NVIDIA a retiré la GeForce RTX 5090 de sa boutique américaine, et Micro Center a cessé de la vendre. Jeff Fisher, vice-président senior du groupe, jure que la carte n’est pas arrêtée, mais il ne donne ni volume ni prix.

Les joueurs ont eu une semaine pour croire à la fin de la RTX 5090. Deux leakers suivis de près sur X, MEGAsizeGPU et hongxing2020, ont annoncé une RTX 5080 de 24 Go pour remplacer la RTX 5090, dont NVIDIA réserverait les puces GB202 à ses cartes professionnelles RTX PRO. Ce GB202 est le processeur graphique de la RTX 5090. La chaîne américaine Micro Center a ensuite passé ses fiches RTX 5090 au statut « Not Carried » (non référencé), puis NVIDIA a retiré la carte de son Marketplace américain sans un mot d’explication. À Taipei, Jeff Fisher a fini par démentir l’arrêt de son haut de gamme, sans dire combien de RTX 5090 NVIDIA compte encore livrer, ni à quel prix les joueurs pourront en trouver une.
Jeff Fisher dément, sans dire où iront les GB202
Jeff Fisher dirige l’informatique personnelle chez NVIDIA. Des journalistes taïwanais l’ont interrogé en marge de la soirée organisée à Taipei pour la mise en vente des premiers PC équipés de la puce RTX Spark. « La chaîne d’approvisionnement est effectivement un peu contrainte, mais NVIDIA fait tout pour mettre ses produits sur le marché. Il existe d’autres variantes de la puce de la RTX 5090, mais la carte n’est pas arrêtée, NVIDIA va continuer à la livrer, c’est très important », a-t-il répondu, dans des propos rapportés par 4Gamers.
Devant l’agence de presse taïwanaise CNA, il a ajouté que tout le secteur, et pas seulement NVIDIA, subissait des tensions sur l’approvisionnement. « Sans l’activité jeu, sans GeForce, il n’y aurait pas le NVIDIA d’aujourd’hui », a-t-il glissé, avant d’expliquer que GeForce avait donné naissance à CUDA, puis CUDA à l’explosion du marché de l’IA.
Le GB202 existe bel et bien en plusieurs versions. NVIDIA le monte sur la RTX 5090 D destinée à la Chine et sur plusieurs RTX PRO, dont la RTX PRO 6000 et ses 24 064 cœurs CUDA associés à 96 Go de GDDR7, contre 21 760 cœurs et 32 Go pour la RTX 5090. Jeff Fisher n’a pas dit comment NVIDIA partagera ces puces entre ses GeForce et ses cartes professionnelles, ni combien de RTX 5090 le groupe fera produire, a relevé le site allemand Hardwareluxx, alors que NVIDIA dégage des marges bien plus confortables sur le marché professionnel. De son côté, Tom’s Hardware a de nouveau sollicité l’entreprise après ces déclarations, sans obtenir de réponse.
Plus de 6 600 euros pour une RTX 5090 en France
En Europe, NVIDIA affiche toujours la RTX 5090 Founders Edition à 2 099 euros, sans la livrer à ce prix. Outre-Rhin, les derniers revendeurs qui disposent de stock demandent entre 6 800 et 9 999 euros, d’après le comparateur de prix de ComputerBase. NVIDIA propose encore des modèles de partenaires sur sa boutique française, mais à partir de 6 699 euros. Un joueur français paie donc sa carte plus de trois fois le prix officiel, et Jeff Fisher ne lui a fait espérer aucune baisse.
Aux États-Unis, Tom’s Hardware a repéré des RTX 5090 vers 8 500 dollars sur Amazon, chez des vendeurs tiers, et autour de 7 300 dollars sur Newegg. ComputerBase évoque aussi des rapports selon lesquels des RTX 5090 tournent par palettes entières dans des centres de données d’IA en Asie, loin des PC des joueurs. Côté composants, nous rapportions en juillet que les analystes n’attendent aucune stabilisation du coût de la mémoire avant 2027.
Jeff Fisher a promis des livraisons, pas des volumes. Tant que NVIDIA ne précisera pas la part des GB202 réservée aux GeForce, les vendeurs français n’auront aucune raison de passer sous les 6 699 euros.
GB202 est le nom de la puce graphique (le “die”) utilisée comme base matérielle pour certains modèles haut de gamme, dont la GeForce RTX 5090. Quand NVIDIA parle de “variantes”, cela renvoie en pratique à des versions binées ou configurées différemment : mêmes fondations, mais fréquences, unités actives, limites de puissance ou contraintes d’export/segmentations qui changent selon les cartes. Une même famille de puces peut ainsi alimenter plusieurs produits (GeForce, modèles spécifiques à certains marchés, gammes professionnelles), ce qui crée une concurrence directe pour les volumes. Si la production de GB202 est limitée, l’arbitrage se fait souvent vers les segments où la demande est la plus solvable ou les marges les plus élevées. Résultat : même si la carte n’est pas “arrêtée”, sa disponibilité peut rester très faible et irrégulière.
RTX PRO désigne des cartes destinées aux usages professionnels (3D, CAO, rendu, vidéo, IA, visualisation), avec des priorités différentes de celles des GeForce. Ces modèles misent souvent sur davantage de mémoire vidéo (VRAM), des pilotes certifiés pour certaines applications et des cycles de support plus longs. Pour NVIDIA, ce segment se vend généralement plus cher à performances comparables, car il répond à des besoins métier et à des budgets entreprise. Quand une même puce sert à plusieurs gammes, réserver une partie des wafers au “pro” peut maximiser le chiffre d’affaires et la marge par puce. Cela peut mécaniquement réduire les quantités disponibles pour les cartes joueurs, même si la demande côté gaming reste forte.
“Not Carried” indique qu’un distributeur ne référence plus un produit dans son assortiment, ce qui peut signifier fin de commercialisation locale, arrêt des réassorts ou disponibilité jugée trop sporadique pour rester listée. Le retrait d’une carte du Marketplace NVIDIA va dans le même sens : ce n’est pas une preuve d’arrêt officiel, mais un signal qu’il n’y a pas de flux d’approvisionnement régulier à afficher au public. Quand l’offre “officielle” disparaît ou devient fantôme, le marché bascule vers les stocks résiduels et les vendeurs tiers, avec des prix dictés par la rareté. Les écarts deviennent alors énormes entre prix conseillé et prix réel, surtout sur un produit très demandé. Tant qu’aucun volume de livraison n’est confirmé, les revendeurs ont peu d’incitation à revenir près du tarif annoncé.