Le format Ultraviolet arrive en France : ce qu'il faut savoir

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Le 23 décembre 2013
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L'UV, un enjeu pour les éditeurs ?

L'Ultraviolet débarque en France, c'est un fait ! Mais, en pratique, l'offre de démarrage s'avère très discrète, et, paradoxalement, les éditeurs ne semblent pas très motivés pour en parler : seuls Universal et 20th Century Fox ont accepté de nous répondre sur la question, alors que d'autres éditeurs, parmi lesquels Warner notamment, commencent à proposer des sorties physiques intégrant une copie numérique Ultraviolet dès la fin du mois de novembre. Les témoignages recueillis sont cependant suffisants pour comprendre que l'arrivée de l'Ultraviolet en France est également un moyen de remettre à plat la démarche de vente de contenus numériques.

« Il faut développer l'achat digital »

Du côté de chez Fox, comme chez la plupart des éditeurs membres du consortium, l'Ultraviolet a fait son entrée sur le marché américain durant les deux dernières années. Mais les tendances en France sont différentes qu'outre-Atlantique : « Autant le marché de la location digitale est développé en France grâce à de nombreuses plateformes de VOD, autant l'achat définitif de contenu dématérialisé est limité » nous explique Dominique Masseran, le directeur général de Fox Pathé Europa France. « Pour nous, le marché de l'achat est plus intéressant que celui de la location. On essaie donc d'accompagner le consommateur dans cette démarche. » Une étape que l'éditeur et distributeur a commencé à franchir sans attendre l'arrivée de l'Ultraviolet, en s'appropriant à sa manière le format de vente nommé Digital HD, ou DHD. Derrière cette appellation se cache tout simplement la vente de films et de séries au format numérique.

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Prometheus en Digital HD sur le site de la Fox

Plusieurs éditeurs, aux Etats-Unis principalement, vendent déjà des films en DHD. En France, Fox est le premier a mettre cette appellation en valeur, avec un plus : les films sont proposés en DHD avant leur arrivée sur les plateformes de location et dans les magasins sur supports physiques. Des films comme Epic ou Les Croods ont fait l'objet d'exclusivité en DHD, où ils ont été proposés à l'achat sur iTunes plusieurs jours avant leur sortie en DVD et Blu-ray. Pour certaines sorties, l'exclusivité peut même être de plusieurs mois : le film Les Flingueuses sera disponible le 21 décembre en DHD pour une sortie en DVD et Blu-ray le 5 février.

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Dominique Masseran admet cependant que la chronologie des médias, qui encadre la distribution des films en France, donne bien moins de souplesse au DHD qu'aux Etats-Unis : « Si on veut créer une fenêtre DHD à un film, on est obligé de décaler la sortie physique. C'est moins facile qu'aux USA » explique-t-il. Néanmoins, pour lui, c'est un sacrifice obligé pour pousser l'adoption du DHD. « On ne peut pas faire comme la musique qui a attendu la mort du physique avant de développer des offres digitales » lance-t-il.

Dans cette logique, le DHD est arrivé en France bien avant l'Ultraviolet. Cependant, aux Etats-Unis, le DHD est désormais lié à l'UV : il en sera de même en France à partir de 2014. « Avec l'Ultraviolet, peu importe sur quelle plateforme vous achetez votre film, tout va sur le même compte. C'est une interconnexion efficace. C'est une super idée » estime Dominique Masseran. L'offre de la Fox sera accessible en premier lieu en dématérialisé via « des sites de rédemption comme Flixster », tandis que la première copie physique qui inclura un code Ultraviolet chez Fox sera Players, en février 2014.

L'importance d'un socle commun

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RIPD, premier Blu-ray à intégrer l'UV chez Universal
Chez Universal France, l'ambition est la même, mais la stratégie est différente : l'éditeur, qui se lance le 3 décembre avec la sortie de R.I.P.D. en Blu-ray, mise d'abord sur le matérialisé. « A partir de décembre, toutes nos Blu-ray incluront une copie dématérialisée Ultraviolet  » explique Eric Legay, directeur marketing d'Universal Pictures.«  La stratégie diffère selon les éditeurs : certains vont mettre l'accent sur la vente dématérialisée totale, d'autres vont proposer un code UV dans leurs combos DVD et Blu-ray, et d'autres uniquement dans les Blu-ray. Le point qui rassemble, c'est le socle commun de l'Ultraviolet » résume-t-il.

Pour le consommateur, il sera donc assez difficile de s'y retrouver dans le dédale d'offres qui se prépare, même si les fêtes de fin d'année vont permettre à ces derniers de prendre leurs marques. Néanmoins, pour Eric Legay, c'est clairement en 2014 que l'offre va se diversifier de différentes manières : « nous allons nous lancer sur le 100% dématérialisé début 2014. Dans la seconde partie de l'année, une nouvelle offre devrait voir le jour : le disc-to-digital. Elle permettra de se rendre dans l'un des magasins partenaires, avec des Blu-ray compatibles et, pour quelques euros, il sera possible d'acheter la version Ultraviolet des films, qui seront rajouté sur le compte en ligne de l'utilisateur. » Ce dernier pourra ainsi posséder et une version physique, et une version numérique. A noter que le système existe déjà chez Walmart aux Etats-Unis depuis 2012.

Eric Legay a conscience du fait que l'Ultraviolet va nécessiter un apprentissage de la part des consommateurs. « Nous travaillons sur des éléments concrets en matière de communication ». Miser sur des titres porteurs comme Kick Ass 2, dont le Blu-ray sortira le 21 décembre, est sans doute une bonne stratégie pour toucher un public large.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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