Pyongyang, serial braqueur de bitcoins ?

Alexandre PAULSON
23 décembre 2017 à 09h45
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Mardi 20 décembre, la plateforme d'échanges de bitcoins sud-coréenne Youbit annonçait s'être fait dérober 17 % de ses actifs. Un braquage informatique qui pourrait avoir été opéré par la Corée du Nord voisine.

Etranglé par les sanctions internationales, le régime de Kim Jong-Un serait passé maître dans le domaine des cyberattaques ciblant les monnaies virtuelles.

Un butin à plus de 80 millions de dollars ?

Décidément, le destin de Bitcoin croise souvent celui de la Corée du Nord ces derniers temps. Le 29 novembre dernier, le dernier essai de missile balistique en date de Pyongyang avait mis le cours du bitcoin sur orbite, lui faisant gagner plus de 1.000 dollars en 24h. Mardi 20 décembre, c'est au-dessus de l'un des plus violents trous d'air de la cryptomonnaie cette année que planait l'ombre du dernier régime stalinien de la planète.

Ce jour-là, la plateforme sud-coréenne Youbit annonce s'être fait dérober 17 % de ses actifs en une seule cyberattaque. Fondée en 2013, Youbit est en volume la quatrième bourse spécialisée dans les échanges de monnaies virtuelles de Corée du Sud. On y achète et vend des bitcoins, mais aussi des Zcash ou de l'Ethereum. Pour Youbit, cette attaque est le coup de grâce : en avril dernier, une première brèche dans ses serveurs avait permis à des voleurs d'emporter plus de 3.800 bitcoins. Le casse de mardi dépasserait les 4.000 unités. A peine une poignée des 850.000 bitcoins dérobés à Mt.Gox en 2014, mais au cours actuel, le dommage pour Youbit s'élèverait tout de même à 82 millions de dollars, que la compagnie, placée en faillite, va tenter de rembourser aux victimes.

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Bitcoin, cible n°1 des attaques DDoS

Pour Séoul, le coupable est tout désigné : Pyongyang, son turbulent voisin du Nord, déjà soupçonné de plusieurs attaques sur les autres cryptobourses du pays, dont Bithumb, l'une des premières du monde, mais aussi Yapizon et Coinis. La Corée du Sud est l'une des places fortes pour les monnaies virtuelles : 15 à 25 % des échanges mondiaux sont traités dans la péninsule. Et la technique employée mardi sur Youbit est en tous points similaire à l'attaque d'avril dernier. Pyongyang, évidemment, dément toute responsabilité.

L'affaire Youbit survient alors que, dans le monde entier, les plateformes échangeant des bitcoins et autres cryptomonnaies sont la cible d'attaques toujours plus nombreuses. D'après Bitcoin magazine, au troisième trimestre 2017, les trois-quarts d'entre elles ont été attaquées. Elles seraient même devenues la cible n°1 des attaques DDoS (en déni de service). C'est la rançon du succès : d'après une enquête de la banque Merryl Lynch, le bitcoin est cité avant les GAFA par les spéculateurs comme leur placement favori.

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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