Fujifilm W1 : faites vos photos en 3D

08 février 2010 à 13h00
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Eclaireur d'un genre nouveau, le W1 de Fujifilm inaugure l'avènement de la 3D en photographie. Un appareil photo, le Real 3D W1, mais aussi un cadre numérique, le V1, et un service de tirage en ligne histoire de proposer une prestation complète. Le constructeur nippon va-t-il chambouler l'univers de la photo ? Peut-il espérer sabrer le champagne prochainement, tel un James Cameron célébrant la réussite historique de son long métrage 3D précurseur, Avatar ? La réponse dans les lignes qui suivent !

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Au premier coup d'œil, on perçoit un appareil standard, s'apparentant à ces ultra-compacts à zoom interne, mais en nettement moins compact... C'est lorsqu'on abaisse le cache en façade que le W1 révèle son secret grosseur : il embarque deux optiques Fujinon de part et d'autre du boîtier, chacune d'entre elle étant reliée à son propre capteur CCD de 10 Mpix ! Une conception qui n'est pas sans rappeler celle des Kodak V570, V610 et V705. Ces appareils originaux intégraient effectivement un double dispositif d'acquisition lentille plus capteur. Mais la grande différence, c'est que sur les modèles Kodak les deux objectifs fonctionnaient en série, les focales de l'un s'ajoutant à celles de l'autre, pour atteindre bout à bout une plage de focales plus longue.

Deux images sinon rien : la 3D en théorie

Sur le W1, les deux blocs imagerie fonctionnent en simultané. L'idée est de copier au plus près le phénomène de parallaxe de la vision humaine, où chaque œil perçoit un point de vue différent d'une même scène. Ca n'est d'ailleurs pas un hasard si l'écartement des deux objectifs correspond à celui de nos yeux (env. 7,5 cm). Chez l'être humain, c'est le cerveau qui fait l'assemblage et restitue la profondeur de la troisième dimension ; avec le W1 c'est un processeur dédié, le RealPhoto 3D, qui assure le montage des deux vues décalées.

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Processeur RealPhoto 3D de Fujifilm


Capturer une scène en 3D, c'est une chose, mais encore faut-il pouvoir la restituer sur un écran, qui lui n'a que deux dimensions. Pour cela, la technique recoure habituellement à des lunettes spéciales qui permettent à chaque œil de ne voir que l'image qui le concerne. Si vous êtes allés voir le dernier James Cameron, vous aurez surement remarqué qu'en enlevant les lunettes vous voyiez les deux images, dont le décalage augmente quand la profondeur s'accroit. Mais Fujifilm ne souhaitant pas forcer le photographe à utiliser des lunettes, souvent inconfortables, il a du mettre au point un écran LCD spécifique. Ce dernier utilise la technologie dite de contrôle directionnel de la lumière. Fujifilm ne nous en a pas dit plus sur son fonctionnement mais on voit clairement que l'intensité lumineuse varie selon l'angle de vision. Dans la théorie, si on se décale complètement à gauche on ne voit que l'image A, complètement à droite on ne voit que l'image B. Et lorsqu'on est en face, l'œil gauche voit A, l'œil droit voit B, la 3D est recréée. Dans la pratique, c'est autre chose...

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Sommaire :



Caractéristiques techniques

 Fujifilm Real 3D W1
Capteur2 CCD 1/2,3 pouces de 10 MPix
ObjectifsFujinon 6,3 - 18,9 mm, ouvertures f: 3,7 - 4,2
(35 - 105 mm en équivalent 24 x 36 mm)
Ecran / viseurLCD de 2,8" de 230 000 pixels,
avec technologie de contrôle directionnel de la lumière
AlimentationBatterie Lithium Ion 1700 mAh
Mémoire42 Mo interne et cartes SD / SDHC
Modes de prise de vue (PDV)Auto, P, A, M, scènes (13), 2 PDV simultanées en 2D,
photo 3D via 2 PDV consécutives en 2D
SensibilitéDe 100 à 1 600 Iso
Vitesse obturateur1/2 à 1/1000 de secondes
Flash3,7 m max (en 35 mm, ISO Auto)
Vidéo640 x 480 pixels à 30 im/s (zoom inactif)
Dimensions / poids123 x 68 x 30 mm / 305 grammes
Prixà partir de


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La 3D dans la pratique 1/2

Si sur le papier tout semble coller, à l'utilisation c'est une autre histoire. D'une, il va falloir respecter de nombreuses consignes pour que l'effet 3D puisse ressortir. De deux, le visionnage sur l'écran 3D de l'appareil n'est pas des plus confortables. Et enfin, il faut bien dire que les débouchés sont encore maigres pour les photos 3D...

