> Oh oui c’est tellement mieux chez nos voisins<br /> Le Point – 19 Jun 21<br /> Usine géante de Tesla en Allemagne&nbsp;: le casse-tête inattendu d’Elon Musk<br /> RÉCIT. Bureaucratie, environnement, syndicats… Le chantier pharaonique du constructeur automobile près de Berlin ne se passe pas comme prévu.<br />
Alphagot
" Oh oui c’est tellement mieux chez nos voisins<br /> Le Point – 19 Jun 21<br /> Usine géante de Tesla en Allemagne : le casse-tête inattendu d’Elon Musk<br /> RÉCIT. Bureaucratie, environnement, syndicats… Le chantier pharaonique du constructeur automobile près de Berlin ne se passe pas comme prévu. "<br /> Beaucoup mieux car comme indiqué par les Echos dans "<br /> Ce retard est principalement dû aux recours d’associations de défense de l’environnement. Elles reprochent notamment à la future Tesla d’être trop gourmande en eau et de présenter des risques pour la faune locale. La pandémie de coronavirus a également rallongé les délais. "<br /> Hors le problème de Safran est le mille feuille administratif et non un retard relevant de procédure extérieur comme pour Tesla en Allemagne.<br /> La ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l’Industrie Agnès Pannier-Runacher et la ministre de la Cohésion du territoire Jacqueline Gourault présentent ce lundi, lors d’un déplacement en Saône-et-Loire, 78 sites industriels «clé en main» destinés à simplifier les délais très longs pour implanter une usine dans l’Hexagone. «Les industriels sont parfois réticents à s’installer en France car ils ont l’impression que les délais sont toujours plus long qu’ailleurs», a souligné Agnès Pannier-Runacher ce matin au micro de RFI.<br /> Pour pallier la mauvaise réputation française, l’État garantit avec ces sites industriels un délai de trois mois pour l’obtention du précieux permis de construire et neuf mois pour les autorisations environnementales. «C’est deux à trois fois moins que les délais habituels», explique la ministre déléguée à l’Industrie.
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