Google élargit l’accès à Gemini 4 Argon, jusqu’ici réservé à son offre Ultra. Les abonnés AI Pro peuvent désormais utiliser le modèle dans Gemini et AI Mode, même si ses usages les plus avancés restent encore réservés à l’abonnement le plus cher (Ultra).

Gemini 4 Argon devient un peu moins exclusif. Lancé fin septembre auprès du programme de cybersécurité Fairwind avant d’arriver chez les abonnés AI Ultra, le nouveau modèle de Google est désormais accessible avec Google AI Pro à 21,99€ par mois, selon 9to5Google.
Dans l’application Gemini, Argon rejoint 3.5 Flash-Lite, 3.8 Flash et 3.1 Pro dans le sélecteur de modèles. L’ouverture concerne également AI Mode, le mode conversationnel du moteur de recherche de Google.
Argon promet des réponses plus directes et moins répétitives
Google présente Argon comme un modèle plus discipliné dans sa manière de répondre. Il serait notamment meilleur pour suivre des consignes de style, éviter les répétitions et aller plus rapidement à l’essentiel. Sur les tâches longues, il donnerait aussi davantage de visibilité sur l’avancement de son travail.

Le déploiement s’accompagne de plusieurs évolutions dans l’application Gemini sur macOS. Il devient notamment possible de passer plus facilement de la conversation au développement avec l’interface agentique d’Antigravity. Un autre commutateur permet de basculer vers les tâches, anciennement réunies sous le nom Spark.
Dans les régions où il est disponible, le mode tâches permet à Gemini de poursuivre son travail dans le cloud lorsque l’utilisateur n’est plus devant son ordinateur. Il reste toutefois indisponible en France. Google élargit également le catalogue d’applications connectées à Gemini, qui dépasse désormais 40 services, avec une disponibilité principalement en anglais aux États-Unis.
Les usages les plus avancés restent réservés à Ultra
Pour utiliser Argon dans Antigravity, l’outil de développement de Google capable de programmer avec l’aide d’agents IA, il faut toujours avoir un abonnement Google AI Ultra. Dans AI Studio et Android Studio, les développeurs peuvent également y accéder via l’API payante. L’abonnement Pro ne comprend donc pas tous les modes d’accès au modèle.
La firme de Mountain View met en avant plusieurs exemples pour illustrer les capacités du modèle. L’équipe Chrome aurait ainsi mené en quelques semaines un important travail de refactorisation portant sur des centaines de fichiers dans Chromium. Google affirme également avoir multiplié par 2,85 les performances d’inférence de Gemma 4 E2B sur des accélérateurs NVIDIA A100, tout en divisant par deux l’utilisation du processeur sur le frontend des commentaires YouTube.
Des tarifs API doublés à partir de décembre
Les développeurs peuvent également accéder à Argon par API. Jusqu’au 30 novembre 2026, Google facture 2 dollars le million de tokens en entrée et 10 dollars en sortie. Les prix passeront ensuite respectivement à 4 et 20 dollars.
Le groupe cherche en parallèle à séduire le monde scientifique et prévoit d’offrir à 10 000 chercheurs six mois d’accès au niveau d’utilisation maximal d’Antigravity, sur candidature.
- Multimodalité texte, voix et fichiers
- Intégration poussée aux services Google
- Applications Web, mobile et bureau
Un modèle d’IA est le moteur statistique qui génère les réponses (texte, code, raisonnement) à partir d’instructions, alors qu’une fonctionnalité (ex. mode tâches, connecteurs d’apps) est une couche logicielle qui l’exploite. Deux modèles d’une même famille peuvent viser des priorités différentes : latence, coût, qualité d’écriture, robustesse aux consignes ou performance sur le code. Dire qu’Argon est plus « discipliné » renvoie à son comportement d’alignement : meilleure fidélité aux instructions, moins de digressions et de répétitions, formats plus stables. En pratique, cela peut changer la fiabilité sur des tâches longues (rédaction structurée, refactorisation, procédures) même si l’interface reste la même.
Une API permet à une application ou un script d’appeler le modèle automatiquement, sans passer par l’interface Gemini, via des requêtes standardisées. La facturation au token correspond à l’unité de texte traitée : l’« entrée » regroupe votre prompt et le contexte envoyé, la « sortie » correspond aux tokens générés par le modèle. Les tarifs différenciés reflètent souvent le coût de calcul plus élevé côté génération (sortie) que côté lecture (entrée). Cette logique incite aussi à optimiser les prompts (réduire le contexte inutile) et à limiter les réponses trop longues pour maîtriser la facture.
Une interface agentique pilote l’IA comme un « agent » capable d’enchaîner des étapes, d’utiliser des outils (fichiers, terminal, services connectés) et de suivre un plan plutôt que de répondre à un message isolé. Elle peut gérer des tâches multi-étapes comme la refactorisation de code, la recherche d’erreurs, ou l’exécution de commandes, avec une mémoire de travail plus structurée. Le gain principal se situe dans l’orchestration : l’utilisateur décrit un objectif, et l’agent décompose, exécute, vérifie et itère. Selon les offres, certaines capacités (outils, quotas, accès en ligne de commande) peuvent rester réservées aux abonnements les plus chers.