Kids-Ok

01 juin 2018 à 15h36
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Citation :

''Entreprendre c'est comme sauter dans le vide. Mais plus on surmonte d'échecs et mieux on peut appréhender les prochains et en limiter l'impact."



  • Nom : Kids-Ok
  • Activité : Protection parentale sur les réseaux sociaux
  • Création : avril 2013
  • Localisation : Lyon
  • Fondateurs : Jean-Damien Dumas, Augustin Cuvillier, Antoine Mallard, Alexandre Padoy
  • Effectifs : 4 associés
  • Mise de départ :
  • 10 000 eurosClients : parents ayant des enfants entre 8 et 18 ans
  • Modèle économique : abonnement mensuel
  • Chiffre d'affaires : pas encore
  • Equilibre : pas encore
  • Salaire du patron : non communiqué
  • Levée de fonds : non communiqué
  • Concurrents : Qustotio
  • Projets : développer l'application


Aiguiller papa sur les réseaux sociaux


Le placement des voyageurs dans un train peut avoir quelque chose de magique, si, si. C'est l'histoire d'Augustin et de Jean-Damien, voisins de banquette devenus associés.


C'est l'outil rêvé des parents inquiets de voir leurs rejetons sur les réseaux sociaux. Kids-Ok est une application Web et smartphone. Elle confère aux parents le pouvoir de superviser l'activité de leurs enfants sur Facebook, Twitter et autre. « Grâce à un moteur intelligent d'analyse des risques, Kids-Ok propose un résumé de l'activité de l'enfant sur tous ses réseaux sociaux, et alerte les parents des dangers éventuels », expliquent ses concepteurs. La finalité est de protéger les plus jeunes du cyber-harcèlement.

Rien de tel qu'une histoire vraie pour susciter un peu d'intérêt - les communicants nomment cela le « story telling ». Chez Kids-Ok, c'est la soeur d'Augustin (le fondateur) qui a connu la « détresse » de voir sa fille jetée sur Facebook, sans aucun canard gonflable autour des bras. Incapable de comprendre quoique ce soit au panneau de configuration à géométrie variable du réseau social, bien que consciente de ses possibilités, elle ne veut pas non plus opter pour le tout répressif et interdire les joies du « like » à sa fille. Poser une chaise derrière elle, s'y asseoir et la surveiller n'était pas envisageable.

Tour de contrôle


Et Kids-Ok fut. Pour tous les parents qui ont manqué le train des réseaux sociaux, ce service promet de leur faciliter le contrôle parental. Le concept est simple : centraliser ce contrôle en un unique panneau d'administration. Papa et/ou maman n'ont pas à créer leur propre compte. Il leur suffit de s'inscrire sur Kids-Ok. Puis d'y connecter, bien sûr, les différents comptes de leur progéniture : Facebook, Twitter, Instagram, et même Ask.fm - ce site a fait parler de lui suite à une vague de suicides pour harcèlement...

Les possibilités sont multiples : contrôle des photos, filtrage des nouveaux amis, détection des contenus injurieux, maîtrise du temps d'utilisation, inspection des messages des inconnus, statistiques sur les items « aimés », géolocalisation, rapports personnalisés hebdomadaires mais aussi alertes en temps réel en cas de danger ou assistance des parents pour les former à ces réseaux... Peut-être que certains y verront une renaissance de la Stasi qui aurait survécu à la chute du mur de Berlin, et qui tenterait désormais de bâillonner le dernier avatar du grand capital américain, théâtre de toutes les licences numériques. D'autres, la protection de l'enfant.

Il y a l'application et la pédagogie. Kids-Ok ne veut pas transformer les parents en agents de la National Security Agency. C'est pour cela que la jeune enrteprise a prévu des formations à destination des parents, des associations et des établissements scolaires, « sur des thématiques variées autour des mineurs sur le Web, des réseaux sociaux, du cyber-harcèlement, etc. » On leur fait parfois le reproche de vouloir trop encadrer Facebook. Eux dénoncent une méconnaissance des dangers de ce réseau.