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La 3D : un concept plus qu'une réalité ?



Les consignes de prise de vue

Le site de tirage en ligne 3D de Fujifilm, www.fujifilmreal3d.com, révèle de façon assez anecdotique les nombreuses failles du W1. C'est en effet en consultant le guide de l'impression 3D (ce qui est valable pour l'impression l'étant aussi pour le visionnage sur écran) qu'on comprend comment il faut utiliser l'appareil. Ou plutôt comment il ne faut pas l'utiliser. La liste des cas de figure où la 3D ne fonctionnera pas ou mal est longue et contraignante :

  • photo verticale,
  • gros plan,
  • photo prise de loin,
  • sujet loin de l'arrière-plan,
  • sujets nombreux,
  • photo de nuit,
  • scènes avec des formes géométriques,
  • détails très précis,
  • sujet trop petit.

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Guide de l'impression 3D du site www.fujifilmreal3d.com : les consignes à la prise de vue


Des recommandations que notre prise en main corrobore malheureusement. Il faut donc avoir ces éléments en tête avant de presser le déclencheur pour se donner toutes les chances d'obtenir une profondeur satisfaisante. Sans quoi non seulement vous pourrez dire adieu à la 3D, mais en plus vous obtiendrez une photo dédoublée, méli-mélo de pixels insupportable à regarder. Des impératifs qui brident sérieusement la créativité !

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Voilà ce que vous verrez si vous photographiez de trop près


Pour peaufiner vos résultats, sans toutefois faire de miracle, vous pouvez manuellement ajuster l'intensité de la parallaxe, réglage qui a pour effet de réduire ou d'accentuer l'espacement entre les deux images à assembler. Attention, plus vous modifiez la parallaxe, plus la taille de l'image finale diminue, jusqu'à adopter un format carré. A utiliser avec parcimonie.

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Parallaxe à 0, puis à -13(symbole avec deux anneaux entrelacés)


Le W1 propose également un mode de prise de vue où l'image 3D est assemblée à partir de deux photos prises séparément, soit avec deux déclenchements que vous contrôlez (sujet statique, vous vous déplacez entre les deux prises), soit avec deux déclenchements réglés sur intervalomètre (sujet mouvant, vous restez immobile entre les deux prises). Difficile à maîtriser...

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Deux options pour créer une image 3D à partir de deux prises de vue : avec déclenchements individuels ou intervalomètre


Visionnage sur l'écran

Lorsque les conditions de prise de vue énumérées ci-dessus sont respectées et que vous vous retrouvez avec une image où le processeur 3D a pu faire son assemblage normalement, l'impression de relief est bien visible et assez sympathique... mais moyennant un certain temps d'adaptation de la vue. Il faut prendre le coup, se trouver pile à la bonne distance de l'écran et dans le bon axe, faute de quoi c'est le mal de crâne garanti ! La première réaction des personnes à qui nous avons montré des photos a été de tourner la tête pour fuir l'écran...

Et quand bien même la photo est réussie, le visionnage fatigue énormément les yeux, qui oscillent entre immersion 3D et strabisme convergent. Le mode d'emploi formule d'ailleurs quelques recommandations à cet égard : "l'affichage 2D est recommandé pour les jeunes enfants (jusqu'à l'âge de six ans) dont le système visuel est toujours en cours de développement et pour les personnes dont la vision diffère considérablement entre les deux yeux... Il est conseillé de faire une pause de dix minutes toutes les demi-heures environ... La visualisation de photo 3D pendant que vous vous déplacez peut causer de la fatigue ou un malaise." Un boulot à risque que de tester cet appareil !

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Appareil de dos : les angles de vision sont très faibles


Dans le cas d'images où la 3D n'a pas pu être reconstituée, l'affichage devient tout bonnement insoutenable ! Quoi qu'il en soit, avant d'obtenir une photo, réussie ou pas, il faut la prendre, la photo. Et malheureusement, lorsqu'on est en phase de visée on subit l'affichage trouble de l'écran 3D, vite désagréable. Le W1 laisse par ailleurs la possibilité à l'utilisateur d'afficher les menus en 3D, chose que vous vous abstiendrez de faire... On notera également que l'écran LCD, en raison de sa technologie de contrôle directionnel de la lumière, souffre d'angles de vision très faibles. Une visibilité encore réduite par la haute brillance de la dalle LCD, réfléchissant toutes les lumières environnantes.

