Télécharger sans DRM : le tour des plates-formes

Stéphane Ruscher
Spécialiste informatique
11 janvier 2007 à 18h07
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Conclusion

Nous avons été convaincus par la variété du catalogue proposé par ces plateformes aventureuses, et souvent par la qualité de leurs services ou de leur interface. Du fait de leur catalogue plutôt obscur pour le grand public, télécharger sur ces plateformes tient plus ou moins de l'exploration. Dans le cas d'eMusic, l'aventure a un coût plutôt élevé et il faut alors être certain de dépenser la totalité de ses crédits chaque mois. Une formule « light » serait peut être bienvenue. Bleep est un site plus ciblé, en particulier vers les connaisseurs en musique électronique, même si le catalogue s'est diversifié. Le service proposé est agréable et on apprécie la présence du format FLAC pour certains albums, mais l'absence de contenu éditorial et l'interface trop minimaliste décourageront peut être le néophyte qui ne saura pas quoi écouter. Jamendo offre une réponse assez intéressante au problème : en basant son interface sur les tags, il favorise peut être davantage la découverte, d'autant plus que le modèle gratuit ne comporte aucun risque de déception, au plus une légère perte de temps. Dans tous les cas, il s'agit de plateformes utilisables depuis n'importe quel système d'exploitation à condition de disposer d'un navigateur et, dans certains cas, du plug-in Flash. Les formats proposés sont également compatibles avec la quasi totalité des baladeurs : pour une interopérabilité quasi totale, on choisira le MP3, alors que les possesseurs des quelques baladeurs compatibles (notamment les iAudio de Cowon) pourront se tourner vers le FLAC ou l'Ogg Vorbis lorsqu'il est proposé.

On le voit, l'offre sans DRM disponible est en réalité assez vaste dès que l'on sort du catalogue des majors, et la récente mise à disposition de nombreux titres sur VirginMega ou FnacMusic la rend encore plus attractive. Si on partait de l'idée reçue selon laquelle la bonne musique vient des indépendants et la « soupe » de Sony BMG ou Universal, la question serait réglée. Bien entendu, tout n'est pas aussi simple : quoiqu'on puisse reprocher aux majors sur leur attitude arrogante et parfois archaïque, ces maisons de disques ont également à leur catalogue des artistes prestigieux, ou distribuent parfois des albums de labels indépendants qui deviennent de ce fait indisponible sur une plateforme comme eMusic.

De récentes rumeurs font état d'une des quatre majors qui s'apprêterait à diffuser une partie de son catalogue sans DRM (on parle d'EMI, suite à leur décision d'arrêter momentanément la production de CD protégés). La solution est peut être là : on ne voit pas les DRM disparaître intégralement du jour au lendemain. Leur efficacité a peut être été mise en doute ces derniers temps, mais on peut comprendre qu'une maison de disque soit frileuse à l'idée de distribuer des « grosses sorties » sans la moindre protection. Mais l'issue du problème passe peut être par la confiance vis à vis des acheteurs. eMusic ou Bleep semblent avancer sur cette ligne, en proposant un catalogue qui s'adresse essentiellement à de gros consommateurs de musique, des gens qui aiment les disques, sans doute les plus faciles à détourner des réseaux P2P à condition de leur proposer un service de qualité. Nul doute qu'en ouvrant la partie la plus « érudite » de leur catalogue, les majors y trouveraient leur compte. Il n'y a que peu de risque à proposer de la musique sans DRM à des gens qui achètent déjà beaucoup de disques.

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La confiance est également au centre des plateformes diffusant des artistes sous licence libre : il y'a certainement quelque chose à chercher du côté du modèle de Jamendo ou Magnatune qui laissent écouter l'intégralité des titres qu'ils proposent, et s'appuient sur la bonne volonté des utilisateurs en espérant que s'ils aiment la musique qu'ils écoutent, ils seront incités à l'acheter. Jamendo va même encore plus loin en proposant le téléchargement gratuit, là où s'arrête Magnatune. Cette idée a du mal à faire son chemin chez les défenseurs des majors, qui estiment qu'un album téléchargé illégalement est une vente perdue. L'auteur Cory Doctorow, fervent pourfendeur des DRM, exposait récemment son modèle économique dans cet article de Forbes, en expliquant qu'une vente perdue correspondait à quelqu'un qui lirait son livre et le conserverait sans l'acheter. La majorité, en revanche, liraient le livre mais ne le garderaient pas, ne le trouvant pas à leur goût, ce qu'il exclut des ventes perdues, puisque de toute façon, ces gens ne l'auraient pas acheté. Restent ceux qui le liraient, et qui décideraient de l'acheter. Tant que ces derniers sont plus nombreux que les ventes perdues, l'auteur s'y retrouve. On n'imagine pas Universal diffuser le prochain Black Eyed Peas ou U2 gratuitement, mais il serait peut-être temps que les maisons de disque se rendent compte que le blocage se situe peut être au niveau de la confiance qu'ils accordent à leurs clients : le verrouillage à tous les niveaux peut devenir contreproductif lorsqu'il empêche un acheteur honnête d'effectuer des opérations aussi inoffensives que copier la musique achetée vers le baladeur de son choix, ce qu'empêchent non seulement les mesures de protection actuelles (à moins de divers bricolages), mais également la loi depuis l'application du premier décret de la loi DADVSI. De là découle peut être la lenteur du décollage des plateformes légales. Une chose est sure : la loi ne va certainement pas clore le débat et on va encore beaucoup parler de DRM et d'interopérabilité en 2007.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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