Dans le sens de la marche


Avant d'entamer sa lutte, Augustin est à New York où il boucle son Master en marketing. Il ne tergiverse pas trois plombes avant de créer sa première société : un service de séjours à l'étranger pour les étudiants. Avouons que ce projet transpirait de tous les pores sa volonté de ne pas quitter les douillettes études à l'étranger et leurs fêtes... Malheureusement pour l'apprenti entrepreneur, cette start-up achoppe. Il enchaîne alors sur un emploi de consultant dans l'apprentissage des langues. C'est en 2012 que l'idée de Kids-Ok lui vient. Et en 2013 qu'il constitue sa formation.

« Je me rendais à Paris pour soutenir ma thèse, je travaillais sur mon ordinateur. A côté de moi était assis quelqu'un qui essayait de me parler alors que j'avais mes écouteurs, que je bossais et que j'étais à la bourre », raconte Jean-Damien, alors étudiant à l'école d'informatique Epitech. Son voisin de train n'est autre qu'Augustin et a repéré le logo de son école dont il sait que les étudiants ont bonne réputation. Et si c'était Jean-Damien ?

Il justifie le fait d'avoir « embêté » son voisin par un conseil donné la veille, celui « de trouver un profil d'ingénieur en cinquième année ». Il présente alors son concept à Jean-Damien - recourant vraisemblablement à l'histoire de la soeur en détresse -et lui donne son numéro en échange d'un rendez-vous. Assis dans le même sens, ils allaient se lever et marcher dans la même direction.

« J'avais toujours un problème avec l'autorité, c'était maintenant ou jamais », confie le nouveau directeur technique. Pendant huit mois, il cumule deux emplois : son nouveau job de startupper et son poste de consultant chez Accenture. Un emploi qu'il quitte... la veille de notre rencontre. Alors, premières impressions ? « Ça fait bizarre car je bossais pour le projet en journée, pendant les creux je ne pouvais pas me donner à fond. Maintenant je peux me concentrer pleinement sur Kids-Ok. »

Des « kids » K.O.


Augustin a déjà fait ce choix, et compare cela à du saut à l'élastique : « On est devant le fait. Soit on recule et on reste sur le pont, soit on se lance. C'est une question de volonté. Mais avec la maturité, le risque devient mesuré. En fait le risque demeure important mais disons qu'on maîtrise mieux les impacts. C'est ce que l'on apprend chaque jour en surmontant les différents échecs. »

Le reste de l'équipe s'est constitué lors d'un Star-up Weekend, le genre de marathon entrepreneurial de plus de cinquante heures où il vaut mieux ne pas dormir. Nous sommes à Lyon, en février 2013 et Alexandre et Antoine viennent de rejoindre Augustin et Jean-Damien aux fourneaux. Le premier est designer graphique et multimédia en freelance pour des grands comptes. Comme un train peut en cacher un autre, le second est aussi ingénieur en informatique, issu de l'Epitech et expatrié un an à Séoul.

L'équipe se classe troisième lors de la présélection. Mais bon, tout ne se passe pas bien ensuite. « On a oublié de mettre l'accent sur des points importants du projet », se défend Augustin. « On avait deux minutes pour pitcher (présenter le projet de manière synthétique, ndlr) et autant dire qu'après avoir passé 54 heures à bosser, on n'avait plus trop les idées au clair, abonde Jean-Damien, alors que le jury, lui, avait bien dormi ! » Pas encore prêts, à l'époque.

Humainement, pour Jean-Damien, « c'était excellent ». Un aspect que les membres de Kids-Ok ont bien conservé. « Quand on a le cafard, on n'est jamais déprimés et il y en a toujours un pour dérider les autres, on plaisante beaucoup », assure Augustin. Ils ne se payent pas encore, comme le dit Jean-Damien, ils ne font pas ça pour l'argent, plutôt pour le succès.


Thomas Pontiroli
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