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Reflets bien visibles à gauche, menu en 3D à droite avec trois niveaux d'intensité

La 3D dans la pratique 2/2

Si on peut aisément flairer un fort potentiel en devenir pour la 3D en photographie, il faut bien reconnaître que pour l'heure, on ne sait guère quoi faire de nos images 3D. La réalité la plus criante : il nous est impossible de vous montrer une image en 3D ! Le jour où tout le monde sera équipé d'un écran capable d'afficher de la 3D n'étant pas encore venu (et pas près d'arriver ?), voici en attendant les maigres débouchés qui attendent vos images tridimensionnelles, en plus de l'écran LCD du W1.

Cadre numérique Real 3D V1

C'est le cadre mis au point par Fujifilm en même temps que l'appareil pour donner vie aux photos 3D du W1. Une preuve au passage qu'il y a bien un problème de débouchés pour ces images... Il dispose d'un écran de 8 pouces (20,3 cm) capable d'afficher une résolution d'image de 600 x 400 pixels, sur deux canaux. On trouve le à partir de sur notre comparateur, tout de même !

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Fujifilm Real 3D V1


Comme pour l'écran LCD de l'appareil photo, le cadre V1 permet un visionnage en relief des images sans lunettes. La technologie embarquée n'est pas exactement la même, Fujifilm parle ici de système de barrière de parallaxe, mais le principe reste identique : l'image perçue change selon l'angle de vision adopté. Lorsqu'on se positionne bien en face, chaque œil reçoit l'image qui lui est destinée, le cerveau pouvant ainsi reconstituer la profondeur. Efficace ? Grâce à sa taille supérieure et sa bonne luminosité (250 cd/m²), le visionnage est clairement plus confortable que sur l'écran LCD de l'appareil photo. Mais la plupart des inconvénients de la technologie énumérés pour le W1 sont également valables pour ce cadre : besoin de soigner la prise de vue, fatigue visuelle... Et là, il y a en plus la contradiction entre le rôle de l'objet (partage des images, décoration) et son mode de fonctionnement (nécessité d'être en face de l'écran et à bonne distance). Si vous voulez montrez du relief à vos amis, il faudra qu'ils fassent la queue !

Impression 3D

Fujifilm vous propose également de commander des tirages 3D en ligne via son site dédié www.fujifilmreal3d.com. Le constructeur utilise la technologie lenticulaire, qui consiste pour faire simple à apposer un film semi-rigide de lentilles par-dessus le tirage où les deux images enchevêtrées ont été imprimées. Les lentilles savamment inclinées vont alors orienter chaque œil vers une image différente. Pas besoin de lunette là-non plus donc.

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Schéma d'une structure lenticulaire


Mais premier hic : les tarifs ! Comptez 4,39 € pour un 10 x 15 cm et 4,69 € pour un 13 x 18 cm, auxquels s'ajoutent 5,49 € de frais de livraison... De quoi se motiver à trier ses photos ! Et deuxième hic : le rendu n'a rien d'exceptionnel. Les photos ressemblent à ces hologrammes qu'on bouge de gauche à droite pour faire changer d'image. La trame lenticulaire plastifie copieusement les images, et se matérialise par un motif de micro-cannelures désagréables au toucher : un dirait plus un tapis de souris qu'une photo !

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Exemple d'un tirage en 3D. Le plastique reflète la lumière. Et on perçoit sur les zooms faits en macro les cannelures du film lenticulaire



NVIDIA 3D Vision

L'ultime solution, c'est de posséder un ensemble NVIDIA 3D Vision, composé d'un écran LCD compatible (120 Hz), d'une carte graphique GeForce récente (depuis le GeForce 8800 GT), d'une configuration suffisante et bien sûr des lunettes 3D dédiées (voir notre test). Dans ces conditions, vous pourrez apprécier toute la profondeur de la 3D (si tant est que les photos soient bien prises), avec un confort incomparable (22 pouces Samsung) ce que nous avons pu vérifier dans la pratique. Par contre, il faut d'une part porter des lunettes, et d'autre part débourser une sacrée somme d'argent pour boucler la boucle de la 3D Vision de NVIDIA ! Rien que pour les lunettes, il faudra prévoir .

