Télécharger sans DRM : le tour des plates-formes

Stéphane Ruscher Contributeur
11 janvier 2007 à 18h07
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Quand le disque tourne mal

Le 4 août 2006, la loi DADVSI est entrée en vigueur après de nombreuses péripéties, volte-face, reports et autres coups de théâtre. Tout (et parfois n'importe quoi) a été dit sur cette loi et ses conséquences sur l'industrie du disque et la vie privée des internautes. La seule certitude qu'on puisse avoir à son sujet à l'heure actuelle, est qu'elle est extrêmement complexe et floue. La vision initiale du texte était limpide : la répression impitoyable pour tout le monde. Telle était la vision des majors, à une époque pas si lointaine où elles prônaient le tout sécuritaire, persuadées que leur modèle fondé sur les verrous numériques et les poursuites judiciaires étaient la seule solution pour enrayer le piratage.

Le texte final amendé, corrigé, adouci, endurci à nouveau sur certains points, témoigne au contraire du malaise qui s'est emparé de l'industrie du disque et des politiques. Les mesures techniques de protection (MTP ou DRM) sont de plus en plus contestées pour leur manque d'interopérabilité : un titre acheté sur l'iTunes Store sera illisible sur un baladeur Creative et vice versa. Les disques protégés contre la copie posent problème sur certains lecteurs, quand ils n'infectent pas l'ordinateur par un rootkit. Enfin, on ne compte plus les problèmes liés à la perte des licences permettant de lire un titre, notamment sur les plateformes utilisant le WMA protégé. Au delà des questions idéologiques, le modèle du tout DRM montre également et surtout ses limites économiques : en réalité, il ne profite vraiment qu'à , dont le succès de l'iPod et de l'iTunes Store ne se dément pas. Les autres plateformes légales, disons le franchement, se partagent des miettes : comment toucher un large public lorsque l'on vend de la musique incompatible avec l'écrasante majorité des baladeurs du marché, c'est à dire des iPods ?

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La réponse tient en deux lettres et un chiffre, une combinaison que les majors se refusent de prononcer : « MP3 ». Le seul format géré par la quasi totalité des baladeurs disponibles dans le commerce (à l'exception de Sony) ... mais également un de ceux dépourvus de DRM. Dès lors, aucun contrôle n'est possible : les titres peuvent être copiés librement d'un baladeur à un ordinateur et vice versa, gravés à volonté, redistribuables sur les réseaux P2P, bref, un cauchemar pour les maisons de disques, mais une réalité qui commence à faire son chemin : et si on pouvait à nouveau faire confiance aux acheteurs ?

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Le MP3 revient à la bouche des maisons de disque

Il y'a quelques semaines, VirginMega et FnacMusic, deux plateformes de téléchargement légal utilisant le format WMA protégé, ont créé l'événement en osant braver l'interdit pour diffuser deux titres au format MP3, « compatibles avec tout baladeur ». L'initiative est louable, d'autant plus qu'elle a été suivie depuis, les deux plateformes proposant désormais entre 150000 et 200000 titres en MP3, issus du catalogue de labels indépendants comme V2, PIAS ou XL Recordings.

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FnacMusic et VirginMega se mettent timidement au MP3


Certes, les titres mis en avant n'ont rien de bien vendeurs, mais c'est un début. Une expérience similaire a été menée outre atlantique par Music, qui a vendu des titres issus du catalogue des majors, à titre purement expérimental certes, mais qui montrent un changement de cap, d'une approche purement répressive à plus de confiance vis à vis de gens qui, après tout, achètent de la musique légalement. Mais au juste, pourquoi s'émeut-on de cette mise à disposition révolutionnaire (de la part des majors), alors que depuis des années, plusieurs plateformes diffusent en MP3 et sans DRM des milliers de titres de labels indépendants américains ou britanniques ? Alors que des milliers d'artistes mettent à contribution les réseaux P2P pour diffuser gratuitement, et avec leur accord, leur musique ? Alors que l'on semble découvrir les joies de l'interopérabilité comme une sorte d'expérience interdite, nous vous proposons un tour d'horizon de l'offre légale « alternative » disponible sur le net, une offre beaucoup plus variée que l'on peut le croire. Toutes les plateformes que nous vous présentons ici ont pour points communs l'absence de DRM sur les titres vendus, la légalité des catalogues disponibles (via des accords avec les maisons de disques et/ou les artistes, et non d'obscurs vides juridiques) et, surtout, la possibilité d'acheter des titres ou de s'abonner depuis la France.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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