La photographie numérique, comment ça marche ?

Par Christophe Noël (<A HREF=http://studio.posse-press.com target=_blank>Studio Multimédia</A>)
le 28 novembre 2001 à 17h05
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Mesure de lumière


Maintenant que nous avons décrit les composants essentiels du photoscopes numériques, revenons un instant sur le processus de prise de vue. La quasi-totalité des appareils photo intègre une cellule dont le rôle consiste à mesurer la quantité de lumière réfléchie dans la scène, afin d'ajuster en conséquence l'ouverture du diaphragme et la vitesse d'obturation. Soit cette opération est réalisée de manière totalement transparente et automatique, soit l'appareil en laisse totalement ou partiellement le contrôle au photographe.

Comme en argentique, en effet, on rencontre différents programmes sur les photoscopes. Les deux principaux sont la priorité vitesse (S, pour Speed — vitesse) qui permet de régler la rapidité d'obturation, l'appareil ouvrant et fermant le diaphragme en conséquence, et la priorité diaphragme (A, pour Aperture — Ouverture) consistant à régler la quantité de lumière traversant l'objectif tandis que l'appareil ajuste la vitesse d'obturation en fonction. Plus rarement sur des appareils d'entrée et milieu de gamme, il est possible de régler les deux paramètres indépendamment. Mais quel intérêt ?
Selon la nature du sujet photographié, il est courant de vouloir favoriser l'un ou l'autre des paramètres : une photo sportive réclame généralement une vitesse d'obturation très élevée afin d'éviter l'obtention d'un sujet flou. A l'inverse, en nature morte ou en macrophotographie (par exemple) on favorisera avant tout l'ouverture du diaphragme dans le but de maîtriser la profondeur de champ. Ces astuces sont d'ailleurs bien souvent le principe régissant les programmes "sport", "paysage", etc. que l'on rencontre parfois sur les appareils photos.

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Par ailleurs, il arrive que la cellule intégrée aux photoscopes se révèle inadaptée à une situation particulière. La plupart du temps, elle fonctionne selon le principe TTL : Through The Lens, à travers la lentille. Cela signifie que la lumière mesurée est exactement celle parvenant au capteur, puisque la cellule est placée à côté de celui-ci. C'est le système le plus précis. En revanche, toutes n'emploient pas les mêmes méthodes de mesure : globale, pondérée centrale, Matricielle (ou segmentée) et spot (ou sélective). La première relève la lumière sur la totalité de la scène, et en calcule une moyenne ; cela convient aux photographies présentant un faible contraste, mais donne des résultats extrêmement mauvais dans des cas plus extrêmes (sujet en contre-jour). La seconde privilégie la zone centrale de l'image, celle dans laquelle le photographe moyen place généralement son sujet. La troisième résulte généralement de l'interaction de plusieurs cellules, chacune mesurant une partie de l'image. Quelquefois appelée mesure multizone intelligente, elle permet d'identifier et d'exposer correctement diverses situations : sujet lumineux décentré (un lampadaire de nuit par exemple) sujet à contre-jour, etc. Enfin, la mesure sélective ne s'occupe que d'une partie très réduite de l'image, et n'est donc à employer qu'en parfaite connaissance de cause, dans un but bien particulier.

Correction d'exposition


Si malgré tout, votre photoscope ne vous offre aucun système de mesure correct ou adapté à une situation précise, il est souvent possible de recourir à la correction d'exposition. Celle-ci se mesure à l'aide des indices de lumination (IL, ou EV pour Exposure Value) ; il s'agit d'une série de nombres fixés de manière arbitraire désignant chacun un couple vitesse/diaphragme. Lorsque l'on passe d'une valeur IL à l'autre, on double ou réduit de moitié l'exposition de la photographie. Ainsi, la plupart des photoscopes offrent l'opportunité de corriger manuellement l'exposition de +/- 1, 2 ou parfois 3 IL, souvent par palier de 1/2 ou de 1/3 d'IL. Une valeur positive augmentera la luminosité de la photographie, tandis qu'une valeur négative produira l'effet inverse. Généralement, l'appareil procède en ajustant la durée d'exposition (plutôt que le diaphragme). Les résultats d'une très légère correction d'exposition sont parfois étonnants et donnent d'excellents résultats : n'hésitez donc pas à expérimenter !

Balance des blancs


La balance des blancs est à l'appareil photo numérique ce que les différents types de pellicules (daylight, tungsten) et filtres correcteurs sont à son homologue argentique : le moyen de maîtriser la température de couleur (ou plus simplement la couleur) des sources lumineuses. Celle-ci se mesure en degrés Kelvin : 0° K = -273° C. La lumière chaude du soleil possède une dominante bleutée, tandis que les lumières plus froides (tous les éclairages artificiels) produisent une couleur orangée. Afin de reproduire fidèlement une scène, l'appareil numérique a besoin d'une base sur laquelle établir l'étalonnage des couleurs. Cette base est le blanc. Or, celui-ci est grandement influencé par le type d'éclairage de la scène, c'est pourquoi il est nécessaire d'indiquer à l'appareil ce qu'il doit considérer comme blanc, afin d'obtenir un étalonnage des couleurs correct. Cela se fait généralement en présentant un bout de carton blanc dans le viseur, placé sous un éclairage évidemment identique à celui du sujet, et en pressant le bouton adéquat. Toutefois, beaucoup d'appareils n'autorisent pas le réglage manuel des blancs ; il faut alors recourir aux modes préréglés dont il dispose. Ces derniers sont au minimum deux : intérieur (correction de la dominante orangée) et extérieur (élimination de l'aspect bleuté). Quelques modèles sont pourvus de plus de possibilités : soleil, nuages, ombre éclairage tungstène, néons, etc. permettant d'ajuster les couleurs avec plus de finesse. Dans tous les cas, le choix d'un programme adéquat ou le réglage manuel des blancs s'avère indispensable si vous ne souhaitez pas, par exemple, transformer systématiquement vos amis en peaux rouges...
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A droite, réglage des blancs en position intérieure
La dominante bleutée provient du fait que l'appareil essaie de compenser une température de couleur froide (donc orangée).

A vos déclencheurs !


Vous connaissez à présent les principaux aspects de la photographie en général, et du numérique en particulier. Nous en avons détaillé les principes essentiels mais évidemment, chaque constructeur assaisonne ensuite le plat à sa propre sauce. Ainsi, nous trouvons fréquemment une foule d'options supplémentaires dans les photoscopes, souvent utiles, parfois superflues : prise de vue en mode rafale, réduction des yeux rouges, flash, retardateur, etc. Dans tous les cas de figure, l'essentiel est de se rappeler que l'appareil photographique n'est avant tout qu'un outil au service du photographe.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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