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Kit NVIDIA 3D Vision, comprenant les lunettes et l'émetteur infra-rouge


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NVIDIA 3D Vision, lecteur d'image à gauche, d'une vidéo à droite

Ergonomie et fonctionnalités

Le W1 bénéficie d'une finition très soignée, à la fois esthétique (revêtement noir brillant, lumières bleues...) et robuste (châssis métallique, assemblage précis). Attention, comme c'est souvent le cas, ce qui est beau est aussi salissant...

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Prise en main : une ergonomie perfectible

Etant assez lourd et volumineux, le W1 offre une bonne prise en main. Les commandes réparties de part et d'autre de l'écran déstabilisent l'utilisateur au début, surtout que chaque touche de type bascule gauche/droite possèdent deux réglages (quatre pour le pavé multidirectionnel). Mais on s'y fait et à la longue cette disposition se révèle plutôt judicieuse : à gauche tout ce qui concerne la 3D et le choix des modes, à droite les réglages photo 2D et l'accès au menu.

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Appareil en main : le W1 n'est pas franchement compact


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Touches de gauche et touches de droite


Cependant, on déplorera trois points importants. Déjà, le premier objectif (celui qui est utilisé en 2D), à gauche du point de vue de l'utilisateur qui s'apprête à déclencher, est situé complètement au bord de l'appareil : on a beau le savoir, on met régulièrement le doigt devant, et ça ne saute pas forcément aux yeux lorsque l'affichage de l'écran est en 3D (mais ça se voit très nettement sur la photo).

Ensuite, et c'est un problème récurrent chez Fujifilm, les menus sont mal agencés rendant la navigation entre les différentes entrées guère pratique. Pour revenir en arrière, il faut parfois sortir du menu et y retourner. Pour régler l'ouverture et la vitesse en mode manuel, il faut passer par la touche F, descendre sur l'entrée Régl. Vit d'obt. & ouv., valider, et enfin les paramètres s'affichent sur l'écran de visée. Une fois les valeurs ajustées, si jamais vous validez sur Ok comme l'écran vous le demande, les réglages disparaissent et il faudra répéter la manœuvre précédente pour les modifier à nouveau... On préfèrera utiliser l'appareil en Auto ou Programme la plupart du temps.

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Premier niveau de réglages de la touche Menu, et deuxième niveau sur cinq onglets après avoir sélectionné Paramètre

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Sélection du mode de prise de vue manuel, puis menu F pour accéder aux réglages d'ouverture et de vitesse, qui apparaissent alors à l'écran


Enfin, nous avons déjà évoqué ce point, la visibilité très moyenne de l'écran ne facilite pas la prise de vue, en 3D comme en 2D. Dès que la scène est un peu contrastée, avec une lumière ambiante assez intense, l'écran s'obscurcit donnant l'impression que la photo sera complètement sous-exposée. Ce qui n'est pas forcément le cas quand on la visionne à postériori sur l'ordinateur. Et la fonction d'accentuation du LCD ne change pas la donne. Du coup, on photographie un peu à tâtons...

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La fonction d'accentuation du rétro-éclairage ne parvient pas à palier le manque de visibilité de l'écran


Réactivité

Le W1 laisse une impression mitigée dans de domaine : il y a du bon et du moins bon. D'abord, et c'est logique, l'appareil se montre plus nerveux en 2D qu'en 3D. Dans les points positifs, on citera la rapidité de l'autofocus, qui effectue la mise au point en 0,5 s, latence au déclenchement comprise de 0,1 s. Comptez 0,6 s lorsque l'appareil est réglé en mode économie d'énergie. La rafale s'exécute sur une cadence plutôt élevée de 2,6 im/s, mais en 2 048 x 1 536 pixels seulement. En pleine résolution, elle ne dépasse pas 1 im/s (3 648 x 2 736 pixels) et 0,8 im/s en 3D. Pour le reste, le W1 se montre relativement lent : démarrage en 3 s, temps entre deux prises de vue de 1,9 s (3,5 s en 3D), temps de recyclage entre deux flash d'environ 8 s !

Fonctionnalités et réglages

Le W1 fait davantage dans les automatismes que dans le débrayable. Certes, il propose les modes P, A et M, mais ne laisse que trois valeurs possibles d'ouverture (f3,7, f5 et f8 en grand angle, f4,2, f5,6 et f9 en téléobjectif). Côté réglages, le W1 reste limité : ISO, taille d'image, qualité de compression (2 niveaux), balance des blancs (7 pré-réglages + auto), colorimétrie (3 modes non modifiables), mesure d'exposition (multi, centrale, moyenne) et mode AF 2D (centre ou multi).

En matière d'automatismes en revanche, le W1 se montre assez complet. Outre les 13 modes scène (mais pas de panoramique) et la détection des visages, on trouve notamment le menu ADV. 2D. Ce dernier exploite la présence des deux objectifs pour prendre deux vues 2D simultanées avec des réglages différents, que vous déterminez. L'appareil propose au choix une photo grand angle et une télé, deux photos avec des colorimétries différentes, ou encore deux photos avec des sensibilités différentes. Dommage par contre que Fujifilm n'ait pas laissé à l'utilisateur la possibilité de régler les sensibilités ni les focales, seules les couleurs sont paramétrables.

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Les 13 modes scène du W1
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Le mode ADV. 2D avec le choix des variables


Côté vidéo, il faudra vous contenter d'une capture en 640 x 480 pixels à 30im/s, avec un zoom optique inutilisable, mais un son en stéréo. Vous pouvez filmer en 3D mais faute de dispositif particulier pour lire vos films, vous serez contraints de les visionner sur l'écran de l'appareil. Lorsque vous lisez le fichier 3D au format .AVI sur un ordinateur, le lecteur (VLC par exemple) ouvre deux vidéos ! A notez qu'avec la solution NVIDIA 3D Vision, et moyennant l'installation d'un logiciel proposé par NVIDIA, nous avons pu visionner notre vidéo en 3D une fois les lunettes chaussées.

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Notez enfin que le logiciel FinePix Viewer ne permet pas de retoucher vos images 3D, mais simplement de convertir les fichiers .MPO en fichiers JPEG. Encore un facteur limitant sérieusement l'intérêt de la 3D...

Qualité d'image 2D

Si le W1, vraisemblablement trop en avance sur son temps, ne parviendra pas à conquérir les foules avec l'apport de la 3D, peut-il séduire par ses aptitudes en photo bidimensionnelle ?

Gestion de la sensibilité

Fujifilm jouit d'une bonne réputation en matière de hautes sensibilités, notamment grâce à la technologie avancée de ses capteurs maison Super CCD EXR. Sauf que là ce sont des capteurs CCD normaux qu'utilise le W1. Verdict ?

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Détails à 100 ISO

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Détails à 200 ISO

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Détails à 400 ISO

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Détails à 800 ISO

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Détails à 1 600 ISO


Les résultats sont moyens. Dès 100 ISO, on perçoit des résidus de bruit monochromatique en zoomant à 100 % sur l'image. C'est encore plus visible si la scène n'est pas baignée par un franc soleil, conditions dans lesquelles les textures perdent en finesse. Bon là nous coupons les cheveux en quatre : ces défauts sont bien sûr invisibles sur des tirages A4 (sauf recadrage important). Mais tout de même, comparativement à ce qui se fait aujourd'hui, le W1 à 100 ISO manque de propreté. A 200 ISO, même constat : le W1 reste décevant si on scrute ses images à la loupe. A 400 ISO, la dégradation se poursuit doucement mais là le W1 tend à rejoindre la norme et donne donc des résultats tout à fait acceptables. A 800 ISO, le traitement visant à dompter le bruit chromatique commence à faire baver les couleurs et estomper les contours mais les résultats restent plutôt équilibrés, et pour le coup meilleurs que la moyenne. Enfin dans ses derniers retranchements, 1 600 ISO, le W1 s'en sort pas trop mal, même si là les défauts d'image (contours qui moutonnent, textures fines gommées, effet aquarelle des couleurs, bruit chromatique) seront perceptibles sur un tirage supérieur au 13 x 18 cm. Dans l'ensemble, le W1 délivre donc des performances dans la moyenne.

Objectif

Les lentilles Fujinon offrent un piqué banal, voire presque un peu mou. Sans une lumière ambiante prononcée, les détails les plus fins, tels que les brins d'herbe ou les branchages, ont du mal à ressortir, faute de netteté suffisante. Par contre, l'optique est assez homogène : les traits sur les bords de l'image conservent à peu près la même netteté qu'au centre. A f:5, le niveau s'améliore sur les bords mais ne change pas au centre par rapport à f:3,7. A f:8, le niveau se dégrade sensiblement et partout.

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Piqué au centre à f:3,7, f:5 et f:8 (35 mm, 200 ISO)

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Piqué sur les bords à f:3,7, f:5 et f:8 (35 mm, 200 ISO)


L'objectif, dont la plage de focales 35 - 105 mm n'a rien de très excitant, révèle une distorsion en barillet assez importante et étonnante à 35 mm. Aux alentours des 50 mm, la distorsion se fait discrète, mais passés les 70 mm, elle s'inverse (distorsion en croissant). Pas terrible pour une optique aussi standard ! On regrettera aussi l'absence de stabilisation d'image...

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Distorsion à 35 mm, env. 50 mm et 105 mm


Côté aberrations chromatiques, la lentille Fujinon a montré de bonnes capacités sur des situations où on l'attendait (contrastes marqués) mais elle a parfois exhibé des franges violettes là où on ne l'attendait pas.

Autres critères

Avec le mode de couleur standard, le W1 produit des images assez douces, qui mériteront peut être un petit renforcement en post-traitement. Mais les couleurs sont dans l'ensemble justes, grâce à une balance des blancs efficace, même si une légère teinte magenta apparaît parfois dans les gris. Pour des images plus pêchues, prêtes à l'emploi, vous pourrez sélectionner le mode Diapo qui accentue bien couleurs et contraste. La mesure d'exposition fait preuve d'une bonne constance. Il lui arrive tout de même de se laisser piger auquel cas elle sous-expose, ce qui reste préférable à la sur-exposition. Enfin le flash n'est pas très puissant mais bien dosé.

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A gauche le mode de couleurs standard, à droite diapo

Conclusion

Au terme de ce test, force est de constater que le W1 n'est pas la franche réussite qu'on pouvait espérer. L'accès à la 3D, qui fait du W1 un modèle unique sur le marché des compacts, souffre de contraintes trop importantes, à la fois inhérentes à l'appareil et à son environnement. C'est en même temps impossible de blâmer Fujifilm : quand on se mouille en s'aventurant en premier dans des nouvelles technologies, on fait nécessairement des erreurs. Le constructeur mérite donc plutôt des félicitations, et surtout des encouragements pour persévérer dans cette voie et améliorer sa technologie encore balbutiante. Parce qu'il n'y a guère de doute sur le potentiel de la 3D en photo, même s'il y aura toujours des puristes qui préfèreront la photo 2D pour son authenticité. Les exemples du jeu vidéo et plus récemment du cinéma sont de sérieuses indications.

Mais si on oublie les perspectives d'avenir de la 3D et qu'on se place du point de vue de l'utilisateur actuel, il y a deux façons de voir les choses. Ou bien vous possédez un équipement qui permet de visualiser du contenu 3D (système NVIDIA 3D Vision, téléviseur 3D...) et là, l'achat du W1 peut s'envisager, histoire d'apporter un peu de renouveau dans votre pratique de la photo, comme simple divertissement ou encore pour épater la galerie. Ou bien vous n'êtes aucunement équipé pour la 3D et là, le W1 vous lassera très vite, faute de savoir quoi faire avec vos images tridimensionnelles. Sachant que ce n'est pas le cadre numérique V1 qui va changer la donne. Il ne reste donc au W1 que la 2D, et à ce prix là (450 € environ), on trouve beaucoup mieux !

Fujifilm Real 3D W1

4

Les plus

  • Relief sympa si la photo est bien prise
  • Design / finition
  • Autofocus rapide

Les moins

  • Trop de contraintes / peu de débouchés en 3D
  • Focales banales / pas de stabilisation
  • Gestion moyenne de la sensibilité
  • APN encombrant / cher

0

Image5

Ergonomie5

Réactivité5

Réglages / Fonct.5





Galerie d'images prises avec le PEN E-P1

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Macrophotographie (carte de tarot), puis deux photos consécutives en mode portrait naturel et avec flash


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Mise en scène, lumière 5000°K, à 100, 400, 800 et 1 600 ISO (taille d'origine)



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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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